Sous observation (Chapitre 13, Nouvelles Perspectives)

Ca fait un petit bout de temps que je n’ai pas eu de nouvelles du groupe ni de personne d’ailleurs. Il faut dire que j’ai été bien occupé  car j’ai eu beaucoup de changement dans ma vie dernièrement. J’avais donc besoin de me changer les idées, je me suis donc réservée un voyage  au Portugal. Durant ce voyage il était prévu que nous assisterions à une canonisation par le Pape François à Fatima.

Il faisait super beau à notre arrivée ce matin-là sur le site de Fatima. J’avais le cœur et l’âme en paix et j’avais bien l’intention de vivre à fonds cette merveilleuse journée. Nous étions beaucoup de monde à assister à l’évènement. Comme prévu il y avait beaucoup de sécurité sur le site soit des gardes armés avec des chiens et bien sûr comme l’avait si bien remarqué le couple qui était avec moi quelques tireurs d’élite sur plusieurs des toits des environs. D’ailleurs l’un de nos compagnons n’arrêtait pas de nous dire que ceux-ci semblaient regarder dans notre direction.

Il y avait beaucoup de mouvement de foule ce jour-là et malheur à celui qui n’avait pas d’orientation ou de point de repère car c’était très facile de se perdre dans cette foule. Si bien qu’au bout de quelques heures la plupart des gens de notre groupe ont été séparés les uns des autres. Le fait d’attendre debout en a fatigué plusieurs. Lorsque la célébration a débuté j’étais si heureuse que j’en oubliais ma fatigue.

J’étais si captivé par le Pape François que j’oubliais la présence des gens autour de moi. Au moment du sermon le jeune homme aux lunettes fumées qui se tenait à côté de moi et m’a invité m’asseoir sur son petit banc afin de me reposer. J’allais décliner l’offre lorsque j’ai reconnu le jeuene homme en question c’était nul autre que Mike. Ses lunettes me cachaient ces beaux yeux ce qui m’avait fait hésiter sur l’identité de celui-ci.

Il m’a vite fait comprendre en me montrant son oreillette qu’il était en mission de surveillance dans la foule et qu’il était en contact constant avec le centre des opérations et avec les tireurs d’élites. Comment avait-il réussi à me rejoindre dans cette immense foule, je n’en ai aucune idée.

Nouveau logiciel de reconnaissance faciale, nouveau jouet de Ian. Il te fait passer le Bonjour! C’est d’ailleurs grâce à lui que je t’ai trouvé. Du haut où il était perché Ian m’a envoyé un petit salut avec sa casquette! Mike m’a glissé à l’oreille qu’il résistait à m’embraser devant tout ce monde ce ne serait pas très catholique! Très drôle!

Mike a réussi neanmoins de me caresser la main une bonne partie de la  célébration sans toutefois perdre de vue sa mission. À l’occasion à l’aide de sa caméra (il semblait prendre des photos) il communiquait ses observations ou écoutait les informations transmises.

Nous étions rendus à la communion lorsque j’ai eu la brillante idée de me déplacer pour aller communier. La foule était dense et il avait plusieurs co-célébrants pour distribuer la communion. C’est lorsque j’ai voulu revenir que cela s’est gâté car je me suis perdu et en plus j’avais laissé mes affaires. La cérémonie terminée j’essayais de repérer dans cette immense assemblée mes amis. J’ai sursauté lorsque j’ai entendu mon nom.

Seriez-vous perdue par hasard belle inconnue? Mike se tenait encore une fois comme par miracle devant moi le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Je t’ai retrouvé de la même façon grâce à Ian. Remercie le pour moi. Mike a transmis mon message à celui-ci. J’ignore ce que lui disait Ian mais Mike avait un large sourire.

Je te ramène à tes amis, mais avant tout, pendant que personne nous prêtais attention Mike m’a embrassé.

En chemin, Mike m’a demandé si je pouvais me libérer pour le souper afin qu’il m’informe des dernières nouvelles. Il m’a alors donné rendez-vous au restaurant près de la Basilique, la réservation serait à son nom.

De retour avec mon groupe, ils avaient d’ailleurs perdu tout espoir de me retrouver.  Carole avait gardé précieusement mon sac à dos et à chaudement remercier Mike de m’avoir ramené à eux. Après nous avoir salués Mike nous a quittés, je savais que le devoir l’appelait ailleurs. Après son départ, Carole semblait songeuse elle me confia qu’elle avait l’impression de l’avoir déjà rencontré quelque part. Je l’ai laissé à ses interrogations car effectivement elle l’avait déjà rencontré er ce lors de notre voyage en Inde.

J’attendais depuis quelques minutes au restaurant lorsque Mike est arrivé, il s’excusait car il avait été retardé par la rédaction de son rapport des observations lors de la cérémonie.

Encore une fois ce que Mike allait me raconter allait me renverser. Ta perte d’emploi, ton stage, tes cours et ton emploi tout cela a tout été orchestré par le groupe. J’étais furieuse. Vous m’avez fait perdre mon emploi sans rien me dire et tout cela pour me créer une nouvelle couverture. Ça commençait à être compliquer  d’assurer ta couverture et ils ont décider que tu aurais un nouveau rôle. Toutes ces formations vont te servir maintenant à assurer la surveillance et la sécurité de certains groupes de voyageurs. Est-ce que j’avais le choix?
Ce n’est pas trop urgent pour l’instant mais ça peut le devenir tout dépendant des actes et ou des paroles de certains de nos leaders mondiaux.

Bon maintenant il faut que j’y aille et j’attends avec impatience de tes nouvelles par notre canal de communication habituel. Il faut vraiment que je te quitte, ça commence à me parler fort dans l’oreillette. Malgré mon envie de le mordre, le baiser échangé était plus doux et c’est prolongé…

Le voilà donc le pourquoi de toutes ses coïncidences bizarres du début de l’année.

Ce vendredi là, j’avais terminé ma semaine de travail, j’espérais une fin de semaine tranquille pour me reposer  non pas à cause de mon travail, car j’adorais celui-ci et l’équipe avec laquelle je travaillais. C’était surtout à cause de mes nuits, j’avais de la difficulté depuis quelques jours à dormir d’un  sommeil profond car je faisais énormément de rêves. À mon réveil,  je tentais de me rappeler quelques détails mais c’était trop flou. Je me voyais souvent dans mon ancien laboratoire de microbiologie à chercher quelque chose que je ne parvenais pas à retrouver. Suite à la suggestion d’une de mes amies, j’ai tenté de tenir un journal de mes rêves. Finalement cette période trouble est passée ce que j’ai mis sur le compte de la pleine lune.

J’espérais aussi durant cette période avoir des nouvelles du groupe afin de retourner sur le terrain pour retravailler et revoir mon beau Mike.

J’ai eu cependant la chance de revoir celui-ci grâce à un évènement qui avait lieu ici au Québec. Le fameux sommet du G7 était prévu au début du printemps dans la belle région de Charlevoix.

Je me dirigeais donc vers le métro lorsque j’ai entendu quelqu’un m’appeler. Je n’ai pas reconnu immédiatement la personne qui m’a interpellé. J’ai finalement réussi à identifier ce bel inconnu! Eh! Oui, c’était mon gentleman anglais. Il avait réussi de se libérer pour quelques jours. Nous sommes donc aller prendre un bon souper dans le vieux Montréal. Pendant que nous déambulions le long des quais du vieux port, nous sommes donnés nos dernières nouvelles. Je lui partageais mes impressions sur mon nouveau travail, ma nouvelle couverture ainsi que sur le silence du groupe. Je lui mentionnais aussi que j’avais depuis un certain temps de la difficulté à bien dormir. Je lui ai lors confié que j’avais un drôle de pressentiment. Il m’a alors demandé de lui décrire l’impression que j’avais, j’ai l’impression que tout est trop tranquille. Quelque chose se mijote, j’ai l’impression que quelque chose se prépare, c’est petit mais que ça va devenir gros et de plus en plus grave.

Je me suis alors mise à rire, moi et mon intuition féminine. Ce ne sont que des cauchemars qui doivent être dus au stress de mon nouveau travail, de la pleine lune, du manque de mon gentleman anglais ou de tout cela à la fois. Ce manque il va s’en dire que mon gentleman anglais s’est efforcé à combler durant cette merveilleuse fin de semaine ou que j’ai fait que de jolis rêves.

 

 

Sous observation (Chapitre 12, Canaux …en cadeaux)

Le message est en provenance du groupe pour lequel Mike travaille, ma mission si je l’accepte, consiste à trouver un parcours parmi les canaux de Venise qui serait romantique et sécuritaire suite à une demande d’une vedette américaine pour son mariage. Je dois soumettre au groupe deux trajets intéressants et sécuritaire.

J’ai donc deux choses intéressantes à faire pour la durée de mon séjour à Venise. La première est de faire parvenir au groupe via le Wi-Fi de l’hôtel envoyé les deux trajets retenus et la deuxième apporter mon GPS dans lequel j’ai chargé quelques latitudes et longitudes de la région afin de faire un peu de géocaching dans le secteur.

Pour m’aider dans la recherche du meilleur itinéraire pour cette noce j’ai débuté par le l’endroit où se déroulerait la cérémonie de mariage.  Après avoir empruntés divers trajets en vaporettos et regarder les possibilités de lieu d’embarquement pour les invités vers les gondoles, j’ai gardé deux des itinéraires qui présentent les meilleurs choix.

Arrivée à Mestre

Mais avant tout il faut que je vous raconte cette aventure et de mon arrivée en banlieue de Venise soit à Mestre.

J’avais été habitué dans mes autres voyages à avoir un service de navette. J’arrive donc à la sortie de l’aéroport avec la fière intention de ne pas me laisser tenter par la solution la plus simple mais le plus souvent la plus dispendieuse soit prendre le taxi. J’avais pour ambition de trouver la navette qui me déposerait devant mon hôtel. J’ai finalement trouvé un guichet qui délivrait un billet  pour un autobus qui se rendait à Mestre.

Tout heureuse de voir que j’avais trouvé une navette, j’y embarque avec ma valise et mon sac à dos. Seulement voilà ce n’était pas une navette mais un autobus. Elle s’est donc arrêté au terminus d’autobus de Mestre.  J’ai alors aperçu une auto qui me ressemblait à un taxi. Je m’adresse alors en anglais au vieux monsieur en train de fumer da cigarette mais il a plutôt l’air d’un pur et dur italien. J’ai beau lui dire le nom de mon hôtel il ne me comprends pas du tout.

J’ai alors la présence d’esprit de lui montrer mon papier de réservation sur lequel apparait le nom et l’adresse de mon hôtel. J’imagine à me voir la mine il m’a donc invité à embarquer avec lui. Je me suis finalement rendue saine et sauve à mon hôtel. Nous nous sommes finalement entendus pour un montant qui m’a semblé des plus raisonnables pour m’avoir dépanner. Après de chaleureux remerciements et une bise à l’Italienne nous nous sommes séparées.

J’étais donc rendue à destination et ce n’était que le début de l’après-midi. Après avoir été déposé ma valise et m’avoir rafraîchi j’étais prête pour me rendre à Venise. J’étais prête d’aller à la conquête de la Sérénissime.

Il y avait effectivement des arrêts d’autobus à deux pas de mon hôtel.  Après m’être informé auprès du personnel de la réception concernant l’endroit où je pouvais me procurer la passe pour une semaine pour les transports (vaporettos et autobus), me  voilà partie en direction de Venise.

Après avoir fait la ligne pour l’achat de ma passe, elle me servira toute la semaine, me voici prête à embarquer. J’embarque à bord dans le premier qui se présente au quai d’embarquement sans trop regarder le fonctionnement des vaporettos. La chance de la débutante est avec moi car sans le savoir je suis dans le vaporetto qui fait le grand Canal d’un bout à l’autre. Pour un premier voyage sur la lagune je suis choyée, je vois un décor époustouflant tout le long du trajet et j’ai la chance d`’être assis sur le devant du bateau où je prends des photos en alternant appareil photo et iPhone. De plus, il fait beau et chaud en cette période de la mi-août dans cette partie de l’Italie. Je reviens fatigué mais satisfaite et je commence à avoir faim.

Je reviens ou se trouve l’arrêt pour les nombreux autobus et je réalise alors que je ne vois aucun autobus qui indique Mestre comme destination de retour. Je ne remarque pas à ce moment-là non plus d’autobus aux numéros 6 ou 66. Je mise donc sur ma chance et je monte à bord du numéro deux qui indique le centre-ville de Mestre. J’essaie de reconnaître un peu le trajet parcouru à l’aller et je panique à la cinquième station où je débarque, erreur monumentale s’Il y en a une. !!

Me voici à marcher un peu n’importe où sans aucun point de repère … Cependant je pense à mon iPhone dans lequel j’ai sauvé mes résultats de recherche et où j’ai donc le nom de mon hôtel ainsi que l’adresse.

Malheureusement pas de Wi-Fi aux alentours et comme je suis moi en voyage, mon iPhone lui est donc en mode avion. Je ne peux pas accéder à l’information et j’ai bien sûre oublier de prendre, contrairement à mon habitude, la carte d’affaire de l’hôtel sur laquelle habituellement apparaît le numéro de téléphone pour les joindre ainsi que leur adresse.

Je marche à l’aveuglette et je commence à avoir faim et à ressentir la fatigue du voyage. C’est alors que j’aperçois l’entrée d’un hôtel ayant le Wi-Fi. Le gentil jeune homme à la réception me donne gratuitement le code pour le sans-fil et j’obtiens finalement l’adresse tant cherchée. Il ne me reste qu’à dénicher un taxi. Je remercie le jeune hôtelier et me dirige vers le terminus d’autobus où je trouverai un taxi selon ses indications. Une fois rendue devant le terminus, celui-ci me rappelle quelque chose. Je me concentre pour dénicher un taxi. Lorsque j’indique au chauffeur l’adresse où je souhaite me rendre j’ai deux surprises la première le chauffeur de taxi parle un peu français et la seconde celui-ci m’indique que nous sommes à quelques minutes à peine de mon hôtel. Il suffirait que j’emprunte le tunnel sous le terminus d’autobus et mon hôtel est juste derrière. C’est donc là que j’aurais dû atterrir lors de mon arrivée de l’aéroport.

Je me rends néanmoins en taxi puisque je suis pas mal épuisée et me semble au bord de la crise d’hypoglycémie. J’embrasse quasiment le pas de la porte de mon hôtel. Bien sûr, les déjeuners sont fournis dans mon forfait mais pas les autres repas. Je dois donc me trouver un resto dans les environs. Cela va me permettre de découvrir les alentours de mon hôtel et par la même occasion la station d’autobus où je dois débarquer lorsque je reviens de Venise.

Après une quinzaine de minutes, j’ai parcouru les rues des alentours et je découvre un gentil petit restaurant familial qui sera mon lieu de restauration pour les prochaines soirées. Comme il est déjà neuf heures je me contente d’une escalope de poitrine de poulet au citron et d’un bon thé. Nous sommes quelques personnes qui s’y retrouveront lors des prochaines soirées. Après une bonne douche, j’étudie mon plan de match pour le lendemain afin de bien m’orienter dans la recherche des caches de géocaching.

Place Saint-Marc (Piazza San Marco)

Aujourd’hui au programme visite du Palais des Doges et de la Place Saint-Marc. J’ai pris mon petit déjeuner à l’hôtel et me voilà parti pour ma première journée d’aventure à Venise.

J’ai finalement pris le temps d’analyser le système de transport soit celui des vaporettos et je me suis rendue jusqu’au pont du Rialto. La vue sur le Grand Canal y est superbe c’est un peu pour cela qu’il y a toujours beaucoup de monde à cet endroit soit pour embarquer dans les vaporettos soit pour se faire prendre en photo.

Je me dirige en direction de la Place Saint-Marc et regarde les boutiques en passant afin de me faire une petite idée du genre de souvenirs que je vais rapporter. Une fois sur place je m’achète une bonne bouteille d’eau car la journée va être chaude. Je fais donc la ligne afin d’aller visiter le Palais des Doges (qui est payant). Une fois cette visite terminée je vais allé dîner pour ensuite me diriger vers la Basilique Saint- Marc (entrée gratuite) et terminer ma journée par la Campanile (dont j’ignore le tarif d’entrée).

La Piazza San Marco est un vaste espace (la Piazzetta) entourée de la somptueuse basilique, du palais des doges et d’élégants édifices tel le Musée Correr, la tour de l’horloge (Torre dell’Orologio) et les colonnes de San Marco et San Teodoro. Ses deux colonnes en granit furent érigées en 1772 par Nicolò Barattieri. Les exécutions publiques avaient lieu à cet endroit.

Palais des Doges

L’attente est longue, mais une fois à l’intérieur je prends, tel qu’une connaissance m’a conseillé un audio guide afin de connaître l’histoire du Palais des Doges, le tout pour onze Euros. Je savoure si bien ma visite que j’y reste un bon deux heures.

La façade de palais des Doges avec ses nombreuses colonnes sculptées est des plus fascinantes. A l’intérieur il y a de nombreuses salles à visiter. Il y a la salle où l’on peut voir des toiles représentant les portraits des doges (Sala Del Maggior Consiglio), la salle des Sénateurs (Sala del Senato), l’escalier d’Or (Scala d’Oro) qui nous amène au deuxième étage ainsi que les appartements du Doge, l’Armurerie qui contient une impressionnante collection d’armes de toute acabit et bien sûr les prisons dont une cellule avec un des prisonniers ds plus connus soit le grand Casanova. De structure baroque reliant le palais aux prisons, le fameux Pont des Soupirs (le Ponte dei Sospiri) est l’un des ponts les plus célèbres. Il doit son nom aux soupirs poussés par les condamnés contemplant une dernière fois le ciel et la mer.

Je m’interroge sur ce qu’est exactement un Doges. Selon la définition que j’ai trouvée dans le petit livre que j’ai acheté est qu’un Doge est l’emblème doré de Sa Majesté la Sérénissime, un panneau publicitaire de l’État vénitien. Pour en dominer complètement l’action, on choisissait souvent un homme médiocre, soumis et avec peu d’influence, et surtout très âgé, car la possibilité d’une mort proche limitait la durée des fonctions à vie, un astre resplendissant dans l’horizon mythique et politique des siècles.

Je termine ma visite du palais des Doges vers une heure de l’après-midi. Une fois ma visite terminée je me suis déniché un restaurant à l’ombre et prendre mon premier dîner à l’italienne soit au Caffè Florian! Considéré comme le premier café d’Europe, il a gardé ses boiseries, ses tables en marbre et ses miroirs au cadre doré datant de 1720.

J’en profite pendant qu’il y a moins de monde sur la place centrale pour me rendre visité la Basilique Saint-Marc (Basilica San Marco) L’entrée dans la cathédrale est gratuite mais il faut payer pour visiter le musée à l’intérieur pour 16 Euros. La visite de celle-ci se fait plus rapidement, la vue d’en haut est extraordinaire et cela me permet de prendre de superbes photos de la place ainsi que du Grand Canal. La splendide Basilique symbole de la puissance de la République de Venise et la dernière demeure de Saint-Marc avec son plan byzantin en croix grecque et ses cinq coupoles domine la place.

Ce qui m’a marqué le plus lors de ma visite, ce sont bien sûr la loggia dei Cavalli, l’endroit où l’on retrouve les destriers dont les originaux sont dans un musée. Saint-Marc est le patron de Venise et son symbole est le lion ailé.

Campanile et coucher de soleil

C’est la fin d’après-midi sur la Place Saint-Marc, je fais une dernière fois la file afin de pénétrer cette fois dans la Campanile afin d’assister au coucher de soleil. Je retourne souper dans la petite trattoria familiale que j’ai découvert à la fin de mon repas on m’offre même un digestif soit un Sgroppino, une boisson locale a base de sorbet de citron, de vodka et de Prosecco. Il va de soi que j’ai bien dormi et que j’ai fait de beaux rêves.

Murano

Lors de mon adolescence j’avais reçu un livre, un roman que j’ai lu et relu et que je garde encore qui racontait une histoire d’amour qui se déroulait à Venise et dans les iles de la lagune soit Murano et de Turano. J’étais curieuse de découvrir ses îles et aussi d’y découvrir quelques caches de Géocaching. Je peux vous assurez que s’en a valu le déplacement….

Si vous aimez beaucoup le verre, sous toutes ses formes, Murano est pour vous. Chapeau à ses artisans qui réussissent ses créations incroyables à partir de verre fondue et soufflée et dans cette chaleur, une fournaise …Je voyais ses gens suer littéralement au travail et cela au sens propre comme figuré. Ses pièces me semblaient si délicates que je craignais qu’elles leurs arrivent malheurs dans mes valises. Mais cette journée devait laisser sa marque d’une toute autre manière. Murano est un peu comme Venise, celle-ci est bâtie sur une kyrielle de petites îles qui sont reliées entre elles par des ponts.

J’ai trouvé une cache près d’une énorme structure de verre soufflée de couleur bleue, dans le jargon du géocacheur c’était une grosse cache. Le contenant était un plat de plastique fermé hermétiquement avec plusieurs babioles à l’intérieur dont un crayon et le log book. Petit papier sur lequel il faut noter note nom de géocacheur (pseudo), la date de notre trouvaille et notre provenance. Tout allait très bien lorsque je me suis aperçu que je laissais mes empreintes partout sur le contenant et le contenu. Le crayon était à l’encre était abîmé et j’avais ma main droite maculé d’encre noire. Enfin je peux dire que j’ai laissé une trace quasi indélébile de mon passage. Mais je n’avais pas encore fini mes péripéties concernant l’encre….

Torcello

Si vous aimez l’histoire, Torcello est l’île à visiter. C’était la seconde sur mon plan de la journée. Première chose que vous constaterez lorsque vous débarquez, c’est la tranquillité des lieux. En suivant le petit trottoir de bois, vous allez arrivé  au plus vieil édifice de la lagune, la basilique de Torcello et à l’église Santa Fosca. Comme l’heure du dîner approche, je n’ai pas visité ces deux édifices, je me sentais une mauvaise fille de ne pas visiter ses lieux historiques. Mais j’ai constaté à la lecture de l’histoire de l’île qu’il y a avait eu il y très longtemps un mauvais garçon aussi dans le coin. Celui-ci a laissé sa trace ou plutôt son trône à Torcello. Attila, le Hun. L’un des pires mauvais garçons que l’histoire ait connu. Le roi des Huns ou ‘’fléau de Dieu’’ régna de 434 à 453 (trop longtemps) sur un empire s’étendant des Alpes et de la Baltique jusqu’à la mer Caspienne. Au cours de sa campagne contre l’Empire romain, Attila attaqua les cités de Milan, Vérone et Padoue, obligeant les réfugiés à s’enfuir sur Torcello. Disons que l’histoire nous a appris que des mauvais garçons, il y en a toujours eu et qu’il y aura toujours un quelque part pour foutre le bordel.

Mon choix se porte sur un joli petit resto dont la salle à manger se situe dans un beau jardin. On me suggère alors une spécialité de la région la Seppie alla Veneziana ou Seiches cuites dans leur encre. Après le repas, je n’avais pas que la main de taché d’encre j’avais l’estomac ou plutôt tout le système digestif barbouillée à l’encre

Burano

Bon maintenant on lève l’ancre! Sans jeu de mot! Direction Burano, l’endroit où se trouve c’est si mignonnes maisons multicolores. La spécialité à Burano c’est la dentelle ! Si vous aimez la dentelle c’est Burano qu’il vous faut! A Burano on fait dans la dentelle!

Je dois avouer que je me suis laissé tenter par l’achat de quelques petits souvenirs sur chacune des îles sauf chez Attila (Torcello) où je me suis contentée de manger. Pour les filles ce sont des bijoux en verre de Murano, pour mes amies des petits signets en dentelles. Je m’aperçois que le ciel s’est obscurci, ça ne présage rien de bon pour le retour en bateau. Après s’être fait ballotter par les vagues, je descends à la place Saint-Marc. Ce soir, j’espère avoir la chance de souper dans un endroit qui a été fréquenté pendant quelques années par un auteur célèbre américain et j’ai nommé Ernest Hemingway. Après avoir cherché et tourné en rond, je déniche enfin le fameux Harry’s Bar. Pas facile à trouver ce cher Harry.

Harry’s Bar

Ce bar n’est pas typiquement vénitien, c’est qu’un ancien entrepôt qu’un américain de Boston a acheté et transformé en restaurant, un certain Harry. C’est cependant la famille Cipriani qui l’a rendu populaire et fait connaître. Ce qui a rendu si populaire le Harry’s Bar est leur carpaccio et le Bellini. Deux choses en tant que bonne épicurienne j’avais bien l’intention de découvrir et de goûter. J’ignore si c’était l’air de large et/ou ma journée à l’extérieur à découvrir les îles de la lagune mais j’étais affamée.

Qu’est-ce que le carpaccio, le carpaccio est un mets fait des fines tranches de bœuf cru servies avec du parmesan râpé ou de la roquette. Pour ce qui est du Bellini, c’est un petit mousseux rosé rafraîchissant. C’est un mélange de jus de pêche frais et de Prosecco pétillant. Le Prosecco étant un vin blanc pétillant. J’en ai bu deux, l’un à mes frais, le second offert par le jeune serveur du bar. Oh! les Italiens!

J’arrivais juste à temps pour l’ouverture de la salle à manger. C’est le gentil serveur du bar qui m’a d’ailleurs accompagné au deuxième étage jusqu’à ma table. Ma table était située près d’une fenêtre dont la vue donnait sur le Grand Canal. Une fois assise, mon attention a été attirée par une photo située sur le mur en face de moi, Ernest Hemingway était photographié en compagnie de Giuseppe Cipriani en train de faire la fête.

Ernest Hemingway (1899-1961) a rendu célèbre le Harry’s Bar par ses livres. Lauréat du prix Nobel de littérature (le Vieil homme et la Mer), il fit connaissance avec l’Italie en tant que conducteur d’ambulances volontaire pendant la Première Guerre mondiale (expérience relatée dans son livre l’Adieu aux armes). Au-delà du fleuve et sous les arbres a pour décor le Harry’s Bar. Hemingway aimait se retrouver au Harry’s après ses parties de chasse dans la lagune. Hemingway adorait la pension Locanda Cipriani sur l’île de Torcello. Il y séjourna d’ailleurs en 1948.

Après avoir pris connaissance du menu, j’ai donc débuté le tout par un antipasti. Je me suis laissé tenter par le Prosciutto e melone qui consiste à des tranches de jambon de Parme légèrement salé déposées sur des tranches de melon connu chez-nous sous le nom de la cantaloupe. Savoureux et frais. Ensuite un nouveau serveur est venu et a pris la relève de mon serveur du bar et m’a donné ses quelques suggestions.

Comme je ne voulais pas trop faire rougir ma carte de crédit je me suis contenter du premier item de la carte. Le plat me semblait bon pour mon estomac et mon portefeuille. Sur la carte était écrit Pasta con il nero di seppia. Donc des spaghettis de fruits de mer accompagnés d’une sauce onctueuse et de seiches dans leur encre. Vous aviez bien deviné. J’ai donc terminé la journée comme je l’ai commencé avec de l’encre. C’était excellent quoiqu’un peu saler comme la facture d’ailleurs! Il va sans dire que je n’avais rien omis, j’avais accompagné mon repas d’un bon vin blanc (pour les fruits de mer), d’un Tiramisu comme dessert et d’un petit digestif local. Un repas et une facture inoubliable. Si jamais un jour vous passez dans le coin, vous trouverez le Harry’s Bar à la pointe de la Calle Vallaresso, tout près de la place Saint-Marc.

Souvenirs

Après ce bon repas une petite marche jusqu’au pont de Rialto était de mise par la suite j’ai pris un vaporetto qui m’a ramené au terminus d’autobus pour le retour à mon hôtel. J’ai la chance de voguer sur le grand Canal en ce début de soirée et de voir s’illuminer  Venise. Envoyer mon rapport pour le trajet dans les canaux pour le mariage de la grande vedette américaine, retourner aux endroits où je n’ai pas mis la main sur mes caches de Géocaching et l’achat de mes petits souvenirs pour mes amis et collègues du travail sont à mon programme pour mon avant-dernière journée. Je me douche et avant de me coucher je prends un joli petit film italien de circonstance, Lettres à Juliette.

Je me réveille tôt le lendemain matin, je suis la première pour le petit déjeuner, c’est quand même gênant, j’ai mangé comme une ogresse hier soir et j’ai encore faim ce matin. Tout s’est bien digéré et j’ai même fait de bien beaux rêves. La Vita es bella! La vie est belle!

Comme j’ai fait parvenir mon rapport hier soir au groupe et à Mike concernant les deux itinéraires possibles pour les jeunes mariés, je peux donc cocher cette mission comme complétée. Je suis donc prête à passer au deuxième item sur ma liste c’est à dire faire les caches qui m’ont échappé. Je n’ai malheureusement pas la main heureuse ce matin, des cinq que j’ai à trouver je n’ai mis la main sur aucune. Je m’attaque donc à l’achat des souvenirs. Mes spécialités depuis mes derniers voyages, les porte-clés et les magnétiques. Ils sont très populaires auprès de mes amis et ils ne sont pas trop dispendieux je peux gâter un peu plus de monde et ses souvenirs ne prennent pas trop de place dans la valise.

Comme le plus connu des Carnaval après celui de Rio au Brésil est celui de Venise, je trouve dans une boutique de ses petits masques de Carnaval de toutes les couleurs. Comme ils sont très beaux, j’en prends deux boîtes de ses magnétiques.

En chemin, je m’arrête pour m’acheter une gelatto à la pistache, un régal et comme la journée s’annonce encore chaude aujourd’hui, un bon rafraîchissement. J’ai trouvé quelques porte-clés avec des gondoles. Pour ma part, mon souvenir de Venise je me le réserve pour demain matin.

Dans l’après-midi je complète ma visite avec les quartiers de San Polo et Santa Croce. Pour ce dernier soir je me contente de retourner dans ce petit restaurant familial situé près de mon hôtel où je savoure l’un des meilleurs spaghettis de ma vie.

Mon cadeau souvenir

J’ai songé en cette dernière journée que si j’avais trouvé un trajet de gondole pour des futurs mariés, il me faudrait faire l’essai par moi-même d’un tour de gondole. Le danger dans cette aventure c’est de me faire voler les quelques euros qui me restaient. Je suis donc mis en route de bon matin pour m’offrir un tour de gondole avec un beau gondolier. Après des transactions assez serrées nous nous sommes entendus pour une randonnée de 30 minutes. Je comprends maintenant pourquoi les gondoles que j’ai aperçues étaient toujours pleines à craquer. Mon gentil gondolier m’a bien dit de ne pas révéler à tout le monde notre petite entente puisqu’il pourrait être susceptible de perdre son emploi.  Malgré que ce soit trop cliché, j’ai bien aimé ma randonnée, le soleil se levait à peine. Nous sommes passés sous le pont Rialto d’ailleurs pleins de touristes nous ont pris en photos. J’ai été déposé près du palais des Doges, vis à vis du pont qui passe près du pont des Soupirs. Après la gentille bise de mon gondolier, je me suis remise en marche satisfaite finalement par cette randonnée sur le Grand Canal de Venise.

J’ai eu la chance d’apercevoir quelques personnages costumés dans leurs costumes de Carnaval, des tenues très élaborées et colorées. J’avais lu pas mal de chose sur Venise avant de venir surtout j’avais regardé pour les musées intéressants à visiter. J’ai toujours cette alternative lors de mes voyages afin de prévoir des activités pour l’intérieur si la température ne coopère pas, cependant comme il a fait très beau lors de ma visite ce sera donc pour une prochaine fois peut-être! Asta la vista! Bella Venezia!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous observation (Chapitre 11, Point de vue… Africain)

Lors d’une rencontre des portes ouvertes on nous présente un safari en Afrique soit au Kenya. Selon les informations reçues le voyage qui devait se dérouler en mars est reporté au mois d’avril à cause des élections. Comme celles-ci sont parfois houleuses dans cette partie du monde, vaut mieux jouer de prudence. Je peux donc envoyer ma fiche d’inscription afin de pouvoir réserver ma place le plus rapidement possible. Je m’empresse aussi de faire ma demande de visa. Je recevrai mon visa à l’intérieur de sept jours.

J’ai donc maintenant dans mon nouveau passeport un second visa soit celui pour le Kenya avec le big five à voir au Kenya imprimé dessus. Pour les curieux, le big five consiste aux cinq animaux à voir soit le léopard, le buffle, le rhinocéros, le lion et bien sûr l’éléphant. Je le suis moins à l’annonce des nombreux vaccins que je dois me taper. Santé et sécurité avant tout, c’est bien important!

Après avoir reçu mes cinq vaccins soit deux sur le bras droit et trois autres sur le gauche et les prescriptions pour ses nombreuses petites pilules à avoir sous la main contre la malaria (Malarone), contre la diarrhée (Immodium) et contre les infections de toutes sortes (Cipro), je suis sous le choc.  J’espère bien que tout cela va me garder en santé car la santé de mon porte-monnaie vient d’en prendre pour son argent!
Ce n’est pas grave! Akuna Matata!

Pour les curieux, en ce qui concerne le big five des vaccins à avoir pour l’Afrique, il y a celui contre le Choléra, celui contre la méningite, celui contre la typhoïde et surtout celui contre la fièvre jaune. Au moins celui-ci est bon pour dix ans (ça vaut donc l’investissement!) Pour ma part, comme je suis une asthmatique chronique, le cinquième vaccin administré est celui contre la grippe (classique). Il va de soi que je me suis senti un peu comateuse pendant deux jours après toutes ses injections. Maintenant à savoir lequel ou lesquels m’ont causé des légers désagréments. Allez donc savoir!

Me voici à bord d’un taxi qui m’amène jusqu’à l’aéroport, j’aurai le temps d’acheter deux livres pour le voyage. Les deux livres sont de Musso et Lévy. Il ne me reste qu’à aller à la rencontre de mes futurs compagnons de voyage. Quelques minutes avant l’embarquement je reçois un message qui me laisse un peu perplexe. C’est un message en provenance du groupe des observateurs dont je fais partis maintenant. Le groupe s’inquiète concernant ma santé et ma sécurité pour se voyage, ils ont donc décidé de m’envoyer quelqu’un pour me surveiller de plus près. J’espère voir apparaitre à tout moment le beau Mike mais non. Si mon ange gardien fait parti de mon groupe  ce sera facile à deviner puisque nous sommes seulement cinq. L’homme du groupe nous a avoué finalement qu’il était un ancien agent de la GRC et que sa principale fonction avant de prendre sa retraite était agent de filature. J’ai donc maintenant la quasi-certitude à savoir de qui du groupe est responsable de ma surveillance. Donc un autre voyage qui ne manquera pas de piquants.

Nous voilà rendu à Nairobi, capitale du Kenya. Ce n’est pas que je me prenne pour le fameuse Karen Dixton qui nous a offert ses Souvenirs d’Afrique mais j’espère avoir moi aussi quelques d’histoires à raconter après ce voyage de seize jours. Afin de bien débuter et nous remettre du décalage horaire, nous nous installons dans la banlieue de Nairobi, dans le village satellite des Focolari. Ce regroupement à caractère religieux est un organisme que j’ai connu pour la première fois lors de mon pèlerinage en Italie en 2010. Cet organisme a pour mandat de poursuivre l’œuvre de la fondatrice du dit mouvement. Les installations sont simples mais propres. C’est surtout leur accueil qui est très agréable et la nourriture, un régal.

De notre côté, nous nous sommes familiarisés avec les habitudes locales surtout en ce qui concerne les protections à utiliser pour se protéger des nombreux moustiques. Nous avons tous d’ailleurs débuté la consommation de ses petites pilules de Malarone, pilules utilisées contre la malaria. Les moustiques porteurs de cette maladie sont surtout actifs la nuit. Malheureusement leurs congénères de jour sont porteurs pour leur part de la Dengue. Maladie pour laquelle il n’existe ni vaccin ni médicament nous avons donc eu recours à un autre type de protection soit de la crème répulsive. Cette crème est à appliquer quelques heures avant la crème solaire. Pour la nuit il est fortement conseillé de dormir avec des filets au-dessus du lit. Ces filets sont préalablement traités contre les moustiques.

Nairobi

Nous voici donc tous les cinq dans la camionnette qui nous servira de moyen de transport durant tout notre voyage ainsi que lors des safaris que nous ferons. Avec son toit amovible ce véhicule nous permettra de bien voir les animaux ainsi que d’avoir de l’air. En ce premier jour un tour de ville de Nairobi est au programme avec une visite au parc de l’Indépendance, le quartier résidentiel et le musée national. La visite du musée nous donne un avant-goût de ce que nous pourrons voir lors des safaris. Par la suite, notre guide nous fait découvrir la maison d’un riche planteur qui est maintenant converti en restaurant. Les côtelettes d’agneau que j’ai mangé fondent dans la bouche. Par la suite nous sommes allés visiter une industrie de bijoux située près du restaurant qui encourage l’intégration des femmes dans le milieu du travail. La boutique porte le nom de Kazuri et l’une de leur spécialité est la confection de bijoux de toutes sortes. Après l’achat de quelques bijoux nous nous sommes dirigés près de Nairobi à la ferme de Karen Blixen qui est maintenant un Musée.

Karin Blixen est cette auteure originaire du Danemark qui est l’auteur du livre dont on a tiré le film Out of Africa : Souvenirs d’Afrique dans les années 80 avec Meryl Streep qui interprétait Madame Blixen et Robert Redford qui pour sa part personnifiait son amant, le beau Denys Finch Hatton.

Lors de notre visite des travaux de rénovation étaient en cours ce qui fait que toute la décoration ainsi que le mobilier avaient été emballés afin d’être protéger. Néanmoins nous avons pu visiter l’extérieur de la propriété et avons appris par la même occasion que malheureusement le mari de Karen soit le Baron Bror von Blixen-Finecke avait été mal conseillé. Celui-ci avait entrepris de cultiver à cet endroit du café quand selon les experts du temps c’était le pire endroit pour la culture du café. Le sol dans cette région étant rouge donc très riche en fer ce qui ne favorisait pas la culture de ce produit.

Nous avons eu droit à voir un modèle de machine utilisé lors de la cueillette du café. Nous apercevons au loin la chaîne de montagne en forme de jointure les monts Ngong où allait chasser les deux amants. La propriété après le départ de Madame Blixen a connu plusieurs autres propriétaires ce n’est que vers la fin des années 90 que le gouvernement du Danemark s’en ai porté acquéreur et ont décidé de lui donner comme vocation celui de musée en l’honneur de Madame Blixen, célèbre auteur qui a écrit une douzaine de livres.

En soirée, après avoir assisté à la messe célébrée dans la petite chapelle de la cité-pilote de Mariapolis Piero nous nous rendons une dernière fois savourer les bons repas que les membres de la communauté nous ont concoctés. Par la suite c’est la fête où nous sommes tous réunis dans l’auditorium où nous dansons et chantons. Nous nous endormons avec les mots en tête soit Jumbo qui veut dire bonjour! Et Karibu! Qui veut dire bienvenue! Il nous faut être en forme car nous prenons la route vers Masai Mara où notre Safari va officiellement débuter.

Masai Mara

Après des au revoir émouvants avec l’équipe qui nous a si chaleureusement accueillis chez les Focolari et que les valises soient toutes bien entassées derrière, nous sommes prêts pour prendre la route, direction le Parc Masai Mara au Sarova Mara Camp et que la grande aventure commence!

Après une très longue route. dont j’ai fait une bonne partie assise à l’avant avec le chauffeur nous voilà enfin rendu sur la piste. Nous avons tous les yeux grands ouverts! Le ¨Mara¨ comme il est souvent surnommé, est le plus fréquenté des parcs du pays. Ses paysages ont été immortalisés dans le film ¨Souvenirs d’Afrique¨. Masai Mara est aussi  fameux à cause de ses migrations spectaculaires annuelles. La faune y abonde et les 320 kilomètres carrés de cette réserve qui prolonge le parc Serengeti (Tanzanie) offrent de vastes étendues plates, idéales pour l’observation des animaux. C’est par ailleurs à la frontière du parc que les concentrations animales sont les plus importantes : lions, éléphants, zèbres, hippopotames, gnous.

À notre arrivée au Sarova Mara Camp, qui est situé dans la brousse africaine sur une élévation entre deux rivières, nous avons été accueillis avec un bon verre de jus de fruit ainsi qu’une serviette à la lavande afin de nous rafraîchir. Après un premier bon repas, dans le style buffet, nous avons été dans notre tente de catégorie supérieure. Notre tente était très spacieuse puis que nous avions un lit double ainsi qu’un lit simple. Après que Micheline s’est chargé de remplir notre fiche d’inscription, nous avons tiré à Pile ou Face laquelle de nous deux aurait le lit double. C’est moi qui ai eu droit au grand lit. De plus notre tente était équipée d’électricité et d’une salle de bain avec douche et eau chaude. Le grand luxe!

Nos journées dans ce parc se déroulent toujours un peu de la même manière. Levée vers les six heures du matin afin de pouvoir déjeuner vers les sept heures afin d’être prêt pour embarquer dans le véhicule vers les huit heures. Nous nous dirigions chaque jour dans un secteur différent de ce grand parc.

Après parfois une longue randonnée nous sommes de retour vers les onze heures trente pour le dîner. La plupart des après-midis sont libres. J’en profite pour lire l’un de mes livres.

Certains après-midis j’en profite pour rédiger quelques cartes postales malgré les quelques photos que j’ai fait parvenir grâce au réseau Wi-Fi de l`hôtel. Nous nous retrouvons souvent tous autour de la boutique. J’ai fait la plupart de mes achats à cet endroit car il a du très bon choix et de très bons prix.

Nous sommes donc restés au Parc Masai Mara quatre jours et trois nuits. C’est d’ailleurs l’endroit qui m’a le plus charmé de ce voyage, de plus le personnel était souriant et très intentionnés. Nous quittions le parc avec trois des cinq big five que nous avons découvert dans ce grand parc.

Lake Nakuru

Nous voici donc en chemin vers le lac Nakuru, paradis des flamants roses et de l’un des big five du Kenya dont le rhinocéros.

En chemin nous nous arrêtons dans la réserve près de la frontière de la Tanzanie et du Kenya afin d’observer des hippopotames et des crocodiles dont il ne faut pas négliger l’importance. Je dois avouer que les sensations fortes sont venues plus des toilettes de cette halte que des crocos.

Après avoir terminé notre repas nous étions tous prêts à suivre le jeune rancher mis à notre disposition pour nous guider et nous protéger contre les dangers de la jungle.
Nous avons aperçu malheureusement que deux crocos et cela de très loin. Nous avons quand même eu la chance de voir pleins d’hippopotames surtout leurs dos à la surface de la rivière. L’un d’entre eux a suscité de l’intérêt par son comportement qui nous semblait assez différents de ses congénères. Ce que nous croyons un problème pour l’hippopotame n’en était pas un puisque celui-ci s’accouplait avec un autre hippopotame qui se trouvait en dessous de lui soit sous l’eau.

Lors de notre arrivée au lac Nakuru nous avions des petites cabines donc le balcon donnait directement à l’arrière du parc avec vu sur le lac et quelques buffles qui venaient manger le long de notre clôture. Impressionnant!

Il y avait aussi un comité d’accueil composé d’une dizaine de babouins se tenait assis tout autour du balcon de notre cabine. Dans la soirée, avant le souper, nous voici près pour aller observer le rhinocéros, les flamants roses et peut-être découvrir un léopard.

Notre guide local, nous confie que cela fait quelques temps qu’ils n’ont pas aperçus de léopards dans le secteur. Donc le mot d’ordre est de quand même bien scruter les arbres. Avec l’aide de nos jumelles tous les arbres qui présentent des branches bases sont scrutés. Il faut dire que le léopard aime monter ses proies dans les arbres et aussi d’avoir une vue sur des proies potentielles. Après un bon deux heures de safari et la promesse d’une bouteille de vin à celui ou celle qui apercevra un léopard nous revenons bredouilles. Pas de léopard en vue, j’ai les yeux en bouillis tant j’ai cherché.

Une surprise nous attendait à notre retour au Lake Nakuru Lodge. Près des barrières où quelques heures avant nous avions aperçus quelques buffles, il y avait de coucher là, un lion.

De retour à notre chambre nous pouvions apercevoir de notre balcon le fameux roi de la jungle. Ouah! Il va sans dire que les appareils photos se sont fait aller mais que la porte patio est resté bien fermée.

Une autre surprise m’attendait ce soir-là. Nous avions tous pour le souper un plat recouvert afin de conserver la chaleur. C’est lorsque que j’ai enlevé le couvert que je l’ai découvert dans le milieu de mon assiette, une belle petite peluche représentant un léopard. Je l’ai eu finalement mon léopard! J’étais très heureuse, une gentille attention de la part de notre guide.

Le lendemain matin, nous revoici reparti en safari, cette fois nous allons monter dans une section du parc qui va nous permettre de mieux voir la faune ailée du secteur. Le lac Nakuru, situé dans le Rift Valley est renommée comme un paradis ornithologique pour ses 450 espèces d’oiseaux. La vue sur le lac est de toute beauté. Nous ne pouvons pas nous attarder plus longtemps puisque notre guide veut tenter une autre fois de nous dénicher un léopard. Peine perdue, vers les onze heures, il faut se résoudre à quitter les lieux. Nous devons préparer nos valises et nous préparer pour nous rendre cette fois au lake Naivasha.

Lake Naivasha

Après une longue route nous arrivons finalement au lake Naivasha Lodge. Après le camp du Masai Mara, le Lake Naivasha Lodge sera mon deuxième coup de cœur en ce qui concerne l’hébergement. Des petites maisonnettes en forme de champignon abritent nos chambres, je me sens comme la Schtroumpfette. La grande baie vitrée du salon s’ouvre sur le parterre où là se promènent devant nous des girafes, des zèbres, etc.… Hallucinant!

En plus nous trouvons une autre belle boutique souvenirs à cet endroit. Le paradis!

Une seule recommandation lorsque nous serons prêts pour aller rejoindre la salle à manger nous aurons droit à une escorte armée car il y aussi des hippopotames dans le coin et ceux-ci aiment bien se promener et vaut mieux ne pas les croiser. Nous sommes bien protégés puisqu’à la sortie de la boutique et de la salle à manger une forêt de cactus géants mène la garde.

À la fin du repas nous suivons notre gardien armé afin de pouvoir observer au clair de lune des hippopotames. L’un d’enter eux a opté de brouter devant le patio de notre maisonnette. Nous nous contentons de l’épier au travers notre porte patio et de prendre quelques photos. Après toutes ses émotions nous voici prête à nous coucher car demain ce sera l’expédition en bateau sur Crescent Island.

Crescent Island

Aujourd’hui nous allons faire du bateau, j’avais pensé au début que nous serions dans un genre de pirogue mais non, nous sommes installés bien confortablement dans une chaloupe à moteur. Nous allons donc voir des hippopotames, marcher sur l’Île Crescent et observer quelques aigles pêcheurs.

La visite aux hippopotames a été rapide puisque dès notre arrivée le mâle dominant faisait de nombreuses bulles sous l’eau nous indiquant sa mauvaise humeur.

L’île Crescent est en réalité une presqu’île puisqu’un chemin relie celle-ci à la terre. C’est d’ailleurs sur cette île que plusieurs scènes des films ‘’Souvenirs d’Afrique’’ et ‘’Tomb Raider II’’ ont été tournées. Nous ferons ce safari à pieds parmi les gazelles, les zèbres, les gnous et les girafes. Celles-ci m’impressionnent toujours autant. Les seuls prédateurs possibles sont quelques hyènes qui se sont faites bien discrète durant notre passage ainsi que parfois des serpents. Nous sommes retrouvés devant les vestiges d’une hutte qui faisait partie du décor du tournage de Souvenirs d’Afrique. Je tends le coup prudemment à l’intérieur tout d’un coup que Robert Redford s’y cacherait. Mais non personne!

Nous sommes attendus dans un école pour la dernière journée d’école du calendrier scolaire. Les différentes classes nous accueillent avec beaucoup de plaisir. Les jeunes sont souriants mais aussi très curieux. C’est la directrice qui nous sert d’interprète. J’ai la chance de faire quelques mouvements de zumba avec eux, ce qui fait bien rigoler mes compagnons de voyage.

La soirée s’est déroulée bien tranquillement puisqu’il a plu une bonne partie de la soirée ce qui nous a permis de ranger nos valises et de classer nos nombreux souvenirs. J’ai même terminé la lecture de mon premier livre. Demain en route vers Amboseli, notre dernière chance de voir un léopard.

Amboseli et le Kilimandjaro

Nous voici en route pour le Parc National d’Amboseli. Ce parc est situé au pied de la plus haute montagne d’Afrique soit le majestueux Mont Kilimandjaro. Ce parc est aussi l’habitat des Masai qui sont des braves et fiers nomades qui vivent en harmonie avec la nature. Amboseli est aussi l’endroit qui a inspiré les célèbres auteurs Ernest Hemingway et Robert Ruark à écrire leurs histoires de grande chasse dans les régions sauvages d’Afrique.

Avant notre arrivée dans le parc nous croisons beaucoup d’animaux sur la route. De nombreux zèbres, antilopes, girafes traversent régulièrement la route à notre grande surprise. Notre hébergement consiste en de petite maisonnette décorée à la mode africaine. La chambre est spacieuse et nous avons chacune un lit double à notre disposition. La boutique est tenue par des femmes Masai. Nous préférons attendre et faire nos achats pour le village Masai dont la visite est prévue pour le lendemain.

Après un bon déjeuner avec vue sur le Kilimandjaro, nous sommes attendus dans une tribu Masai. Après avoir parcouru sur une route devenue cahoteuse à la suite de la pluie tombée les jours précédents. Nous sommes accueillis par le jeune fils du chef du village. Voici quelques explications sur le style des Masai que le fils du chef nous a confié comme cela peut prendre jusqu’à cinq mois pour établir un village qui sera considéré temporaire puisqu’ils peuvent y demeurer seulement trois ou cinq ans selon les ressources de leur environnement. Ce sont des éleveurs avec de nombreux troupeaux de chèvres et de moutons. Ces troupeaux qu’ils protègent grâce à des barrières faites de nombreuses branches d’acacia empilées. Ces branches d’acacia qui sont pourvus de ses énormes épines afin d’éloigner les prédateurs tels que les hyènes et les lions bien sûr.

Comme je suis la scientifique du groupe j’ai eu le privilège de m’entretenir avec le chaman ou le sorcier du village concernant le pouvoir des différentes racines utilisées pour soigner les différents maux que peuvent souffrir ses villageois.

Par la suite nous avons eu la chance de visiter une hutte familiale fait de boue et d’un autre matériel dont j’imagine facilement la provenance par l’odeur qui s’en dégage. A l’intérieur il faisait si noir que la seule chose que j’ai réussis à voir ce sont les dents de mon interlocuteur.

Les Masai ont cette particularité physique qu’Ils ont une anatomie particulière puisqu’ils ont les jambes longues donc les fémurs qui sont beaucoup plus long que chez les autres humains de la planète. Ce qui fait que lorsqu’ils dansent et sautent l’impression est qu’ils vont s’envolée tant leur bond est tout en hauteur. L’illusion est parfaite. Malgré mes deux fémurs et ma stature j’ai quand même participé de tout mon cœur et mon corps à leur sauterie ou plutôt devrais-je dire à leur danse. Un autre moment mémorable dont j’ai gardé quelques traces grâce aux vidéos pris à partir de ma caméra.  J’imagine déjà la face de certains lorsqu’ils vont me voir danser à la manière Masai.

Mes compagnons de voyage et moi retrouvons les femmes de la tribu pour faire du magasinage. Il a beaucoup de bijoux, comme des bracelets, des colliers, des bagues fait à la main. Par la suite nous retrouvons quelques sculptures de guerrier Masai et les fameux petits paniers à pain avec sculptés tout autour les figurines représentants les big five du Kenya soient le léopard, le buffle, le lion, le rhinocéros et l’éléphant. Je suis finalement revenu avec trois plats et deux bracelets.

Le Safari en Afrique était terminé nous étions maintenant en route vers la dernière partie du voyage, un retour vers la civilisation et dont notre destination pour cette dernière partie était Mombasa.

Mombasa

Après une route interminable nous voici à Mombasa, le port actif du Kenya. Je n’ai jamais vu autant de camions de ma vie. Il avait des gros dix roues partout. Après la quiétude des grands espaces, notre espace venait de se réduire beaucoup. Nous étions dans la période de débarquement et d’embarquement des conteneurs sur les nombreux bateaux en partance pour les autres pays.

J’avais hâte d’arrivée à l’hôtel afin de me rafraîchir et être à l’air climatisée. Après avoir défait les valises pour une dernière fois nous avions décrété nous rejoindre près de la piscine. Le reste de la journée était libre nous en avons donc profité pour aller faire trempette dans l’océan indien et de prendre quelques photos. J’ai fini la lecture de mon second livre. Pour le reste nous sommes redescendus à la plage afin d’y siroter un bon verre de vin frais.

Comme nous étions à Mombasa nous avons convenus de profiter le lendemain de la place et d’aller visiter le quartier historique de Mombasa avec les quais où les esclaves noires étaient pris et embarquer dans le temps des bateaux négriers pour les amener dans les plantations du nouveau monde.

C’était notre dernière journée à Mombasa, dans la soirée nous prendrions l’avion pour notre retour à Nairobi et de là un avion pour un transfert à Amsterdam pour nous ramener par la suite à Montréal.

Le retour au travail me réservait des surprises et ce serait un retour qui ne serait pas de tout repos….

 

Sous observation (Chapitre 10, Mission de surveillance en Inde)

Parfois le destin nous joue parfois des tours et que les messages qui nous parviennent sont surprenants. Je venais d’ouvrir ma boîte de courriel quand l’un des messages a attiré mon attention, il provenait de la responsable d’un agence de voyage qui me proposait un voyage en Inde en octobre pour une durée de deux semaines. J’ai à faire une demande de visa, c’est un étape qui n’est pas des plus faciles. Le second courriel était en provenance du groupe de Mike et pour lequel j’avais travaillé. Ce message m’informait en quoi consisterait ma prochaine mission si jamais je l’acceptais. Pour cette fois celle-ci consisterait à assurer la surveillance et la protection de l’un des voyageurs qui faisait parti de mon groupe de voyage. Je devais assurer la sécurité d’un certain Monsieur appelons-le donc Monsieur Lee.

Pour faire une brève description du mon client, c’est un homme d’origine asiatique dans la soixantaine qui est retraité et veuf. Il parle anglais et mandarin, adore manger et bien rigoler. En d’autres mots, un bon épicurien et un grand séducteur. J’ignore encore pourquoi c’est moi qui est été choisi pour cette mission. Arrivée à l’aéroport j’ai découvert le joli minois de mon anglais préféré qui me mentionnait que Monsieur Lee était bel et bien arrivé à l’aéroport. Une dernière recommandation du beau Mike, la discrétion est de mise car Monsieur Lee ignorait que sa famille avait payé un ange gardien. Celui-ci en a rajouté avec son humour britannique que si j’étais gentille qu’il me réservait une surprise.

Nous nous préparions à embarquer pour un vol d’une durée de huit heures, direction de Mumbai en Inde. Cette partie du voyage s’est bien déroulée puisque la plupart de mes compagnons de voyage ont dormi pendant la majeur partie du voyage dont Monsieur Lee. J’étais jumelée avec une dame sympathique et un peu accroc aux phénomènes ésotériques. Elle disait être en mesure de recevoir des messages de l’au-delà. J’étais donc avec moi une médium qui selon les dernières nouvelles qu’elle avait reçu nous allions tous faire un beau voyage. J’étais un peu sceptique car la dernière fois qu’un certain chaman m’avait prédit que je ferais un beau voyage, je me suis tapée un séjour dans un hôpital pour un œdème pulmonaire. J’ai donc gardé les commentaires qui me brûlaient les lèvres concernant ces prédictions.

Après un vol paisible de quatre heures vers Calcutta nous sommes tous excités et nous nous bousculons de tout côté de l’autobus pour réussir à prendre des photos. Ma première impression est qu’il y a beaucoup de monde et que tu ne vis pas de solitude en Inde. Les femmes sont splendides drapées dans des saris de toutes les couleurs. Tous ces gens vaquent à leurs occupations dans un brouhaha incroyable. Les commerces, le trottoir et la route sont pleines de toutes sortes de choses et cela sans oublier les animaux comme les chèvres, les chiens et les vaches sacrées qui se partagent certains secteurs et quand ceux-ci ne bloquent carrément pas le passage. Une variable à ne pas oublier lors de la planification d’activités en Inde est le temps prévu lors des déplacements. Nous sommes venus à la conclusion que lorsque tu veux circuler en Inde plus ton véhicule est gros plus tes déplacements sont longs. Un arrêt est cependant nécessaire dans ce brouhaha pour nous permettre d’aller chercher quelques roupies. Le premier dîner nous fait réaliser que la nourriture indienne est plus épicé de ce que nous connaissons. Il est donc de garder notre bouteille d’eau à portée. Nous ne sommes pas encore arrivés à l’hôtel que nous sommes tous sous le charme de ce pays. Il est voté à l’unanimité qu’après le souper nous irons visité les environs et nous mêler à cette foule. La rue est si illuminée qu’on se croirait en plein jour et la température fraîche de la soirée attire de plus en plus de monde dans les rues. Notre guide nous explique qu’il y a beaucoup  de monde puisque nous sommes en plein dans la période des réjouissances entourant la fête de l’une de leur déesse préférée soit la déesse Durga.

Pour déambuler, il nous suggère fortement de nous suivre à la queue leu leu d’où l’origine de l’expression suivante, se suivre à la file indienne (?). Par habitude ou par réflexe, c’est moi qui ferme la marche. Cela me permet de voir tout le monde et en particulier Monsieur Lee. Celui-ci a d’ailleurs une mauvaise habitude soit de prendre beaucoup de temps pour la prise de ses photos, il est vite isolé du groupe. Je dois veiller à le ramener à plusieurs reprises avec le groupe afin d’éviter qu’il ne se perde pas. Le guide qui mène le groupe, me jette un coup d’œil de temps en temps afin de s’assurer que notre file indienne ne s’étire pas trop.

Au retour nous sommes tous abasourdis par ce premier bain de foule. Ce qui est prévu à l’horaire pour le lendemain est la visite de la résidence de la congrégation des sœurs fondée par Mère Térésa ainsi qu’une visite à sa tombe. Un arrêt au temple dédier à Cali, la déesse de la fertilité, est aussi au programme. Pour l’après-midi, nous visiterons le quartier des Arti, c’est-à-dire l’endroit où la plupart des artistes se regroupent pour fabriquer les statues pour les différentes fêtes. Nous serons d’ailleurs témoins de la confection des différentes sculptures qui seront placées dans les différents temples dédiés pour la fête qui se déroule présentement soit celle de la déesse Durga. Après avoir reçu ses informations, nous retournons dans nos chambres encore hyper stimulé par tout ce que nous avons vu et entendu.

En Inde, tous vos sens sont constamment stimulés à cent dix pour cent. Effectivement j’ai eu l’impression de ne pas avoir de mes deux yeux pour tout voir, de mes deux oreilles pour tout entendre, tant le bruit est incessant. Sans oublier mon odorat qui n’a pas toujours su identifier toutes ces odeurs qui parvenaient à mon nez. Mes papilles gustatives ont été aussi mise à l’épreuve par le goût épicé de certains plats et aussi par la découverte de nouvelle saveur. Le toucher, lui aussi n’a pas été oublié, palper les différents tissus tel que la soie des saris, le coton des pashminas, le cachemire des foulards ou encore les broderies des tapis.

Ce matin nous débutons par la visite du temple de Cali, déesse de la fertilité pour se diriger par la suite chez les sœurs de la charité. Cette journée là, les adorateurs de Cali étaient nombreux et très impatients de lui rendre hommage. Dès notre entrée sur le site on pouvait sentir l’excitation. Carole est la seule de notre groupe à être parvenu jusqu’à la statue de la déesse mais moyennant beaucoup d’efforts physiques et quelques roupies. Monsieur Lee que j’avais perdu de vue, pour un instant, a failli pour sa part finir en  sacrifice à la déesse car il a été poussé trop près des cierges et la chaleur de ceux-ci a noirci le bas de son pantalon.

Nous étions tous à peine remis de nos émotions quand nous avons réalisé que nous n’avions pas encore tout vue. Afin de se garantir une plus grande chance de réussite pour leur demande auprès de la déesse, les gens pouvaient offrir un animal en sacrifice comme une chèvre. Pendant le sacrifice, des chiens errants réclamaient des morceaux de viande et tout en pataugeant dans le sang et les entrailles. Ce rituel m’a ramené mon omelette du matin sur le bord des lèvres. Je dois avouer que cette première visite à ce premier temple n’a pas été oublier de sitôt. Je me demandais ce que la visite des autres temples nous réservaient comme surprises et sensations fortes. Nous avons été cependant chanceux car notre séjour correspondait avec la période de la fête de la déesse Durga et non celle de Cali!

L’une de nos destinations de la journée était la visite à la tombe de Mère Teresa et de son musée. Un petit musée résumait les grandes étapes de sa vie. Mère Térésa est née le 26 août 1910 sous le nom de Agnès Gonxha Bojaxhiu. Au moment où elle atteint l’âge de 18 ans, elle réalise que sa mission de vie est de servir Dieu. Elle a joint le Couvent des femmes de Loreto à Dublin et fût impressionnée par les pas de Thérèse Lemieux lors de son passage. C’est par la suite qu’elle adopta le nom de Teresa et fit ses vœux en 1931. En 1937, elle vint à Calcutta et joint l’école de Ste Marie. C’est là qu’elle réalisa son appel était de dévouer sa vie au service des gens affamés, des sans-abris, des pauvres, des personnes ayant la lèpre et des malades. Un prix Nobel de la paix bien mérité pour cette toute petite sœur qui a su conquérir le cœur des gens et aider les gens de ce pays. Disons qu’après le temple de Cali, ce fut comme un havre de paix. Par la suite nos estomacs se sont rappelés à nos souvenirs, cette fois pour une bonne raison, c’était l’heure de manger. Ce fut le poisson qui fut à l’honneur accompagné de riz. Les repas commençaient à prendre une saveur particulière puisque lors de chacun nous avons toujours eu beaucoup de plaisir.

Nous sommes allés aussi visiter un autre personnage, gagnant d’un prix Nobel de littérature. Nous devions faire vite avant que la maison de Monsieur Tagore ne ferme. Sa maison maintenant convertie en musée ou plusieurs artistes indiens peuvent exposés leurs œuvres respectives. Dans la maison certaines pièces nous présentent ses différentes œuvres écrites ainsi que plusieurs de ses peintures qui ont fait sa renommée. Personnellement, j’ai été très subjugué par les nombreux voyages de celui-ci ainsi que par les grands personnages qu’il a pu rencontrer pendant sa vie. Après avoir déambulé sur le campus de l’université qui voisine le musée de Monsieur Tagore, nous nous sommes acheminés vers l’autobus qui a du encore bloquer une partie de la circulation afin de nous permettre de monter à bord. Ce que le souper a eu de spécial ce soir-là nous avons eu la chance de faire la dégustation de la bière locale qui porte le nom du martin-pêcheur, la King Fisher. Le seul hic de notre hôtel est nous n’avons presque pas eu d’eau chaude sauf  Monsieur Lee. C’est d’ailleurs lors du souper qu’il a mentionné qu’il avait de l’eau chaude et que si je souhaitais prendre une bonne douche j’étais la bienvenue. Cette déclaration a provoqué le fou rire général de mes compagnons. Encore surprise par l’audace de Monsieur Lee, j’ai décliné bien poliment son offre. Les autres m’ont avoué qu’ils étaient jaloux de voir que j’étais la préférée de Monsieur Lee. Un autre repas qui s’est terminé dans la rigolade. Je me pose cependant une question, à savoir si Monsieur Lee est finalement si ignorant de mon rôle le concernant.

Après une douche froide, je me prépare pour une nouvelle journée lorsque Carole m’annonce qu’elle a reçu une révélation de l’un des ses guides. Comme nous sommes pressées par le temps, je lui demande de m’en reparler pour plus tard. Après un déjeuner dans la bonne humeur ou certains de mes compagnons de voyage m’ont taquiné à savoir si j’avais réussis à prendre une douche. Monsieur Lee est arrivé pour le petit déjeuner avec un petit sourire narquois au coin des lèvres.

La visite au musée d’histoire de Calcutta fut rapide mais nous a permis de comprendre  les grandes lignes de l’histoire de l’Inde. Le quartier des potiers nous a permis d’apprécier le talent de ses nombreux artistes. Nous avons eu la chance de voir plusieurs variantes dans la présentation de la déesse Durga. Celle-ci est représentée montée sur un magnifique lion aider de ses six bras qui terrasse les démons. Plusieurs des artistes ont travaillé toute la nuit afin de profiter de la fraîcheur si bien que plusieurs dormaient lors de notre passage. Nous avons pu voir les différents matériaux utilisés dans la confection de ses nombreuses sculptures. Quelques acheteurs étaient sur place pour prendre livraison des statues qui étaient déjà prêtes à être amenés dans les temples.

Finalement, nous voici en direction de la dernière organisation créé par Mère Teresa. Lors de notre arrivée nous sommes accueillis par l’un des sœurs et nous sommes dirigés vers l’endroit où a lieu le service du dîner. Nous sommes invités à pénétrer à l’intérieur afin d’aller visiter les cuisines.

Une surprise m’attendait à la sortie lorsque nous sommes allés rejoindre les garçons. Ils étaient en grande conversation avec un homme dont la voix ne m’est pas inconnu. Devant moi, se tenait dans toute sa splendeur, Mike. Comme le monde est petit! C’est la surprise aussi pour le groupe. La seule qui n’a pas l’air vraiment surprise c’est Carole. Tu sais le message que je devais te donner était que tu rencontrerais quelqu’un que tu connais bien. Mike a compris une partie du petit discours de Carole et sourire aux lèvres a expliqué alors à mes compagnons la raison de sa présence dans ses lieux. Pour ses vacances, il a décidé de venir faire un peu de bénévolat en Inde.

Comme c’est l’heure pour le service du dîner la conversation est vite interrompue ce qui me soulage un peu. Notre guide suggère alors que chacun prenne du temps pour se promener sur le site, j’en profite donc pour m’isoler avec Mike. Le guide nous donne rendez-vous dans une heure à l’autobus. Mike en profite pour s’informer comment se déroule le voyage ainsi que ma mission et pour me donner les dernières nouvelles. En réalité, il est en Inde comme observateur afin de s’assurer que les systèmes de sécurité mis en place, suite aux attentats de Mumbai, sont conformes et fonctionnels en vue de la visite des délégations qui sont attendus. Son rôle consiste à vérifier les systèmes de sécurité des hôtels où descendront ses visiteurs de marque et de la sécurité des sites touristiques qui seront visités. J’aurais encore tant de questions à lui poser mais je dois me résoudre à me séparer de lui. Nous sommes déjà rendus près de l’autobus.

Afin de m’éviter des questions indiscrètes, surtout de Carole que je sens nous épier au travers des fenêtres de l’autobus, Mike et moi nous nous contentons d’une accolade chaleureuse. Mais il a quand même le temps de me souffler à l’oreille qu’il me garde à l’œil et qu’il m’aime bien. Lorsque j’embarque dans l’autobus avec encore les yeux dans l’eau et je sens que Carole va sûrement tenter de me poser des questions.

Au restaurant,  notre guide en profite pour nous faire préparer des boîtes à lunch pour le repas dans le train. Après dîner nous nous dirigeons vers un embarcadère pour prendre le bateau qui nous amènera sur l’autre rive afin de visiter le campus de Belur Matsur. Comme il fait un soleil de plomb nous visitons rapidement les lieux. Arrivé à la gare, c’est le temps de s’occuper de nos valises lorsque notre guide arrive avec quatre porteurs. Nous sommes en une longue procession le long des quais de la gare, chacun gardant un œil sur le garçon qui porte sur sa tête sa valise. Je plains de tout coeur celui qui porte ma lourde valise sur sa pauvre tête.

Finalement à l’heure dite le train entre en gare, nous sommes prêts à embarquer. Nous avons que quelques minutes pour monter à bord car le train n’arrête pas longtemps. Disons que notre embarquement s’est fait dans un chaos indescriptible mais ce qui compte est que nous soyons tous à bord avec nos valises. Après avoir trouvé notre wagon et nos couchettes, nous nous installons prêt à attaquer notre souper. Les fameuses boîtes à lunch roses vont enfin dévoiler leurs précieux contenus. Du poulet accompagné de riz, une pâtisserie et une liqueur sont les trésors que contiennent les jolies boîtes roses qui nous avaient tant subjuguées. Après avoir terminé de manger nous nous attaquons à la préparation de nos couchettes.

Je dois avouer que lors de cette odyssée en train nous avons beaucoup rigolé. La plupart d’entre nous partagions notre cabine de six couchettes avec des étrangers. Pour ma part, une famille dont la mère, sa fille et son garçon occupaient la moitié du compartiment tandis que de notre côté, notre guide qui assez costaud avait opté pour la couchette du haut, j’avais celle du milieu et Carole celle du bas.

Durant la soirée nous avons eu droit à  un défilé de vendeurs de toute sorte. Notre guide a bien rigolé puisqu’il a réussi à me faire boire un thé massala et de me faire acheter des saris. Par la suite, nous nous sommes couchées et pour la plupart d’entre nous, nous avons assez bien dormi. J’ai donc pu encore éviter les questions de la part de Carole mais je savais que c’était que partie remise.

Nous avons donc voyagé en train toute la nuit, tôt, le lendemain matin, après une visite express aux toilettes, nous nous somme préparés à débarquer. Avec mon énorme valise, je bloquais une partie de l’accès des toilettes et une partie de la sortie. Je me suis promis que la prochaine fois que je voyagerais et  surtout si je prends un train j’aurais une valise beaucoup plus petite. Chacun de nous avait des anecdotes à conter sur leur expérience avec les fameuses toilettes du train.  Ce fut l’heure de descendre, pour descendre du train nous avons descendu. Nous avions déjà acquis un peu d’expérience de la veille si bien que le débarquement s’est fait rapidement. Nous étions tous fripés autant au sens propre comme que figuré si bien que nous rêvions que de nous changer et de prendre une douche chaude. Ce voyage de nuit en train nous avait amené à New Jalpaiguri.

Arrivée à la gare, les valises ont été chargé et mises sur le toit des véhicules qui nous attendaient pour nous conduire de la région de Jaldapara au Darjeeling. Nous étions en route pour la réserve faunique de Jaldapara. L’endroit où nous devrions avoir la chance d’apercevoir des rhinocéros indiens à une corne pour lesquels la réserve a été créé en 1943 afin de les protéger. Mais avant d’arriver à la réserve beaucoup de route à faire.

En chemin, nous avons passé près d’une plantation de thé où nous y sommes arrêtés  quelques instants, le temps de regarder la cueillette des feuilles de thé par les dames de la région. Notre guide nous a expliqué la technique utilisée pour prélever les jeunes pousses des différents plans de thé.

Finalement nous voilà enfin arriver dans la réserve. Lors de notre arrivée, nous sommes reçus par les rangers avec un bon verre de jus de mangue frais. Nous avons comme recommandations de nous préparer car nous irons immédiatement dans le parc puisque la journée est très avancée. Après une bonne douche rapide mais chaude (enfin!) nous voici tous prêts pour la grande aventure. Nous nous sommes bien aspergés de chasse moustique afin de prévenir les piqûres des moustiques qui pourraient nous transmettre soit la malaria ou la dengue.

Pour l’instant, ce que nous observons ce sont des buffles. Disons qu’avec toutes les vaches sacrées aperçues à Calcutta, la vue des buffles nous laisse de marbre. Après une demi-heure d’attente, nous retournons aux jeeps et on nous amène plus profondément dans la jungle. Près du cours d’eau que nous longeons, nous apercevons quelques oiseaux. Le soleil commence à se coucher ce qui nous offre un décor à couper le souffle. Après une légère collation et un coucher de soleil de toute beauté, nous avons la chance d’assister à un spectacle de danse locale. Plus tard, un appel lancé sur un walkie-talkie par un des rangers, un troupeau d’éléphants a été apercu non loin de la route où nous sommes. Je dois avouer que nous avons hâte de voir les éléphants mais il fait maintenant si noir et une brume dense envahie la jungle si rapidement qu’il est difficile de voir maintenant à deux pieds devant nous.

Lors du souper, on rigole bien car notre guide a déposé à chacune de nos places, un sac cadeau du parc sur lesquels apparaissent les différents animaux que nous aurions du apercevoir dans la réserve. Pour ma part, j’ai eu droit à celui où apparaissent les éléphants. Après une bonne journée de route, notre visite dans le parc et la nuit mouvementée de la veille en train nous sommes prêts à aller dormir.

Le lendemain matin nous quittons la réserve pour un trajet de trois heures qui nous amènera dans la région du Darjeeling, région réputée pour ses nombreuses cultures de thé. Je suis chanceuse puisque je suis dans le véhicule avec Monsieur Lee.

Pleins de petits villages bâtis à flanc de montagne s’étendent à nos pieds. Nous arrivons au centre pour les réfugiés tibétains où nous visitons les ateliers des tisserands et ont fait du magasinage. Mes premiers roupies sont investies dans l’achat de nombreux souvenirs confectionnés par les artisans du coin. Des châles, des chandails et des foulards sont les articles qui ont le plus de succès dans notre groupe. Nous revenons chargés comme des mulets dans chacun de nos véhicules. Au moment du départ je réalise que Monsieur Lee s’est trompé et est monté à bord d’un autre véhicule.

Après quelques heures nous arrivons finalement au Viceroy un très bel hôtel. Nous montons rapidement à nos chambres pour mieux nous habillés car la température est beaucoup plus froide à cette hauteur. Nous sommes tous très heureux car il y a de l’eau chaude. La salle à manger et le restaurant sont très chic. Je me sauve quelques minutes pour aller acheter quelques thés. A notre retour, il est décrété de se coucher tôt car demain nous devons nous levés vers les quatre heures du matin si nous voulons assister au lever du soleil à Tiger Hills (2 550 mètres). Je serai d’ailleurs surveillée de près puisque les prescriptions de mon docteur péruvien est d’être prudente en haut de 2500 mètres d’altitude.

Après une bonne nuit de sommeil, je suis prête à affronter la montagne. Je suis chanceuse car je suis dans le même véhicule de joyeux lurons. Nous nous amusons ferme à dépasser tous les autres véhicules qui convergent vers la même direction soit vers la montagne pour le lever du soleil. Je me sens surveillé par plusieurs paires d’yeux, le guide ayant mentionné mes petits problèmes de santé. A notre retour, avant de déjeuner nous nous arrêtons visiter un monastère tibétain Ghoom, l’un des plus réputés de la région. Comme il y a fête dans le coin concernant la déesse Durga, le guide nous suggère de nous rendre à pieds afin d’assister aux dernières festivités entourant la déesse Durga. Le centre-ville est animé et il a une parade avec pleins de gens costumés. Notre guide nous propose deux options pour notre après-midi soit du magasinage dans les boutiques environnantes ou une visite au jardin zoologique là nous pourrons voir des tigres de Bengale et peut-être des éléphants. J’opte pour le zoo. Monsieur Lee a opté à ma grande surprise pour le shopping avec les deux sœurs . Je laisse donc Monsieur Lee entre les mains du guide et des deux sœurs.

Lors de notre visite au zoo un drôle de phénomène se produit puisque nous avons l’impression de devenir à notre tour des attractions touristiques. La plupart des visiteurs, pour la plupart des indiens, nous arrêtent afin de se faire prendre en photos avec nous tous. A notre retour du zoo, nous sommes affamés. Nous avons une heure pour nous préparer pour le souper. J’ai décidé que pour le souper je porterai un sari. Les deux sœurs ont tenté de m’aider à arranger mon sari mais lorsqu’elles sont sur le point d’abandonner nous avons de l’aide inattendue. La jeune réceptionniste de l’hôtel qui observait notre manège depuis un certain temps est venue pour nous aider. Je suis maintenant prête à faire mon entrée dans la salle à manger et cela au bras de Monsieur Lee. Tout le monde a aussi revêtit pour l’occasion leurs vêtements indiens et nous avons beaucoup de plaisir à nous photographier les uns les autres. Je n’ai plus à m’inquiéter Monsieur Lee m’a belle et bien adoptée. Ce souper complète notre dernière soirée dans cette belle région du Darjeeling, le lendemain nous retournons prendre le train (?) pour cette fois se rendre en direction de Varanasi.

Rendue à la gare après un long trajet de retour, notre guide a trouvé des porteurs pour s’occuper de nos bagages. Je partage cette fois-ci le compartiment avec une famille indienne et Monsieur Lee. Celui-ci occupe la couchette en dessous de la mienne, je peux donc l’avoir bien à l’œil.

Nous sommes arrivés tôt le matin à Varanasi et notre transfert à l’hôtel ce fait rapidement. Notre hôtel est superbement décorée et très vaste. Nous sommes prêts à découvrir Varanasi. Nous nous y rendons en rickshaw.  Nous assistons en soirée à un Arti, c’est-à-dire à un rituel d’adoration avec chants et offrandes au feu sacré sur le bord du Gange. Les dévots déposent des lanternes sur des petits bateaux qui flottent sur la rivière, tandis qu’un groupe de prêtres récite les prières du soir au son de la musique des percussions.

Tôt, le lendemain, nus sommes de retour sur les bords du Gange pour faire une excursion en bateau sur le Gange. Nous pouvons apercevoir de loin quelques bûchers funéraires de la veille qui brûlent encore. Après une petite marche dans les ruelles où je garde toujours les yeux Monsieur Lee, nous nous rendons jusqu’à une école de musique. Là nous assistons à un petit concert et nous sommes initiés à quelques instruments de musique typique de l’Inde. Pour ma part c’est le sitar et j’ai même la chance d’avoir une petite leçon par un professeur de l’école.

Le dîner a lieu dans un resto qui surplombe le Gange et dont la vue sur les (gattes) escaliers qui descendent vers le Gange est extraordinaire. Nous prenons le temps d’admirer le paysage tout en dégustant notre repas. En soirée, j’en profite pour acheter dans les boutiques de l’hôtel d’autres souvenirs dont des pashminas dont l’un que j’ai l’intention de porter lors de la visite au Taj Mahal.

Aujourd’hui nous nous acheminons pour une dernière fois à la gare où cette fois le train nous amènera à Agra, ville où se trouve l’une des sept nouvelles merveilles du monde moderne soit le Taj Mahal. Ce voyage en train nous semble moins pénible, j’ai l’impression que nous nous sommes maintenant habitués à ce type de transport. Cette fois nous sommes tous couchés dans le même compartiment. Je n’ai pas à me tracasser pour Monsieur Lee car celui-ci dort maintenant comme bébé puisqu’il ronfle.

C’est un autocar qui nous attend à la gare pour nous amener à notre hôtel d’Agra. Un autre magnifique hôtel avec un portier qui ressemble au génie d’Aladin. Le fort Agra ressemble plus à un palais des milles et une nuit qu’à une forteresse. Nous avons la chance d’apercevoir au loin la silhouette du Taj Mahal dont la visite est prévue pour la journée du lendemain.

Les boutiques de notre hôtel regorgent de beaux souvenir, je me suis donc laissé tenter par l’achat de cravates elles sont en soie avec pour motifs de jolis éléphants. La seconde boutique m’a permis de faire l’achat de petits éléphants avec leurs trompes en l’air car  parait-il que cela porte chance. J’ai complété l’achat de mes souvenirs avec quelques miniatures du Taj Mahal.

En ce matin ensoleillé j’avais devant moi la Taj Mahal, l’une des sept nouvelles merveilles du monde moderne. Le Taj Mahal est une énorme mausolée de marbre blanc. Un superbe monument dédié à l’amour et qui fût construit en 1630 à la demande de Shah Jahan en mémoire de sa femme Mumtaj Mahal. Il est dit que la beauté du Taj Mahal ne peut se décrire en mot, que l’expérience doit être vécue.

Je dois avouer qu’effectivement il faut le voir pour le croire. Symétrique de tous côtés c’est un chef d’œuvre d’architecture.  J’en ai presqu’oublié ma mission tant la splendeur des lieux est fantastique. Indescriptible et inoubliable Inde avec ses nombreux contrastes et son Taj Mahal.

Aujourd’hui visite du Temple du Lotus, visite de la maison de Gandhi  et visite du Raj Ghât monument commémoratif à Gandhi où il fut inhumé le 31 janvier 1948. Nous sommes prêts à nous rendre pour notre dernier souper.  Donc, c’est le ventre plein mais le cœur gros que nous quittons Delhi pour nous rendre à l’aéroport. Même Monsieur Lee semble avoir perdu de son énergie et semble avoir hâte de rentrer chez lui. Pour ma part, ma mission est complétée avec succès mais je dois avouer que Monsieur Lee a été un gentil compagnon de voyage et qu’il m’a rendu la tâche facile. Selon notre guide, les effets de ce voyage en Inde vont se faire sentir pendant quelques semaines voire quelques mois car un voyage aux Indes laisse toujours des traces, on en revient changer.

C’est a suivre.

 

 

Sous observation (Chapitre 9, Complications Péruviennes)

Ma mission au mariage du Prince et de la Princesse aura été une expérience inoubliable, en plus j’avais été supervisé par ce cher Mike. Peu de temps après j’ai reçu par la poste mon paiement aux armoiries de la reine pour services rendus. Je ne me faisais cependant pas trop illusions d’être rappelé pour une autre mission. Encore là, je me trompais. Après avoir assisté à une marche nuptiale et royale en Angleterre, j’allais être appelé à faire une marche spirituelle.

Le contact fut établi  par Mike, qui en profita pour me donner de ses nouvelles par la même occasion. Cette fois, ma destination était le Pérou. Il fallait m’intégrer à un groupe de gens qui allait faire le sentier des Incas. Sois vigilante si jamais tu entends parler de notre agent qui est disparu, envoie moi un courriel. Demeure prudente et ne te sépare pas du  groupe et demeure dans le sentier. Ne t’aventure jamais seule où que ce soit….

J’embarquais pour ma première mission en Amérique du Sud. Ce voyage allait me donner la chance de voir une autre des nouvelles merveilles du monde moderne, le fameux Matchu Pitchu. Les péruviens célébraient cette année-là les cent ans de sa découverte. J’avais été emballé par l’itinéraire qui me permettrait de visiter Cuzco, Pissac, le lac Titicaca et enfin Lima. Nous avions été avisés d’amener des vêtements chauds puisque dans les montagnes et particulièrement en altitude les matinées et les soirées sont parfois très froides. J’optais néanmoins d’ajouter à la dernière minute, une paire de sandales, quelques t-shirts légers et ma mignonne jupe noire que j’adore puisqu’elle a pour avantage de ne pas se froisser. Je fermais donc ma valise en espérant n’avoir rien oublié.

J’ignorais alors que mon voyage ne se déroulerait pas du tout comme prévu, une variable que nous n’avions pas prévu aller modifier le cours de cette mission.

Nous étions huit personnes à prendre le départ pour ce voyage, sept femmes et un homme. Nous avions quitté dans la soirée l’aéroport de Montréal sur un vol d’American Airlines de trois heures vers Miami où là nous avions une correspondance.
Nous avons eu tout juste le temps de changer de terminal que nous montions à bord du vol LAN 2418 pour une durée de vol de huit heures vers le Pérou.

Lors de notre arrivée à Lima, capitale du Pérou, un représentant de l’agence nous attendait pour nous diriger vers le vol intérieur qui nous amènerait directement à Cuzco.
Arrivée à Cuzco, celui qui serait notre guide à destination nous attendait pour nous amener à notre hôtel. Après avoir défait les valises, nous avions rendez-vous pour une première rencontre. Une fois les présentations faites nous avons eu droit à une dégustation d’une infusion à base de feuille de coca. Petit rituel qui a pour rôle de diminuer les effets désagréables dus aux malaises causés par l’altitude. J’avais déjà énormément de difficultés avec les effets dues à l’altitude et cela juste avec la montée des escaliers de l’hôtel. Notre guide en a profité pour prendre des lectures de notre taux d’oxygène à l’aide d’un saturomètre.

Les premières lectures pour la plupart d’entre nous donnaient entre les 80 et 85. Ma lecture au saturomètre était de 82. Pour notre premier jour à Cuzco, le mot d’ordre était de relaxer afin de laisser le temps à notre corps de s’adapter. Nous avons donc dîné dans un restaurant familier de notre guide. Au menu, une entrée d’avocat, qui a fait le délice de nous tous, et pour plat principal une assiette de riz et de poulet. Après un arrêt au guichet automatique afin d’aller chercher quelques soles (monnaie du Pérou), nous sommes partis visiter les alentours du centre historique de Cuzco.

Après ce long voyage nous étions tous exténués. Notre premier souper a eu lieu dans un joli petit restaurant de Cuzco. Monsieur Darcy nous avait suggéré de prendre quelque chose de léger puisque l’un des effets désagréables de l’altitude est la nausée. Je me contentais donc pour ma part, d’une soupe repas.  J’avais énormément de difficultés à garder ma concentration et je piquais parfois du nez dans mon assiette. De plus, je grelottais malgré mes deux épaisseurs de chandail que je portais sur moi. Monsieur Darcy nous avait assuré que c’était tout à fait normal.

Pour cette première nuit au Pérou, j’ai bien dormi et je n’ai pas trop ronflé. Après un copieux déjeuner constitué de jus de fruits, de rôties, d’œufs brouillés et de café nous attendions sagement notre guide qui venait nous rejoindre. Première chose q’il a fait est les lectures au saturomètre pour voir comment notre corps réponds à l’altitude. Ma lecture est de 85. Monsieur Darcy nous rassure en nous expliquant que pour la plupart d’entre nous pour le lendemain nous aurons tous des lectures aux alentours de 90. Ce qui indique que le corps s’est ajusté au changement de pression et à la diminution de l’oxygène de notre environnement. Ce sera d’ailleurs les dernières lectures qu’il prendra.

Accompagnés de Dahlia, une autre guide, nous visitons le centre-ville de Cuzco. Nous visitons le marché central qui est très coloré avec des différentes odeurs  s’entremêlent. Dahlia en profite pour nous présenter les différentes sortes de pommes de terre qui existent au Pérou. Par la suite, nous nous dirigeons pour une rencontre avec le chaman pour la cérémonie de la terre mère. Des boîtes à lunch sont fournies par la compagnie de Monsieur Darcy.

Le souper a lieu dans un autre restaurant non loin de notre hôtel. Cette fois, une crème de courge en entrée et un bon filet de truite comme plat principal. Repas excellent cependant la consommation d’alcool nous est déconseillée jusqu’à la fin de nos trois jours d’adaptation. Nous nous contentons donc d’une spécialité locale, un jus de maïs à la coloration mauve et légèrement sucrée nommée chicha.

Ce matin, Monsieur Darcy nous retrouve pour l’horaire de la journée au même endroit qu’hier et dernières lectures au saturomètre, la plupart ont passé le cap du 90. Pour ma part, j’ai une lecture de 89. Aujourd’hui on revoit le Chaman, cette fois pour le cérémonial de l’eau, les boîtes à lunch sont encore fournies par Monsieur Darcy. Le chaman nous assure en terminant que nous passerons tous un voyage inoubliable.

Pour la soirée, nous avons droit à un souper spectacle. Présenté sous forme d’un buffet, plusieurs plats principaux et desserts nous sont offerts. C’est l’occasion pour nous de pouvoir goûter aux nombreuses spécialités culinaires du Pérou. Je tente ma chance en goûtant du quig (prononcé couille), c’est-à-dire du cochon d’inde, un mets typique du Pérou !! Je prends aussi un petit dessert le tout arroser d’un bon Sprite en espérant que tout cela passera sans trop de problèmes. Le spectacle est magique et très animé. Pour le retour à l’hôtel, nous prenons un taxi car mes jambes me semblent si lourdes et je suis à bout de souffle rapidement. À notre retour nous aurons les dernières nouvelles du pays dont les résultats des dernières élections fédérales.

À notre grande surprise nous apprenons que les deux partis soit les Libéraux et le parti du Bloc Québécois ont été rayé de la carte électorale du Québec. Une énorme vague orange a déferlé sur le Québec. Le parti NPD dirigé par un certain Jack Layton a changé le visage de la carte électorale du Québec.

Cette nuit, j’ai mal dormi, pas à cause des résultats des élections mais parce que j’ai beaucoup toussé. Je pense que la grippe que j’avais en quittant Montréal est entrain de se transformer en bronchite. J’en mène vraiment pas large ce matin.

J’ignore un peu ce que le groupe et Mike avaient prévu pour moi comme mission mais j’ai comme l’impression que mes plans ainsi que les leurs vont être bouleversés. Ce matin, je pioche dans mes œufs ce qui est loin d’être normal pour moi, mais où donc est passé mon appétit légendaire.

Je me force donc à avaler mon déjeuner car nous avons beaucoup de marche à faire aujourd’hui. Nous nous rapprocherons aujourd’hui de l’entrée de la Vallée Sacrée. Nous préparons donc nos valises car nous partons vers un nouvel hôtel. Darcy nous rassure, nous aurons droit ce matin à une récompense soit une marche d’une heure environ sur un sentier facile et cela avant d’arriver à Pissac, qui est la ville à l’entrée de la Vallée sacrée. Je m’endors beaucoup. J’ai de la difficulté de faire un pas devant l’autre, je suis à bout de souffle et de force. Je m’arrête de plus en plus souvent. Même la dame qui a 70 ans semble gambader joyeusement à côté de moi. Les autres sont vêtus légèrement culottes courtes et t-shirt. Moi, avec ma cagoule et mes jeans, je suis habillée comme un ours et j’ai des frissons. J’ai même envie d’aller m’étendre et de piquer un petit roupillon en compagnie des lamas et alpagas que nous croisons en chemin.

Au bout d’un certain temps, Monsieur Darcy s’approche, il semble inquiet et me demande alors si je vais bien. Je lui réponds que je suis essoufflée et que je n’ai qu’une envie de me coucher et tout cela entre deux sérieuses quintes de toux. Je m’effondre à genoux à quelques mètres de notre autobus. Je suis en train de leur taper une belle crise d’asthme…

Après une arrivée sur les chapeaux de roue à un centre de secours, on me couche sur une civière, là le docteur et son infirmière procède à un examen sommaire. C’est Monsieur Darcy qui sert de traducteur pour moi. Moi, je commence à perdre un peu conscience de ce qui se passe autour de moi. On me branche alors à une bonbonne d’oxygène.

La dernière lecture au saturomètre me donnait une lecture de 89, je suis maintenant à 55. Je suis loin de la note de passage, et je ne parle de note académique. Dans ma semi torpeur, j’entends prononcer le mot ambulancia. On va me rapatrier d’urgence en ambulance à Cuzco car mon état demande plus de soin. Monsieur Darcy a déjà transféré ma valise dans le poste de secours. Monsieur Darcy ne me lâche pas de tout le trajet en ambulance au sens propre comme figuré. Voyager en ambulance est déjà quelque chose mais sur ce chemin vers Cuzco cela devient presque du sport extrême. La chance que je n’aie pas le mal des transports, cela aurait pu devenir encore plus compliquer.

Nous rentrons dans Cuzco toutes sirènes ouvertes. À mon arrivée, on me dirige à la salle de radiographie, une radio de mes poumons est prise. On me fait revêtir un joli ensemble d’hôpital de couleur saumon. Pendant mon changement de costume, il y a des échanges verbaux entre Monsieur Darcy et un autre homme dont je ne connais pas encore l’identité.

Monsieur Darcy m’informe des différents scénarios possibles. L’un d’entre eux consiste à me donner de l’oxygène et par la suite je repart avec lui rejoindre les autres et je poursuis mon voyage. Cependant il faut attendre les résultats de la radiographie des poumons. C’est alors que le troisième personnage soit celui qui m’a parlé lors de prise de la radiographie entre dans ma chambre.

Le Docteur, Rodolfo, c’est son prénom, est l’un des docteurs spécialisé dans les maladies des poumons de l’hôpital. Il nous annonce les résultats de la radiographie avec preuve à l’appui puisqu’il a exposé la radiographie devant une fenêtre. Le verdict tombe, mon voyage est terminé, je fais un œdème pulmonaire. J’ai trente pour cent de mes poumons qui sont remplis d’eau, mon corps génétiquement constitué ne tolère pas l’altitude. Je devrai désormais me contenter de rester à des altitudes inférieures à 2500 mètres. J’essaie de ne pas laisser trop paraître ma surprise et mon désarroi. Monsieur Darcy semble lui aussi très surpris par cette nouvelle.

Pendant ce temps, les infirmières dont la plupart parlent qu’espagnol s’affairent autour de moi. On me pose une aiguille sur mon bras gauche qui sera connecté à deux poches de solutés tandis qu’à ma droite trône une immense bonbonne d’oxygène. Elle ne me quittera pas de tout mon séjour à l’hôpital. D’ailleurs je devrai porter un masque à oxygène en permanence durant tout mon séjour en altitude. Le docteur nous avise que j’aurai comme traitement des sessions dans une chambre hyper barre, la première session étant prévue pour la soirée. Monsieur Darcy me quitte en me promettant qu’il sera là pour m’accompagner à ma première séance dans la chambre hyper barre. Il doit passer au bureau afin de donner les dernières nouvelles et rassurer tout le monde.

J’ai beaucoup apprécié ce premier repas à l’hôpital,  le repas était composé d’une bonne soupe chaude aux vermicelles avec comme plat principal une assiette de riz avec une poitrine de poulet accompagnée de légumes et d’un petit Jello à la lime comme dessert. Après le repas, j’ai somnolé la majeure partie du reste de l’après-midi. Je dois bien m’alimenter avant une visite dans la chambre hyper barre car après une séance de une heure, le corps tombe en hypoglycémie.

Je quitte ma chambre plus tôt que prévu et on me débranche de mes solutés et on change mon gros masque à oxygène pour un plus petit. Une infirmière me suit avec une petite bonbonne d’oxygène tandis qu’une seconde infirmière me transporte dans une chaise roulante. Une bonne couverture chaude me couvre lors de chacune de mes sorties puisque la fameuse chambre hyper barre se situe dans un autre hôpital.

Lors de cette première visite, on m’a demandé d’enlever tous mes bijoux. J’ai fait la rencontre d’une gentille doctoresse, Nina, de son prénom, qui parle un peu l’anglais. Elle et son équipe sont très gentils et professionnels. Même le conducteur de l’ambulance m’impressionne car conduire dans les rues étroites du vieux Cuzco c’est déjà quelque chose mais conduire une ambulance dans ses petites rues cela tiens est un tout un tour de force. Je vous défi de tenter l’expérience sans écraser quelqu’un !!

À mon retour, j’attends donc avec impatience les résultats à savoir si j’ai bien répondu au traitement dans la chambre hyper barre. J’ignorais comment je pourrais faire parvenir de mes nouvelles à Mike et le groupe.

Le fonctionnement du traitement en chambre hyper barre n’est pas trop compliqué, il consiste à recevoir une dose massive d’oxygène à 100% allongé dans un long tube transparent. Je suis emmitouflée dans une bonne couverture et pendant une heure trente à deux heures je reçois de l’oxygène qui me permets d’évacuer l’eau dans mes poumons. Durant cette période je laisse mon imagination divaguée et parfois même je dors. Je tente de centrer mes idées sur des pensées positives, pas de pensées négatives dans le tube.

C’est seulement le lendemain matin que j’ai des nouvelles concernant les résultats de mon traitement dans la chambre hyper barre et ce par le séduisant docteur. Monsieur Darcy a passé la nuit à mes côtés. Juste après le départ de Monsieur Darcy, le gentil docteur est apparu pour m’annoncer une bonne nouvelle, j’avais bien répondu au traitement. J’aurais donc trois autres traitements dans la chambre soit un dans la matinée, le second dans l’après-midi et un dernier en fin de soirée. J’ai donc eu droit à de bons petits déjeuners avant le traitement et à mon retour. Comme j’ai des drogues qui circulent dans mon organisme, j’ai un peu le cerveau comme du pudding. Je ne suis donc pas vite, vite. J’imagine qu’avec les contacts que Mike a partout, il doit être maintenant au courant de la situation et comme je suis en bonne main, il se tient tranquille.

Tout en somnolant j’écoute les nouvelles à la télévision. Après presque dix ans les américains ont finalement mis la main sur le fameux Ben Laden. Le débat sur la chaîne de télévision CNN consiste à savoir va-t-on avoir droit oui ou non aux photos de son cadavre. Ces américains toujours égaux à eux-mêmes.

Je dois avouer que je me sens un peu comme sur un nuage et je roupille souvent. À mon retour de la chambre hyper barre, le processus reprends on m’injecte de petites ampoules à partir de mes solutés. On me donne des pilules, soit une pilule pour la pression, un autre contre les maux de l’altitude et une dernière pour l’estomac. C’est elle la plus dégueulasse. Après c’est la lecture de mes signes vitaux soit la prise de la pression et de la température sous l’aisselle.

À mon réveil, j’aperçois Monsieur Darcy, celui-ci me donne les dernières nouvelles et le plan pour les prochains jours. Si tout se déroule bien je serai transférée à Lima dans le courant de la journée de jeudi. Comme il semble que je n’ai pas besoin d’être hospitalisé, une réservation sera faite dans un hôtel de Lima. Mes trois premières nuits se passeront donc à l’hôtel San-Augustin.

Mon beau docteur ne veut pas que je prenne l’avion avant au moins cinq jours afin de bien me remettre car mon cœur a travaillé fort. Les autres réservations se feront au jour le jour par le groupe de Monsieur Darcy. Malheureusement, les assurances couvrent seulement le déplacement de quelqu’un de la clinique et de la patiente. Ce qui fait que Monsieur Darcy gardera contact avec moi par téléphone et me déléguera l’un de ses associés qui se trouve à Lima. Ce sera un membre de l’équipe médical qui aura la tâche de m’installer à l’hôtel. Je me rends donc vers la fin de l’après-midi pour un autre traitement. On m’annonce alors que j’aurai le traitement normalement prévu dans la soirée seulement  le lendemain matin, soit avant mon transfert à Lima. Le lendemain matin on vient me chercher pour mon ultime traitement dans la chambre hyper barre. J’ai droit à un petit jus super sucré, le déjeuner suivra à mon retour.

De retour, on me déconnecte finalement de tous mes tuyaux. Je prends mon petit déjeuner. J’aurai même droit à une douche. Le grand luxe !!  On me branche sur une petite bonbonne et je prends une dernière fois l’ascenseur en chaise roulante. Arrivée à la sortie, c’est un taxi qui nous attend. Monsieur Darcy est chargé comme un mulet avec mon sac à dos et ma grosse valise rouge. Tandis que c’est le beau docteur qui finalement m’accompagnera jusqu’à Lima. Pendant que le Docteur rempli les papiers pour l’autorisation de transporter l’oxygène, j’attends bien sagement. Nous embarquons assez rapidement. Le voyage de Cuzco à Lima se fait en bonne partie en silence, celui-ci s’informe de mon état et si je me sens bien. Je vais lui jaser, ça va m’éviter de penser à ma tête qui tourne un peu. Nous échangeons sur un peu tous les sujets que ce soit des voyages en passant par le cinéma. Le débarquement de l’avion a lieu et j’attends bien sagement le docteur et ma valise.

J’ai bien aimé la randonnée en taxi jusqu’à mon hôtel si bien que je ne me suis pas aperçu que le trajet entre l’aéroport est si long. J’étais si bien en compagnie du beau docteur que je tentais ma chance en invitant celui-ci pour souper afin de le remercier de toutes ses gentillesses. À ma grande surprise, il a accepté sans hésitation. En plus d’être un excellent docteur, j’avais trouvé en Rodolfo, un excellent guide touristique. Il m’avait imposé une seule condition que je fasse une bonne sieste puisque le début de la journée pour moi avait été dur physiquement.

Je n’aurais pas voulu manquer cette soirée en sa compagnie car j’ai l’impression que ce soir-là avoir été seule pour mon premier soir à Lima j’aurais été déprimée. Vers les sept heures trente j’étais dans le lobby pour l’attendre. Il s’excusait car les commandes pour son matériel d’hôpital avait été plus long que prévu. Avec son beau sourire j’étais prête à tout lui pardonner. J’en profitais pour me familiariser avec les alentours afin de bien m’orienter pour les prochains jours. Après avoir marché quelques minutes nous sommes arrivés à un complexe de magasins et de restaurants juchés sur la falaise soit le complexe commercial du Lacomar, situé dans le quartier de Miraflores. C’est le lieu fort animé, l’endroit de prédilection du docteur quand celui-ci vient à Lima.

Après avoir discuté du choix du restaurant, nous avons opté pour celui situé face à la mer. Nous avons pris le temps de souper, un souper qui s’est étiré sur deux  bonnes heures. J’ai même eu droit à un verre de vin, un bon vin blanc chilien sur recommandation du médecin. Je n’oublierai pas cette soirée de sitôt et elle restera longtemps dans ma mémoire. J’ai l’impression de n’avoir pas trop monologué. Je me rappelle une question en particulier que Rodolfo m’a posée durant le repas et qui m’a laissé pensive. Il voulait savoir s’il y avait quelque chose que j’aimerais avoir de Cuzco. Il m’a alors avisé qu’il revenait à Lima le lundi suivant il en profiterait pour venir voir mon état et me porter quelques petits souvenirs. J’avais décroché le jackpot des docteurs. Une fois le repas terminé, toujours soucieux de mon état de santé, Rodolfo m’a demandé comment je me sentais et il m’invitait au cinéma. Comme par miracle, je ne ressentais aucune fatigue et surtout je voulais profité de ce beau moment avec mon beau docteur.

Après la représentation le retour s’est fait cependant fait en taxi. C’est Rodolfo qui a réglé la note. Il était minuit quarante-cinq, une journée bien remplie pour une convalescente.

Le lendemain lorsque je me lève je me sens comateuse. Je crois que je suis en train de finir d’évacuer tous les médicaments que j’ai dans le corps. Après un léger déjeuner et une rapide exploration des lieux, je reviens et je me recouche. Ce soir-là, je m’offre une première dans ma vie de voyageuse, je commande un repas à ma chambre. Autant oublier cette journée.

Samedi, je retrouve enfin en moi la voyageuse. Je prends donc mon guide touristique sur le Pérou que je feuillette tout en prenant un bon dîner face à l’océan Pacifique. Mon choix est fait afin de ne pas trop m’épuiser je vais prendre un tour de ville en autobus. C’est donc le centre de la ville et le vieux Lima qui est prévu au programme. Je reviens dans la soirée complètement vidée.

Demain dimanche fête des mères et je dois déménager d’hôtel. Aucune nouvelle de Mike et du groupe m’ont-ils oublié ?

Dimanche, je prends un petit déjeuner une dernière fois à l’hôtel St-Augustin. Comme ma chambre n’est pas encore prête au nouvel hôtel, je m’assoie dans la salle à manger de mon nouvel hôtel et je débute l’écriture de mes notes sur mon voyage. Je viens de débuter d’écrire lorsque un maigrichon homme péruvien se présente devant moi.  Luis  est l’un de mes anges gardiens qui m’est attitré par Monsieur Darcy à Lima. Devant un bon café, il me vante les beautés à visiter de Lima et du Pérou. Je dois lui donner cela c’est un bon vendeur. La chambre que j’ai dans cette hôtel est très spacieuse et le lit est immense.  J’ai finalement un vol de retour seulement pour le mercredi en soirée.

Durant la soirée j’ai une douce pensée pour mon gentil docteur. Je tente donc de le rejoindre par téléphone. Il passera me voir une dernière fois pour vérifier mon état de santé. J’adore m’asseoir face à la mer et laisser dériver mes pensées. Au retour je revêts mon pyjama et je commence à somnoler. C’est la sonnerie du téléphone qui me réveille en sursaut. C’est mon docteur!  J’enfile donc des vêtements à grande vitesse. Je déboule littéralement à la réception où il m’attend bien sagement. J’atterris littéralement dans ses bras à la suite d’une glissade car je suis chaussée que de mes bas. Encore une fois, il est impeccablement séduisant. Il me tend alors mes petits souvenirs de Cuzco. Je le remercie de tout cœur pour tout ce qu’il a fait pour moi. Quel dommage que je n’ai pas quelques années de moins car il est très attirant et que je serai tentée. Je me contente de lui faire un gros câlin et de lui donner un léger baiser sur les lèvres. Je lui demande une dernière fois ce qu’ils peuvent bien mettre dans cette foutue d’oxygène pour que j’aie des idées pareilles.

Le lendemain après l’achat de quelques  souvenirs, je retourne une dernière fois prendre un bon repas face à l’océan. Je suis maintenant en route vers l’aéroport en compagnie du maigrichon Luis et le chemin vers l’aéroport me semble bien long.  L’enregistrement des bagages se fait sans problèmes et c’est avec soulagement que je dis au revoir et merci à Luis. Il aura pris son rôle très au sérieux jusqu’à la fin.

Après un vol de cinq heures, où j’ai dormi la plupart du temps, j’atterri à Miami pour mon transfert vers Montréal. C’est avec un grand soupir de soulagement qu’après trois heures de vol, j’arrive enfin à la maison. Je ne suis pas prête d’oublier ce voyage au Pérou…. Cette histoire s’est quand même bien terminée, je ne suis pas morte, cependant j’ai vécu quelque chose de spéciale sur cette montagne. J’y ai découvert quelque chose j’y ai même peut-être trouvé ce qu’on appelle une âme sœur.

 

 

Sous observation (Chapitre 8, Mission de protection à Londres)

J’ai reçu l’avis pour cette mission par courriel bien avant que la nouvelle soit diffusée officiellement dans les médias. Je devais assurer la protection de quelques invités qui devaient assister au mariage du Prince William et de Catherine (Kathy) Middleton. Mariage qui serait célébré à la fin du printemps à Londres. Mariage fastueux s’il en est un !!

La canonisation du frère André avait été un événement très spécial pour moi, mais assurer la protection de gens à un mariage me dépassait complètement. Mike avait été nommé grâce à sa nouvelle fonction responsable de la sécurité des membres de la famille Middleton. Le groupe lui suggérait fortement d’être accompagné. Il avait donc songé à moi. J’allais avoir un défi de taille à relever. Le groupe me donnait la chance de faire mes preuves et cela sous la supervision de Mike. Ma première mission de protection.

J’avais lu quelque part, que les Anglais sont très pointilleux sur le protocole et le décorum lors d’un mariage. En plus, qu’il soit royal ne simplifierait sûrement pas les choses. J’ignorais complètement tout de l’étiquette royale ainsi de ce que je devrais porter pour ma mission pour ce mariage. Mike attendait ma réponse pour la fin de l’année. Après avoir pris les arrangements nécessaire auprès de mon entourage et que ma décision fut prise, je lui est envoyée ma réponse. Par la suite, il m’a donc faite parvenir le programme des préparatifs qui allait précéder le mariage ainsi que le plan pour le grand jour. Il y aurait beaucoup d’effervescence au Buckingham Palace ainsi qu’aux alentours de l’Abbaye de Westminster puisque c’est là que serait célébré le mariage. J’en avais déjà le tournis, j’imagine facilement ce que William et Kathy pouvaient ressentir.

Retrouvailles avec Londres

J’arrivais sur un vol privé en partance de l’aéroport de Montréal, le lundi de la semaine précédente le mariage, un peu juste à mon avis mais c’était sans penser à l’efficacité d’organisation du groupe et en particulier du beau Mike.

Je l’ai trouvé très drôle lorsque à l’aéroport je l’ai aperçu tenant une jolie pancarte avec mon nom écrit dessus. Il voulait m’empêcher de tourner en rond comme lors de ma première visite à Londres. En route, il m’a résumé les grandes lignes de ce qu’on attendait de moi pour les prochains jours. A bord de sa nouvelle BMW, il m’a amené à ce qui semblait être un Bed & Breakfast mais en réalité c’était plus une pension de famille qui abritait à l’occasion les membres du groupe.

Ce que j’ai réussi à retenir de son résumé est que le mot d’ordre demeurerait toujours d’avoir l’œil ouvert.

Ce qui m’a surpris le plus est qu’on m’avait assigné la place près du chauffeur soit à l’avant du véhicule qui amènerait Kate et son père à l’église le jour de la noce. Lorsque j’ai regardé par la suite certaines reprises à la télévision, on peut m’entrevoir rapidement lors de l’arrivée devant l’église. Mon visage est d’ailleurs voilé par le grand chapeau noir avec le ruban blanc que je portais à ce moment-là.

Deuxième point qui m’a surpris je ne serai pas seulement de service pour la noce mais pour au moins trois autres événements précédant le mariage.

Je suis encore sous le choc des responsabilités que je vais devoir remplir dans les prochains jours.

Je souhaite maintenant aller me coucher, mais le beau Mike ne voit pas encore les choses de cette façon.

C’est maintenant l’heure des retrouvailles, fini le travail. Mike de me dire: tu m’as manqué my dear lady. À moi aussi tu m’as manqué mais cependant laisse-moi juste quelques minutes pour pendre une douche et je dois lui avoué que j’ai un peu faim. La douche m’a fait tant de bien que lorsque je me suis allongée en attendant que revienne Mike avec quelques choses à grignoter, je me suis endormie.

Ma sieste m’a fait le plus grand bien et avec un tel ange gardien à mes côtés, je comprends pourquoi j’ai fait de si beaux rêves. Je dois te quitter my lady, je reviens déjeuner avec toi demain et je t’amène une surprise.

Surprise matinale

J’ai réussi à bien dormir malgré le décalage horaire. Si bien que c’est vers les dix heures que je suis descendue pour le petit déjeuner. Mike était déjà attablé devant une moitié de pamplemousse et en compagnie de ladite surprise, une très jolie jeune femme, je devrais plutôt dire une vraie lady. Je te présente Margaret, une styliste renommée de Londres, et ma sœur.

J’ai toujours cru et eu une confiance aveugle en Mike mais ce matin-là mon niveau de scepticisme à monter de plusieurs crans et celui de la confiance a descendu de plusieurs crans. Dans le métier que Mike exerce, créer des preuves pour convaincre quelqu’un se fait aussi facilement que pour nous se brosser les dents. J’étais donc sur mes gardes.

Mon expression faciale n’a pas dû laisser de doute sur ma surprise et mon scepticisme. Si bien que sur un léger signe de tête de Mike, sa sœur m’a mis sous le nez une photo de famille. Cette photo était juste assez récente pour que je puisse les reconnaître, que mon niveau de scepticisme redescendre à un niveau raisonnable et que celui de la confiance remonte.

Une fois remise de mon choc, la question que j’ai posée. Qu’est-ce que je vais avec cette jolie styliste?

Réponse de Mike, l’une de votre spécialité mesdames, du shopping bien sûr! Car tu vas avoir besoin de tenues particulières pour les différents événements à laquelle nous devons assisté. Margaret est là pour t’aider à faire des choix éclairés pour toutes ces tenues ainsi que pour les accessoires nécessaires pour cette mission des plus spéciale. Par la même occasion, elle va te faire rencontrer quelques designers anglais ainsi que de te faire découvrir leurs boutiques. Quelques-unes de celles-ci sont des plus réputées dans tout le Royaume Unis.

Je songeais dans mon for intérieur que j’avais tout un défi devant moi. Avec mes cinq pieds quatre pouce et quelques kilos de trop, ce ne sera pas chose facile. Donc après ce résumé de la journée et après le déjeuner, le premier arrêt prévu aura lieu chez la couturière pour la prise de mes mesures. À ma grande surprise, Mike va nous accompagner dans notre virée des magasins. Il veut s’assurer que nous ferons de bons choix. Puisque tu seras accroché à mon bras autant que ce soit à mon goût. Modeste le bel anglais! Cependant il nous avoue qu’en réalité c’est qu’il veut voir mes achats afin qu’il puisse harmoniser ses vêtements aux miens.

Shopping

Pour cette première journée de retour à Londres, je vais passer ma journée à tourner en rond mais cette fois chez la couturière. Après un passage rapide chez la couturière nous voilà chez le premier designer où j’ai l’impression de faire pâle figure devant tous ses magnifiques mannequins qui défilent devant nous pour nous présenter quelques nouveautés de leur boutique respective. Je me demande comment peut faire Mike pour demeurer si impassible devant tant de beautés. Pour ma part, j’essaie de me concentrer sur les différents modèles, sur les couleurs et les types de tissus. Beaucoup de choses à penser pour une débutante comme moi, par chance que Margaret est là pour me conseiller et prendre des notes.

Après trois boutiques et deux designers, je demande une pause et nous restaurer. Lorsque nous sommes tous attablés en attendant notre commande, je pose quelques  questions concernent le type de cérémonies à lesquelles nous allons assisté ainsi que le genre et le nombre de tenues nécessaires.

Sur la liste que Margaret m’a préparé, il est inscrit que j’aurai besoin d’une tenue sportive, d’un ensemble veston et jupe, une robe pour un Garden party, une robe longue pour la soirée du souper officiel, une robe longue pour la noce et bien sûr tous les accessoires pour compléter ses tenues soit des colliers, des chapeaux et des souliers. Mike souligne qu’il y a certains items  qui ne sont pas notés sur la liste. Sa sœur lui jette  un regard étonné et lui demande ce qu’il peut manquer à sa liste. La lingerie, c’est très important, car c’est moi qui aura peut-être l’occasion  d’en profiter. Margaret est maintenant rouge comme une pivoine.

La chance que nous sommes à ce siècle et que Margaret est une femme, car je crois bien que si l’arrivée du repas n’avait pas détourné leur attention à ce moment-là, Margaret aurait fini par provoquer en duel Mike pour le non respect des convenances, ou encore lui planter sa fourchette avec laquelle elle jouait nerveusement depuis un certain temps.

Mais quel idée j’ai eu d’accepter de t’aider, rappelle-le-moi la prochaine fois mon cher quand tu auras besoin de mes services. Margaret avoue cependant qu’il n’a quand même pas tout à fait tort sur ce point, même si les raisons citées ne sont peut-être pas les meilleures pour justifier ces achats dans son rapport.Tous les détails sont importants pourquoi ne pas porter un soin particulier sur les dessous aussi. De toute façon, c’est le groupe qui assure tout le frais, les dessous compris. C’est un peu pourquoi mes dames que je me dois de rester avec vous afin de m’assurer que rien ne sera oublié et que le budget sera respecté. C’est à mon tour de chercher un couteau ou une fourchette à lui planter dans le cœur. Malheureusement, le serveur à tout enlever, il ne reste que la petite cuillère à café. Chanceux le beau Mike! Encore une fois tu as été sauvé et cette fois par une petite cuillère à café et l’arrivée du dessert…

Cette fin de journée restera pour moi inoubliable, puisque par un heureux hasard, nous avons croisé Sir Elton John à la sortie d’une des boutiques où Margaret nous avait amené. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai eu mon coup de cœur pour la robe que je porterai pour la noce. Une longue robe noire des plus classiques avec une encolure bordée d’une fine ligne blanche sur le buste et sur le haut des épaules. L’encolure permet de recouvrir légèrement les épaules et de rendre invisible le tatou que j’ai sur l’une de celles-ci. En apercevant l’expression de Mike à ma sortie de la salle d’essayage, je sais que j’avais trouvé « la robe ».

Depuis le dîner Mike s’est tenu relativement tranquille. Je me doute que cela ne durera pas car je vois poindre son petit sourire narquois sur ses lèvres qui je sais n’augure rien de bon. Il mentionne alors que si les bordures blanches auraient été dans mon dos on pourrait me confondre avec une jolie mouffette. Une chance pour lui que c’est à ce moment-là que sa sœur a choisi pour l’envoyer nous chercher une petite collation.

Comment pouvez-vous fréquenter avec un type pareil? m’a-t-elle demandé avant de retourner son attention sur le choix d’un chapeau. Je dois avouer que je n’aurai vraiment pas su quoi lui répondre. Nous avions finalement trouvé ce qu’il fallait comme vêtements pour la noce, un record selon Margaret. Les accessoires tels les magnifiques escarpins noirs avec des talons qui me permettrait de piquer un sprint en cas de besoin ainsi que le chapeau noir à large bord avec sa bordure blanche complétait bien l’ensemble. Cette robe était faite pour moi, elle me faisait comme un gant. A propos de gants, une longue paire de gants noirs assortis à ma robe qui montait jusqu’aux coudes sont venus compléter nos achats.

Le temps passait rapidement et ils nous restait encore beaucoup de choses à acheter. J’avais été chanceuse d’avoir trouver rapidement ma robe pour les noces mais moins  chanceuse concernant l’achat des autres tenues.

Nous allions donc avoir recours aux services de la couturière pour la confection des autres robes soit celle du Garden party et celle du repas de présentation.

J’en avais presque oublié Mike, mais où est-il donc passé? Margaret, de son côté, n’avait pas l’air inquiète mais plutôt soulager qu’il ne soit plus dans nos pattes.

À la fin de cette première journée de magasinage, j’étais vidée. Énergie zéro. J’ai laissé un message sur la boîte vocale de Mike l’informant que s’il me cherchait je mangerais à la résidence et que je me coucherais tôt car cette journée de magasinage m’avait lessivé.

Shopping jour 2

Le lendemain matin vers les onze heures, ce fut Margaret qui m’attendait seule et cette fois nous étions en limousine. Comme j’étais un peu gênée et hésitante, elle m’a vite rassuré, je suis une styliste réputée alors pourquoi ne pas s’offrir une petite gâterie de temps en temps. Alors en voiture!

Durant le trajet, elle m’a informé que Mike avait été retenu par une affaire urgente. Il viendrait nous rejoindre plus tard. Margaret m’a avoué que lorsqu’elle avait mentionné à son frère que nous passerions une partie de la journée chez la couturière, il n’avait pas hésité une minute pour se trouver une excuse afin de ne pas venir.

Il faudrait que je pense à demander deux choses à Mike, la première pourquoi il détestait tant les couturières et la seconde si sa sœur savait exactement ce qu’il faisait dans la vie.

Ce mercredi, fut le plus long que la terre est faite, prise de mesure, tourne, pique, retourne, repique. Je me serais cru à une séance chez l’acupuncteur.

Grâce aux informations notées par Margaret lors de nos visites chez les designers, le choix des tissus et des modèles a été facilité. J’allais avoir une robe mi- longue à crinoline dans le style des robes des années soixante (genre Mad Men). J’ai hésité au début entre deux motifs soit celui avec les roses et celui avec des fleurs jaunes et vertes. Après réflexion et suite aux judicieux conseils de ma styliste personnelle, j’ai opté finalement pour le tissu à motif floral jaune et vert. Devant le miroir ce tissu mettait en évidence ma courte chevelure auburn. Ma chevelure serait légèrement camouflée par un joli petit bibi confectionné avec ce même tissu et muni d’une jolie voilette blanche. Des petits gants blancs en filet et une petite bourse de couleur jaune citron compléteraient l’ensemble.

Voici une brève explication concernant le port du chapeau en Angleterre. Pour un Garden party, comme le tout se déroule à l’extérieur donc possibilité d’une forte exposition au soleil, on doit donc se munir soit d’un chapeau ou d’une ombrelle ou encore les deux. Pour une noce, comme celle qui nous intéresse, qui se déroulera autant à l’intérieur qu’à l’extérieur le port d’un chapeau est fortement recommandé. Coutume anglaise qui trouve sa source à l’origine de la coquetterie des dames anglaises concernant la couleur de leur peau. Une peau blanche était reconnue comme des plus séduisantes donc les dames devaient se protéger du soleil, soit par le port d’un chapeau ou la tenue d’une ombrelle afin de préserver leur teint le plus pâle possible. Je rajouterai que pour ma part cette coutume a encore plus sa raison d’être et ce surtout à cause des mauvais rayons du soleil. Un autre exemple me concernant, pour le bal de présentation comme tout l’événement se déroulera à l’intérieur je n’aurai donc pas besoin de chapeau. Fin de l’exposé concernant le port des chapeaux.

En ce qui concerne le Garden party, je dois me trouver des sandales et celles-ci doivent avoir des talons hauts, mais nous nous occuperons de trouver ces souliers après le lunch, mon estomac commence à crier famine.

Au restaurant, Margaret et moi, nous préparons à déguster des Fish and chips. Je demande alors à Margaret si je devrais danser. Je ne pense pas puisque selon ce que Mike m’a expliqué vous serez  là pour surveiller, pas pour danser. Qui parle de danser ici? C’est le beau Mike, que Margaret a rejoint sur son téléphone, qui vient enfin se joindre à nous. Des Fish and chips. Souvenirs! Souvenirs! C’est notre premier repas que moi et Mike avons pris ensemble. Je m’en souviens et cela me semble déjà si loin!

Nous nous dépêchons car cette après-midi nous avons rendez-vous pour le choix de la robe pour le souper de présentation. Ce souper consiste à réunir les deux familles ainsi que quelques personnages importants la veille de la noce et il se déroulera un bal dans la soirée et où les invités pourront danser.

Arrivée à la boutique, nous sommes dirigés vers un salon où une multitude de tissus et de modèles nous attendent. J’en profiterai pour faire d’une pierre deux coups en choisissant le tissu pour mon ensemble veston et jupe, d’un bleu marin dans une coupe classique, costume que Mike m’a assuré que je pourrai garder par la suite. D’ailleurs toutes les tenues me resteront puisqu’elles ont été confectionnées pour moi.

Le défi est de taille puisqu’il faut me trouver une robe longue pour le souper qui sera suivi d’un bal. Je dois d’ailleurs comme pour les autres occasions porter un petit pistolet sous ma robe selon les conseils de Mike. Ce que j’espère est de ne pas avoir à l’utiliser. L’installation de la chose est assez simple une bande de velcro et le tour est joué. Il est impossible à moins de posséder une vue extraordinaire de détecter mon pistolet sous mes vêtements. Bien sûr, il est contre indiqué de porter des vêtements transparents.

Finalement, pour le souper de présentation, mon choix s’est arrêté pour une longue robe d’un bleu ciel fendue sur l’un des côtés. Ma robe sera munie de minces bretelles, d’un bustier dont le tissu sera superposé afin de donner l’impression d’avoir un peu plus de buste, par la suite le robe tombera droite jusqu’au sol. Un châle, pour la forme, puisque le bal se passera en grande partie à l’intérieur, sera confectionné à partir du même tissu ainsi qu’un sous bras. Mike a alors spécifié à sa sœur qu’il préférait que je porte le même style de bourse que pour les autres tenues. Je veut qu’elle est une bourse qu’elle puisse s’accrocher à l’épaule, autour du cou ou ailleurs si cela lui chante, je m’en fiche, l’important est qu’elle ai les mains libres en tout temps. J’interromps la tirade de Mike en lui mentionnant que je ne me vois pas saluer la Reine avec une sacoche accrochée autour du cou. Et lui de me répliquer du tac au tac avec son flegme typiquement britannique que la Reine à quand même un peu le sens de l’humour. Une chance que la journée tire à sa fin car je suis fatiguée et l’humour de mon beau britannique ne me fait plus rire.

Margaret, en diplomate, décide de décréter une soirée libre pour tout le monde. Demain, jeudi, sera une autre journée bien remplie. Mike aura pour mission de passer à la boutique pour aller chercher ma robe pour le mariage ainsi que les accessoires, tandis que de mon côté je dois me rendre pour les derniers essayages chez la couturière pour la robe du Garden Party et l’ensemble deux pièces dont j’ai besoin pour ma rencontre de vendredi avec la Reine. J’aurai au moins droit de porter mes souliers noirs à talons plats pour cette rencontre. Il ne faut pas oublier de prendre les sandales assorties avec l’ensemble du Garden Party.

J’ai l’impression qu’il va nous manquer de temps. Les rendez-vous, pour l’esthéticienne, le pédicure, l’épilation, la manucure et la coiffure ont été pris pour six heures samedi matin. On va devoir se lever aux aurores.

Margaret nous laisse en nous souhaitant une bonne soirée. Aller mes tourtereaux, c’est votre soirée, alors profitez-en! Mike est un peu dans le même état que moi, c’est-à-dire un peu étourdi mais aussi abasourdi par cette gentille attention de la part de sa sœur.

Pour ceux qui pensent trouver quelques détails croustillants dans les prochaines lignes, vous allez être déçus, vous pouvez donc passer au prochain chapitre. Pour les plus curieux, je continue mon histoire.

Donc ce soir-là, nous nous sommes bien permis quelques galipettes mais étant donné tout ce qui nous occuperait dans les prochains jours, nous étions plutôt dans nos bulles respectives.

Durant la soirée Mike à tenter de répondre le mieux possible à toutes mes nombreuses questions qui me passaient par la tête ainsi que de revoir les règles de protocole d’usage à la cour. Quoi qu’il arrive tu ne dis rien et tu gardes ton calme. Il va avoir plein de gens autour de toi pour te donner un coup de main si tu as des problèmes. Ils seront plusieurs à vouloir t’aider surtout si tu portes cette magnifique robe bleue. Tu vas en distraire sûrement quelques-uns. Hein! Qu’est-ce qu’elle a ma robe bleue?

Garden Party

Après une nuit des plus agitée non pas à cause du beau Mike mais plutôt par le stress et l’angoisse, nous étions prêts à passer à l’action.

Après avoir échanger un rapide baiser et pris quelques fruits pour manger sur le pouce, nous sommes partis chacun de notre côté.

Comme prévue, Mike devait passer chercher ma robe pour le mariage ainsi que les accessoires en plus de compléter ses propres achats. De mon côté je prenais possession chez la couturière de mon ensemble veston et jupe et de ma robe pour le Garden Party, qui devait avoir lieu cette après-midi là. Un dernier essayage a été nécessaire pour la robe bleue pour le bal de présentation du vendredi.

Après un léger repas je m’empressais de commencer de me préparer. Un coup d’œil au miroir m’a convaincu que malgré ma mauvaise nuit j’étais présentable. Mike devait passer me chercher aux environs de midi.

Margaret avait pris la peine de se déplacer pour venir me donner un coup de main. L’ensemble Garden Party m’allait à ravir, j’avais l’impression d’avoir rajeuni de dix ans. Seul l’ajustement de mon petit bibi à voilette nous a causé quelques problèmes. Avec mes cheveux fins, réussir à faire tenir ce petit chapeau sur ma jolie tête n’a pas été une mince affaire. Grâce aux doigts magiques de Margaret et l’aide de quelques barrettes, le petit bibi tenait en place. Nous terminions l’installation de la voilette lorsque Mike a fait son apparition.

Je dois avouer que mon gentleman anglais ne manquait pas de classe. Avec son ensemble fait d’un débardeur blanc orné d’une bande jaune, d’une chemise blanche à manches courtes et d’un pantalon blanc, il était aussi éblouissant que le soleil. Sa casquette blanche à visière jaune, lui donnait un petit air de jeune collégien.

Lorsque nous sommes arrivés, nous avons immédiatement pris nos positions. Je vérifiais une dernière fois que ma broche qui servait d’émetteur-récepteur était bien en place. Mike allait s’entretenir avec le responsable de la sécurité et l’aviser que nous étions en poste et  prêts.

J’étais à une bonne distance de la table de la famille Middleton afin de pouvoir apercevoir la famille ainsi que le va et vient des gens autour d’eux. Le soleil était resplendissant et aucun nuage n’est venu assombrir la fête. J’ai eu même des félicitations en ce qui concerne mon petit chapeau et sa voilette.

Tout s’est bien déroulé, le seul problème que j’ai eu a été d’un autre genre. Je dois avouer qu’il faisait chaud sous ma crinoline. Comme cette crinoline était confectionnée dans un tissu plutôt rugueux, le tissu avait tendance à coller et frotter ce qui irritait ma peau à certains endroits. À part ce léger inconvénient j’étais satisfaite de ma première journée de mission. Nous sommes d’ailleurs restés en poste jusqu’au départ des traiteurs soit en début de soirée.

J’avais juste hâte de pouvoir enlever mes hautes sandales et de marcher pieds nus dans l’herbe et comme nous avions eu la chance de grignoter ici et là nous n’étions donc pas très affamés. Nous avons donc opté pour une promenade dans un charmant parc situé non loin de notre gîte.

Mike avait changé son pantalon blanc pour un son vieux jeans et moi par une robe soleil d’un tout autre style que celle de l’après-midi. La main dans la main, nous déambulions en échangeant nos impressions sur ce que nous avions pu observer chacun de notre côté durant l’après-midi.

Après avoir passé presque trois jours intensifs dans les boutiques, j’étais en mesure de passer en revue la plupart des tenues des dames aperçus durant l’après-midi. Je dois avouer que certaines auraient eu besoin des judicieux conseils de Margaret dans le choix et l’harmonie des couleurs de certaines tenues.

Mike s’est plus concentré sur le genre des personnalités présentes, de leurs rôles dans l’entourage de la famille Middleton et de la famille royale. Il a bien rigolé lorsque l’un des oncles de Kathy s’est mis à chanter une petite chanson grivoise provenant des ancêtres irlandais de la famille. D’ailleurs certains n’ont pu résister à se joindre au vieil oncle pour certains couplets et cela au grand dam de certaines dames présentes.

Le lendemain, j’allais être présenté officiellement à la Reine comme étant l’une des gardes du corps attitré à la famille Middleton. Avec mon petit tailleur bleu gris, je donnais plus l’impression d’être une hôtesse de l’air que d’une garde du corps. Dans la soirée, ce serait le souper suivi du bal de présentation. J’ai donc eu droit ce soir là à un bon massage pour me détendre de la part d’un Mike des plus habiles. J’en ai profité pour lui demander s’il avait encore d’autres talents cachés dont j’ignorais l’existence.

Vendredi ou le bal des présentations

Le vendredi matin était arrivée et j’allais rencontrer en chair et en os la Reine Élisabeth. J’étais très excitée. Nous étions tous alignés dans le grand salon lorsque la porte s’est ouverte pour laisser Élisabeth, la reine d’Angleterre. Une grande Dame même si physiquement elle est plus petite que moi et d’une sérénité digne de son titre.

Des cent-vingt agents présents nous étions une quarantaine de femmes. Lorsqu’elle s’est présentée devant moi, je me suis inclinée en lui mentionnant mon nom et ma provenance.

On ne touche jamais à la Reine. Mike, qui se tenait à ma gauche, pouvait me traduire les propos de la Reine si celle-ci me poserait des questions. Le grand blond, qui se tenait à ma droite, semblait en pays de connaissance puisque la Reine lui a échangé un mot ou deux.

Toute une Dame….

Malgré tous ses préparatifs le tout s’est déroulé au grand maximum une quinzaine de minutes.

Mais je n’oublierai pas ce moment jusqu’à la fin de ma vie.

Après notre sortie de la salle d’audience, nous nous dirigions pour les préparatifs de la grosse soirée qui nous attendait. La coiffeuse et Margaret nous attendaient à la pension.

Comme je n’avais pas vraiment déjeuné et je n’aurais probablement pas la chance de manger au banquet, je me restaurais le mieux que possible selon ce que mon estomac acceptait.

Je passais en premier au maquillage et par la suite entre les mains de la coiffeuse.

Margaret m’a secondé dans mes préparatifs surtout lorsque j’ai revêtu la superbe robe bleu et elle n’a rien dit quand Mike est apparu pour installer mon micro et mon arme.

Mais qu’il était beau! Je crois que s’il m’avait demandé en mariage à ce moment-là, j’aurais accepté sur le champ.

Sa sœur m’a alors fait le commentaire suivant, méfiez-vous des apparences, il semble beau et à l’air d’un ange mais il est loin d’en être un et il peut être dangereux.
Ce qui m’a ramené sur terre, au moment présent et a répondu à de mes nombreuses questions. Sa sœur devait savoir beaucoup plus de choses sur lui que ce que je pouvais  penser.

Après les compliments et les embrassades, nous quittions la résidence à bord de la limousine qui nous avait été envoyé pour venir nous chercher.

Nous sommes arrivés au château où nous avons été dirigés dans un salon qui tenait de quartier général. C’est de cet endroit que serait géré les déplacements des agents. Pour ma part, j’étais placée à l’une des entrées de la grande salle à manger près des places où se tiendrait une partie de la famille Middleton.

Mike était de l’autre côté, un peu plus sur ma droite et situé près de deux diplomates de pays étranger qui était invité. Je l’apercevais à peine mais je l’attendais très bien.

J’avais l’impression d’avoir susciter beaucoup de curiosité de la part de certain de ses collègues. Comme il l’avait prédit j’ai eu droit à de nombreux regards assez éloquents concernant ma robe. Je dois avouer que Margaret et la couturière avaient fait des miracles, j’avais du style et en plus mes souliers ne me faisaient pas trop souffrir. Je portais ma petite bourse accrochée au bras lorsque la Reine m’a salué au passage en se dirigeant vers sa place.

Après les trois premiers services, nous avons eu droit à une pause. D’autres agents sont venus nous remplacer afin que nous puissions aller aux toilettes, fumer ou manger. Nous allions reprendre nos postes pour le service du dessert. Je n’ai pas eu la chance de croiser mon beau Mike à ce moment-là mais j’ai revu le grand blond du matin. Après m’être désaltérer et avoir pris une petite collation avec une retouche rapide au maquillage, j’étais prête à retourner à mon poste.

Une fois le dessert desservi, les convives se sont retirés pour se rendre dans la salle de bal. La salle à manger m’a paru immense mais la salle de bal était encore plus impressionnante. Comment retrouver quelqu’un dans si grand endroit car certains invités étaient conviés seulement pour le bal. Mais quel bal !!

J’étais subjugué par la danse d’un couple lorsque j’ai senti la présence de quelqu’un dans mon dos accompagné d’un merveilleux petit frisson qui a parcouru ma nuque. Je savais qui se tenait dernière moi sans qu’il ai a dire un seul mot.

Mon gentleman anglais me tendait la main, my lady, veux-tu bien m’accorder la prochaine danse?

J’allais répondre que je n’avais pas de remplaçant lorsqu’un agent s’est présenté pour prendre ma relève.

J’ai alors dansé la valse la plus mémorable de ma vie.

Je dois avouer que je ne sais pas vraiment danser mais j’étais dans les bras d’un danseur hors pair. Il possédait donc vraiment tous les talents ce Mike. Après deux autres danses dans les bras de mon anglais, il me tenait sous son pouvoir. Mike m’a ramené lentement mais sûrement sur terre en me rappelant que nous avions une autre grosse journée qui nous attendait le lendemain et que nous devions nous lever tôt. Ma belle Cendrillon, si tu ne veux pas que ton carrosse se transforme en citrouille, la limousine nous attends pour nous ramener à la maison.

Noce Royale

Lorsque je me suis réveillée ce matin-là je n’ai pu m’empêcher de penser à l’effervescence qui devait avoir lieu ce matin-là au palais et dans l’entourage du prince William ainsi que dans la famille de Kate.

J’ignore encore à quel rituel les Londoniens ont eu recours la veille pour obtenir du beau temps mais ce fut efficace puisqu’il a fait un temps splendide toute la journée.

Nous étions à prendre notre petit déjeuner quand la coiffeuse, l’esthéticienne et ma styliste sont débarquées à la résidence. Il était au environ de sept heures lorsque Mike,  est sorti de sa chambre tout frais coiffé et rasé. Avant que je commence à m’habille  et à revêtir la longue robe noire avec sa jolie encolure blanche, Mike m’a remis un cadeau à soit un beau bracelet en argent serti d’onyx. L’effet du bracelet sur les beaux grands gants noirs était fantastique. Ce cadeau pour me remercier pour ma présence et mon travail à mes côtés ainsi que pour ma patience lors des derniers jours surtout pour quelqu’un qui n’est pas familière avec cet environnement.

Effectivement je n’oublierai pas ses quelques jours qui se sont déroulés à un rythme effréné par rapport à mon rythme de vie habituel. Deux univers complètement différents. Après lui avoir déposé un léger baiser sur la joue afin de ne pas lui laisser de trace de rouge à lèvres et défaire mon maquillage, je retournais à Margaret pour terminer mon habillage et enfiler mes escarpins noirs. La vue que j’avais dans le miroir était une femme chic mais de style discret. Margaret semblait satisfaite du coup d’œil général.

C’est alors que Mike est apparu… j’en ai eu le souffle coupé. Je n’oublierai jamais cette vision de mon gentleman anglais.

Avec son habit grise à queue de pie assorti d’un veston noir, d’une chemise blanche avec sa cravate grise, de son pantalon qui s’harmonisait avec le tout et pour couronner le tout son chapeau, un haut de forme qu’il portait pour l’instant dans ses mains accompagner de gants gris, il faisait très distingué.

Mike nous a ramené moi et Margaret sur terre, en attirant notre attention sur le fait que le temps passait vite et qu’il voulait remettre à Margaret l’écouteur et mon petit pistolet afin que celle-ci puisse procéder à l’installation ainsi qu’à l’ajustement de ce matériel.

Une fois mon écouteur bien installé dans ma boucle d’oreille et mon petit pistolet installé sous ma robe au niveau de la fausse poche que j’avais sous ma robe. Le pistolet étant fixé de la même façon que la dernière fois soit avec une bandelette de velcro. Il ne me restait maintenant qu’à ajuster mon chapeau noir avec son large bande blanche et j’étais prête.
Pour sa part, Mike portait son récepteur dans son épingle à cravate et son arme sous l’aisselle gauche de son manteau à queue de pie.

Nous allions rejoindre la famille Middleton à leur hôtel par la suite le cortège se mettrait en branle en direction de l’Abbaye de Westminster.

Une Surveillance Royale

Après avoir pris ma place à l’avant du véhicule, nous nous dirigions vers l’hôtel où séjournait la famille Middleton. Notre limousine était destinée pour les membres de la famille soit la mère, l’une des tantes de Kate et quelques une des bouquetières.

Le parcours s’est déroulé dans un silence solennel si bien que j’avais l’impression que j’étais encore seule avec le chauffeur.

Arrivée devant l’entrée de l’Abbaye, des agents sont venus ouvrir les portières de chacun des côtés de la voiture. C’est à ce moment qu’on peut m’apercevoir sur les images de certains reportages. M’apercevoir est un grand mot puisque mon grand chapeau me voile la majeure partie du visage ainsi que le haut de ma robe.

Après avoir déposé notre précieux chargement nous poursuivons notre chemin derrière jusqu’à une porte donnant sur la sacristie. Cela va me permettre d’aller prendre ma position discrètement près de la rangée de sièges où sont déjà pris place certains membres de la famille Middleton.

Je reconnais quelques personnes de la famille que j’ai vue lors du Garden Party. Mike, pour sa part, est complètement de l’autre côté de la nef, dans un secteur où il m’est impossible de l’apercevoir. Je l’entends cependant lui et les autres se parler continuellement grâce à l’écouteur que je porte dans ma boucle d’oreille.

L’arrivée des gens s’est faite graduellement et il y avait des responsables pour diriger les gens vers leur place respective. La vigilance était donc de rigueur lors de la fin de la cérémonie et pour le mouvement des gens lors de la sortie de l’Abbaye. Comme les agents me l’ont mentionné, le moment le plus délicat est lors de la sortie des mariés et de la formation du cortège.

De mon côté, la famille et leurs amis de ma section ne m’ont pas causé de problème majeur. Cependant il a fallu quelques interceptions discrètes mais ferme concernant quelques curieux qui ont tentés de s’immiscer afin d’assister à la cérémonie de plus près.
Rien de visible au niveau des médias, mais je peux dire que j’ai entendu beaucoup de choses ce jour-là dans mes écouteurs et ce n’était pas seulement que des beaux mots mais des commentaires de tout acabit.

Une fois la cérémonie achevée, j’avais comme responsabilité de m’assurer que tous avaient bien quitté leur place et que dans la place il ne restait rien ni personne.
Après avoir déclaré à ma broche que tout était « clean » je devais retourner à la porte de service par laquelle j’avais entré quelques heures plus tôt et là une limousine m’attendait.

J’embarquais à bord et nous étions quelques agents qui avaient pour mandat de nous rendre le plus rapidement possible afin d’assurer une entrée sécuritaire des invités au palais. Fin des transmissions….

A Suivre… Fin de la première partie

Ce que je fais est un peu semblable à ce qu’on appelle ici des clients mystères. Une firme est responsable d’évaluation de différents genres de commerces comme des magasins, restaurants, etc. La différence pour moi est que ce sont des lieux que je dois évaluer pour la sécurité. Le mode de paiement est semblable c’est à dire que l’argent est déposée normalement par dépôt direct dans un compte.

Dire que tout cela à débuter à cause d’une cheville foulée….

 

Sous observation (Chapitre 6, Révélations en Italie)

L’été est passé et je n’ai pas eu d’autres nouvelles en provenance de l’Angleterre depuis l’histoire du fameux pourriel. Je me suis décidée pour aller à Rome en Italie.

Après un transfert à Paris, je suis arrivée à Rome en train à la gare du Termini de Rome. Celle-ci se trouvait à seulement dix minutes de mon hôtel. Pour ma semaine de vacances j’avais opter pour visiter les attraits les plus populaires de Rome soit le Colisée (Non Russell Crowe alias le gladiateur, n’y était pas!) le Place Saint-Pierre et le Vatican (Non, Tom Hanks alias Robert Langdon n’y était pas non plus!), la Fontaine de Trevi, la Place d’Espagne , etc… etc..

Je me préparais à traverser la rue pour retourner prendre le métro situé près du Colisée lorsque j’ai été violemment projeté sur le trottoir par quelqu’un. Cette personne venait d’éviter de me faire heurter par une mobylette qui fonçait droit sur moi. Je me relevais  surprise et choquée lorsque je constatais que mon sauveur était toujours près de moi. J’allais remercier celui-ci lorsque je l’ai reconnu.

Amaigri mais arborant toujours son sourire resplendissant, Mike se tenait devant moi. J’étais heureuse de la revoir malgré la façon que nos retrouvailles s’était déroulée. Je l’invitait à me suivre jusqu’à mon hôtel. Malgré tout le brouhaha qui avait suivi la bousculade et à ma grande surprise Mike avait réussi à prendre le numéro d’immatriculation du chauffard. De retour à l’hôtel Mike en a profité pour prendre des informations concernant le conducteur du scooter. Je me préparais à inviter Mike à se joindre à moi pour prendre un café quand celui-ci m’a arrêté.  Il faut qu’on je te parle c’est urgent m’a-t-il dit. Je pensais que cela concernait les informations concernant le chauffard à la mobylette. J’étais alors loin d’imaginer ce qui allait me révéler.

Lorsque j’ai été malade, j’ai beaucoup pensé à nous deux. Je ne peux continuer seul et je te dois des explications. Ma chère, je fais parti d’un groupe qu’on nomme les Observateurs. Notre rôle est un peu comme celui d’un ange gardien mais en version plus terre à terre puisque notre rôle est de veiller à la protection et la sécurité de certaines personnes et depuis un certain temps c’est mon rôle te concernant. Depuis plusieurs années, les membres de ta famille du côté maternelle sont sous observations. Cette surveillance t’est attribuée parce que tu possèdes une vibration différente de la normale des gens.

J’étais bouche bée.

Mike m’a alors parlé de l’effet papillon ou encore de la théorie de l’effet domino. Ma chère, tu es une scientifique de formation, tu as sûrement étudié ou lu des articles sur le mouvement des particules, des électrons, des protons, etc… Tu sais que lorsqu’un élément se met en mouvement, il provoque alors l’agitation des autres autour de lui. Tu es l’une de ses particules qui mises en mouvement peut provoquer des perturbations de toutes sortes. Lorsqu’on avait présenté à Mike ce qu’il devait faire chez les Observateurs, cela lui avait paru à lui aussi invraisemblable que pour moi à cet instant.

J’ai appris avec le temps que tout est lié et suit une logique, c’est un peu comme les pièces qui se mettent en place.

Je trouvais cette histoire tirée par les cheveux mais Mike a commencé son exposé concernant le dossier de ma famille dont celui de ma grand-mère maternelle. C’est elle qui serait à la base de l’histoire et moi j’en suis qu’un des chaînons.

Le groupe pour lequel Mike travaille recherchait depuis des décennies une jeune fille qui avait été séparé de sa famille. Les recherches se sont déroulées durant une longue période parce que ma grand-mère faisait partie d’une lignée spéciale. Elle était la dernière de cette famille spéciale qui comptait alors quatorze enfants.

Avec les épidémies qui sévissaient à l’époque, les cinq premiers enfants de la famille sont décédés très jeunes. Le père de la famille fut, pour sa part, porté disparu un soir au retour de son travail. La mère par mesure de sécurité décida alors d’aller se réfugier avec le reste de sa famille dans les bois car celle-ci aurait été soupçonné à cette époque de pratiquer de la magie. Comme l’inquisition, cette chasse aux sorcières, battait son plein durant cette période, elle était donc surveillée. Un soir d’automne, un violent incendie s’est déclaré et a dévasté la maison. L’origine de l’incendie ne fut jamais déterminée. Toute la famille a péri sauf quatre enfants, quatre petites filles qui furent séparées et placées dans différentes familles. Elle ne se revirent jamais.

L’organisation qui était à ses débuts s’était intéressée beaucoup au sort réservé aux fillettes. Au moment de la première guerre mondiale beaucoup d’informations furent perdues dont certains documents qui auraient permis de retracer les quatre fillettes en question. Malgré de nombreuses obstacles, le groupe a réussi à retrouver la trace de deux d’entre elles. L’une d’elles était ma grand-mère.

Mike s’est alors interrompu pour reprendre son souffle et m’a invité à remonter dans mes souvenirs et de lui raconter mes souvenirs concernant ma grand-mère.

Ma grand-mère maternelle avait été adopté. Selon la légende, des gitans de passage l’auraient vendu à une famille de la région. Grand-maman a pour sa part eu douze enfants dont la petite dernière est ma mère. Ma mère me racontait que mon grand-père  quittait à l’occasion la maison pour se rendre en ville brasser des affaires. Ma mère a toujours ignoré en quoi consistait exactement les activités de son père lors de ses visites en ville. Un jour, au retour de l’un de ses voyages, son père l’a fait venir dans son bureau. Je vais avoir quelques choses à te confier, on s’en reparlera, malheureusement quelques jours plus tard il est monté faire une sieste et ne s’est jamais réveillé. Ma mère a été la dernière à lui avoir parlé.

Pendant que je racontais mes souvenirs, le temps avait passé. J’éprouvais le besoin de prendre une pause et d’aller nous dégourdir. Nous sommes sortis prendre de l’air et faire une promenade jusqu’à la fontaine de Trevi où Mike en a profité pour continuer son histoire.

Ton enfance s’est bien déroulée, les observateurs de ce temps-là sont disparus maintenant, ils ont été remplacés par des nouveaux. Durant ton adolescence et tes études, celui qui a veillé sur toi, était un observateur local. Il t’a surveillé durant la majeure partie de tes études à Québec. Ce fut l’un des meilleurs agents durant cette période.

De retour à l’hôtel, j’encourageais Mike à poursuivre.

Le choix de quitter la région de Québec pour la grande ville et ton installation dans la métropole s’est quand même bien déroulé. Rien ne semblait te menacer de prêt ou de loin, les gardiens de cette période ont fait de l’excellent travail. N’empêche que c’est lors d’une sortie qu’une distraction de la part d’un de tes surveillants a failli causer ta perte. À son insu quelqu’un avait réussi à verser quelque chose dans ton verre. Quelqu’un du groupe avait ce qu’il fallait pour atténuer les effets de ce que tu avais ingéré. Selon nos dossiers, cette tentative d’agression sur ta personne fut le seule durant cette période.

Un autre chapitre de ta vie allait débuter et là encore les choses allaient se compliquer un peu plus pour tes protecteurs. Ce que le groupe craignait était ce qui pourrait arriver à tes enfants. Le sang de ton sang avec tout ce que cela comportait. Une surveillance particulière leur est donc attitrée à eux aussi.

C’est donc moi maintenant qui est responsable de ton dossier et donc de ta protection. Je dois t’avouer que la tâche n’est pas des plus facile surtout depuis que tu as commencé à faire de plus en plus de voyages.

Je me rappelle l’un de tes premiers voyages à Cuba ou le groupe s’est organisé rapidement afin de te trouver un surveillant à destination et c’est Jacob qui a été l’heureux élu. Sa stratégie afin de mieux te surveiller était de flirter avec ta copine qui t’avais accompagné pour ce voyage. Il n’a pas chômé car vous n’étiez pas toujours facile à suivre. Il a été aidé par sa sœur afin de couvrir ses arrières et  lui servir d’excuses  lorsqu’il ne pouvait pas être avec ta copine afin de te suivre. Il pensais que vous seriez toujours ensemble durant tout votre séjour, mais nous connaissions pas encore ton désir de liberté et d’indépendance.

Ne prenez jamais rien pour acquis nous disais nos formateurs et cette remarque  s’applique parfaitement pour toi.

D’ailleurs il y a eu ce fameux soir où ta copine avait besoin de réconfort à la suite de sa dispute avec son petit copain le musicien. Jacob devait te surveiller mais comme ta copine avait besoin d’une épaule consolatrice, il n’a pu s’empêché de la consoler et de se laisser distraire. Il avait pensé que tu resterais bien sagement comme tous les autres soirées dans ta chambre. Lorsqu’il est retourné avec ton amie et qu’il s’est aperçu que tu n’étais plus dans la chambre, il a eu chaud, très chaud. Il t’a cherché partout. C’est lorsqu’il t’a finalement aperçu à la sortie de la discothèque de l’hôtel qu’il a pu recommencé à respirer. Jamais il n’aurait pu imaginé te retrouver là puisque tu n’avais pas semblé t’intéresser par cette endroit, mais ce soir-là tu y es allée et seule. Lorsqu’il a fait son rapport, il en tremblait encore. J’étais en formation à ce moment-là et crois-moi on ne riait pas quand l’une des personnes sous surveillance disparaissait.

Le voyage à Paris avec ta fille s’est bien déroulé et cette fois aucun problème à signaler. Nous il avait quelqu’un qui vous avait à l’oeil toute les deux. Pas facile de vous suivre dans ses autobus de touristes où tu montes et tu descends à ta guise.

Lorsque nous avons appris que tu prévoyais faire un voyage en Terre Sainte soit en Israël et Jordanie,  nous en avons profité profitons pour établir des contacts sur les lieux afin d’assurer ta protection. Cette préparation n’a pas été de tout repos et m’a donné de nombreux maux de tête. Ton surveillant nous a rapporté que tu as semblé le reconnaitre plusieurs fois.

Lors de notre réunion de préparation pour le voyage on nous avait avisé que pour assurer notre sécurité nous serions escortés par des gens par mesure de précaution. J’ai tout simplement pensé qu’il était l’un d’entre eux, avec sa casquette et ses lunettes fumées, je l’ai apercu à Nazareth, à Bethléem et même à Pétra en Jordanie.

Mike pensait avoir vécu le pire lors de mon pèlerinage en Terre Sainte mais je leur réservais encore des émotions fortes et des surprise, surtout lors de ce séjour improvisé à New York qui est resté inoubliable pour moi mais pour Mike aussi. Cette fin de semaine là, je devais resté bien tranquille à la maison lorsque l’envie soudaine de prendre l’avion m’a prise. C’est lorsqu’il a été signalé que je quittais la maison en taxi pour me diriger à l’aéroport Trudeau de Montréal.

À notre grande surprise ta destination était l’une des plus grandes villes de la planète, New York. Cette escapade a provoqué toute une commotion au sein de l’organisation. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le groupe à prendre la décision de procéder à une surveillance plus rapprochée.

C’est là que, moi Mike, je rentre en scène.

Nous avions une heure pour envoyer quelqu’un sur les lieux avant ton arrivée à New York. L’achat de ton billet d’avion nous a appris que tu allais arriver à l’aéroport de la Guardia. Réussir à te suivre toi et ton taxi sur l’île de Manhattan n’a pas été facile. Grâce aux radios des taxis nous espérions avoir la chance de savoir où tu descendrais. Ce ne fut pas facile de te suivre puisque la première adresse que tu as donné au chauffeur n’a pas été celle où tu t’es rendue. Une fois à l’intérieur de cet hôtel, tu es ressortie rapidement pour te diriger vers l’entrée de l’Empire State Buildings. Il nous a semblé que tu n’avais pas fait de réservations. Rendu devant l’entrée de l’Empire, tu t’es alors complètement retourné pour te rediriger vers une autre direction.

Complètement désorienté par tes nombreux changements de direction l’un de tes poursuivants, c’est à dire moi, Mike, j’ai décidé de te suivre à pieds. J’ai alors compris que tu n’avais pas idée d’où tu allais. Il a fallu que tu visites d’ailleurs plusieurs hôtels avant de réussir à réserver une chambre pour ton séjour. Ton hôtel était bien située et proche de la plupart des sites intéressants de la Grosse Pomme dont celui de Time Square.

Après cette filature, j’avais besoin d’un bon café. Ma pause fut de courte durée, car quelques minutes plus tard tu repars de ton hôtel et tu te diriges vers l’Empire State Buildings. Après être monté au sommet, tu redescends et tourne sur la rue pour te rendre en plein cœur de Manhattan à Time Square. Après un va et vient sur les trottoirs, te voilà qui te dirige vers le magasin Macy’s.

Par deux fois, des gens mal intentionnés ont tenté de t’approcher. La première fois fut lorsque tu t’es rendue au port pour prendre le bateau pour faire le tour de l’île de Manhattan. Nous avons réussi à intercepter l’un de tes poursuivants. La seconde fois fut le samedi matin à la suite de ta visite au guichet automatique. Pour réussir à neutraliser le second poursuivant, il nous a fallu recourir à une intervention un peu plus musclée. Tu te souviens sûrement de cris et de l’arrivée d’un camion gris près de l’arrêt d’autobus où tu attendais d’ailleurs pour un tour de ville. Nous avions réussi à mettre la main sur le second.

Quand Mike a fini son histoire j’étais complètement gaga… Une autre pause s’imposait. Car j’étais loin d’être au bout de mes surprises.

(Londres Version Mike)

Pour ton voyage à Londres nous avions décidé de recourir à une garde rapprochée. C’était la première fois que j’occupais ce rôle chez-moi en Angleterre. J’ignorais encore comment j’allais m’y prendre pour établir le contact.

Lors de ton arrivée après d’avoir surveillé, je me suis posé beaucoup de questions à ton sujet et par commencer pourquoi tu tournais en rond  dans le terminal au lieu d’aller prendre le train ou le métro. J’ai compris alors que tu étais comme à New York, en mode improvisation. Tu t’es  dirigé droit sur moi près de l’îlot central pour consulter tes documents. J’étais troublé de te voir tourner en rond mais la suite est encore plus troublante.

Je venais de demander un congé de l’école de musique qui me sert de couverture pour assurer ta surveillance et ta protection le jour où je t’ai rencontré et que j’ai soigné ta cheville. Lorsque je t’ai aperçu assis sur les marche de l’école de musique j’avais peine à y croire. C’était toi qui es venu plus ou moins à ma rencontre, le contact était établi, j’ai donc décidé de modifier mes plans. Comme tu étais de charmante compagnie, je me suis dit pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable. Un de mes mentors dans le groupe m’avait pourtant averti de toujours garder nos distances avec les personnes que nous avons à surveiller et à protéger ce qui évite bien des complications. Je me persuadais que cela ne m’arriverait pas, encore là, l’avenir allait me prouver le contraire. Au fil de nos rencontres, j’ai appris à te connaître et je n’ai pu m’empêcher de découvrir et d’apprécier ta personnalité. Lorsque tu as quitté Londres, je ne pensais jamais te revoir. Je m’informais toujours des différents dossiers de surveillance en cours dont le tien. C’est alors que j’ai appris que tu avais décidé de te rendre durant l’automne à Las Vegas. Au même moment, j’ai appris qu’il se déroulerait un séminaire de musique à Las Vegas durant cette période, après quelques pourparlers serrés avec mes patrons, j’ai réussi à les convaincre qu’il était préférable de te suivre de plus près dans ce lieu de perdition qu’est Las Vegas! C’est là que moi je me suis perdu !!! Ville de toutes les tentations, il a fallu que je me laisse tenter par ce qu’il ne fallait pas c’est-à-dire toi…. On ne dit pas cette petite phrase : ce qui se passe à Las Vegas reste à Las Vegas

Viva Las Vegas!(Version Mike)

Mon plan était mal parti car nous avions eu du retard avec notre vol. J’espérais te rencontrer à ton arrivée mais les évènements en ont décidé autrement. On m’avait averti de tes déplacements des jours précédent et comme tu es une fille plutôt indépendante mais prudente, je ne craignais donc pas trop pour ta sécurité.

Lorsque je t’ai aperçu marchant sur le trottoir devant moi, j’ai eu le souffle coupé, tu étais encore apparu sur mon chemin comme par magie. Je me dépêchais alors de me rendre à l’hôtel afin de te rejoindre. Lorsque je t’ai retenu la porte pour te faire entrer et que tu m’as regardé avec ton si joli sourire, je pense que c’est là que j’ai perdu pieds et les pédales. J’ai alors réalisé que j’étais en train de tomber en amour avec toi.

Avec le décalage horaire, je ne rêvais que d’une chose aller me coucher. Ce fut d’ailleurs le cœur déchiré que j’ai du me priver de toi lors de ma première soirée. Je souhaitais cependant que la nuit me remette les idées en place. Mais la suite des évènements allait carrément m’échapper.

Tu connais maintenant la suite….

Fin des révélations

Malgré l’ambiguïté de notre situation, Mike ne semblait pas s’opposer à continuer à cette aventure.

Tu comprendras que je t’aime mais que je suis encore responsable de ta sécurité. J’ai peut-être fait une grosse erreur en te racontant tout cela. Le groupe devra prendre une décision nous concernant. Le problème est maintenant que tu sais tout que va-t-il advenir de toi, de nous?

Remise de mes émotions je demandais à Mike. On fait quoi maintenant? Tu continues à faire ce que tu avais planifié pour ton séjour en Italie comme prévue. Mike me rassura puisque j’allais avoir un garde du corps privé juste pour moi. Nous nous dirigeâmes vers un arrêt d’autobus qui offrait la chance aux visiteurs de faire des tours de la ville tout en descendant et remontant à leur guise ce qu’on appelle les Hop On Hop Off . J’aimais celui que nous avions choisi puisqu’il offrait à moindre prix de nombreuses stations qui se situait près des sites que je voulais visiter et dont malheureusement les deux lignes de métro de Rome ne desservaient pas vraiment.

Nous avons poursuivi notre visite des sites que j’avais prévu de visiter. Je me demandais maintenant ce qu’il allait se passer maintenant que Mike m’avait fait toutes ses révélations.

 

 

Sous observation (Chapitre 7, D’Observée à Observatrice)

Nous étions en septembre et j’allais célébrer mon cinquantième anniversaire, je m’étais remise des révélations faites par Mike lors de mon voyage à Rome. Mike qui correspondait régulièrement avec moi m’avait avisé que le groupe avait décidé de me tester afin de voir si j’ai vraiment les capacités pour faire partie de ce groupe. Tu vas remplir ta première mission d’observatrice sur le terrain ne t’en fais pas, je serai là pour te seconder dans cette première mission.

Je donnais donc mon consentement pour embarquer dans cette nouvelle aventure. Cette première mission serait donc une mission d’observation. Lors de mon passage sur la place Saint-Pierre au moment de la canonisation du Frère André, je devrais porter une attention particulière sur les endroits qui pourrait me paraître une source de danger. Il m’assurait qu’en me déplaçant avec un groupe il n’y aurait pas de danger pour moi. Il m’a averti que comme c’était une première mission pour moi il garderait un œil sur moi mais de façon discrète.

Lorsque je l’ai aperçu, il était vêtu d’un complet de couleur anthracite, écouteur à l’oreille, mon ami anglais avait très fière allure. Il était là pour assurer la sécurité de quelques représentants de l’église catholique romaine. J’ignore encore son truc pour me retrouver surtout dans une foule comme celle qui avait ce jour-là car la place St Pierre était bondée.

J’étais assise au centre d’une longue rangée quand une dame a attiré mon attention sur cet homme qui voulait me remettre le livret de la célébration. Quand j’ai reconnu celui qui se tenait à l’autre bout, je n’ai pu m’empêcher de sourire. Avec son sourire enjôleur, il me tendait le livret le tout accompagné d’un clin d’œil. Clin d’œil qui n’a pas échappé à ma voisine.

Caché au centre du petit livret se trouvait un petit mot. Mike me donnait rendez-vous pour me rencontrer après la cérémonie. De retour à mon hôtel, je profitais pour m’éclipser.  Lors cette rencontre, Mike m’a expliqué comment procéder pour la rédaction de mon rapport d’observation et comment le faire parvenir au groupe.

À la fin de notre promenade, il m’a raccompagné au bout de la rue où était située mon hôtel, afin d’éviter des questions si nous rencontrions l’un de mes compagnons de voyage. J’ai préféré cela car le baiser que nous avons échangé au moment de se quitter aurait provoqué effectivement beaucoup de questions.

Maintenant qu’il avait laissé l’école de musique, il se consacrait à son nouveau rôle de garde du corps. Une couverture beaucoup plus proche de son travail à l’agence que celui de professeur de musique. Il m’a avoué cependant que la musique serait toujours pour lui sa grande passion.

Ce que nous ignorions alors, c’est que par ce nouveau rôle, nous serions appelés à nous revoir et cela de façon assez spéciale.

Sous observation (Chapitre 5, Intermède)

Une histoire n’est jamais bonne sans une bonne fin ou encore une suite, la mienne, mon histoire, s’est continuée mais d’une étrange manière.

De retour de mon voyage en République, j’avais envoyé un message à mon ami anglais pour savoir comment son voyage de retour s’était déroulé. Je n’avais pas reçu de réponses ce qui ne m’étonnait pas puisqu’il m’avait mentionné qu’il serait bien occupé à son retour.

J’ai poursuivi mes activités dont les pratiques de danse pour le fameux spectacle dans lequel ma fille, mon fils et moi-même allions participer. Je me rappelle d’avoir mentionné que je serais bien occupée durant le printemps avec les préparatifs pour la graduation de ma fille. Les pratiques pour le spectacle se sont bien déroulées si bien que ma fille a été très surprise par ma performance. Je pratiquais régulièrement ma chorégraphie afin que sous l’effet du trac je n’oublie pas l’enchaînement des mouvements. J’ai pris une journée de congé afin d’aller me faire belle pour l’occasion. Après un bon massage et un facial, j’étais prête à affronter le public. Le soir de la représentation j’étais donc fraîche et dispose. Je dois avouer que l’esthéticienne avait réussi un petit miracle avec mon maquillage. J’avais avisé mes invités que je me présenterais seulement à la fin de la représentation. Le samedi soir était la dernière des représentations je n’étais pas trop fatigué mais j’avais peu d’admirateurs pour cette séance. À la fin du spectacle, nous étions tous bien occupés, mon fils ramassait le matériel avec le mari de la directrice tandis que ma fille s’occupait de son groupe de petites danseuses. Lorsque nous nous sommes retrouvés, un jeune homme d’une trentaine d’année avec une coiffure bizarre s’est approché de notre groupe. Il me félicita pour ma prestation et qu’il me trouvait très bonne. Je trouvais sa façon de s’exprimer un peu bizarre mais je pensais que c’était peut-être quelqu’un avec un problème d’élocution.

Quelques jours plus tard, quelqu’un de l’organisation du Cirque du Soleil m’a appelé pour me dire que j’avais un billet réservé à mon intention et qui m’attendait à la billetterie pour le nouveau spectacle.  Je me présentais donc une heure avant le spectacle à la billetterie dans le vieux port de Montréal où il commençait déjà à avoir un petit attroupement de gens. Je remarquais deux jeunes hommes le long de la clôture qui semblait surveiller les gens. Il portait à leur coup des laisser passer au couleur du Cirque. Je croisais le regard de l’un deux qui m’adressa un sourire. Ce visage m’était vaguement familier mais je ne me rappelais pas où j’avais pu le rencontrer. Je revenais à ma ligne d’attente et ce fut à mon tour de me présenter au guichet.

C’est alors que les deux jeunes sont entrés à l’intérieur de la billetterie et se sont entretenus avec la fille qui m’avait répondu. J’avais de la difficulté à les apercevoir à l’intérieur parce que j’avais les reflets du soleil de la fenêtre du guichet dans les yeux. La jeune femme avait débranché le micro dans lequel elle m’avait adressé la parole quelques minutes auparavant. J’avais eu l’impression qu’elle s’adressait aux jeunes hommes en anglais. J’avais réussi à comprendre qu’elle leur demandait si j’étais bien celle à qui elle devait remettre les billets. Je dis les billets puisque dans l’enveloppe j’avais aperçu deux billets. Elle ne m’a remise cependant qu’un seul billet et à conserver le deuxième. La veille au téléphone on m’avait d’ailleurs mentionné qu’un seul billet m’attendait. Mon billet en main, je me retournais pour voir sortir les deux jeunes qui m’ont jeté un dernier regard avant de s’éclipser dans la zone réservée aux personnels du Cirque. J’aurais eu quelques questions à leur poser à ces deux là!

J’ai souper dans un état second, mon esprit élaborait différents scénarios des plus abracadabrants les uns des autres. Le spectacle pour célébrer les 25 ans du Cirque du Soleil s’appelait OVO. Ce fut un autre beau spectacle du Cirque du Soleil.

Quelques semaines plus tard lorsque je consultais mes courriels, je me suis aperçue que dans la section des pourriels, il y a avait un message en provenance d’un nom que je connaissais. Suite à la lecture de celui-ci j’ai obtenu quelques réponses aux nombreuses questions concernant l’histoire du mystérieux billet du spectacle du Cirque du Soleil. Ce message provenait de l’un des confrères de Mike que j’avais rencontré à Las Vegas. Mike avait décidé de venir me faire une surprise et venir me rendre visite à Montréal. Il avait pensé faire coïncider sa visite en même temps que mon spectacle de danse. Il avait réussi à se procurer des billets pour mon spectacle de danse ainsi que pour celui du Cirque du Soleil. Son collègue m’a écrit que des petites vacances pour Mike ne lui auraient pas fait de tort. Comme son collègue m’a expliqué dans son courriel les plans de Mike allaient être modifiés.

Au retour de la République Dominicaine, Mike était revenu avec un vilain rhume. Un matin il s’est effondré, les médecins de l’hôpital craignaient que Mike soit atteint de l’A1H1. Son collègue m’a écrit que Mike serait furieux s’il apprenait qu’il m’avait tout raconté. Mike, de sa chambre d’hôpital, avait réussi à tout orchestrer afin que quelqu’un puisse assister à mon spectacle et s’est organisé pour que je puisse avoir le billet pour le Cirque du Soleil. Les jeunes hommes aperçus au Cirque étaient effectivement de connivence avec Mike. Ils sont venus aussi assister à mon spectacle de danse. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui m’a félicité lors du spectacle, qui a acheté le DVD du spectacle et finalement qui m’a identifié à la billetterie dans le Vieux Port. Je terminais de lire ce message j’en étais encore toute surprise.

La suite cependant allait complètement m’abasourdir….

 

 

Sous observation (Chapitre 4, République Dominicaine)

J’ai forcé le destin en lui envoyant à la dernière minute les informations concernant mon séjour en République Dominicaine. Je savais le peu de temps qu’il aurait pour réserver son séjour s’il décidait à venir me rejoindre.

J’arrivais un samedi après-midi à Puerto Plata pour un séjour d’une semaine. Je profitais dès mon arrivée pour visiter les alentours et me familiariser avec les lieux.

Le lendemain je me suis dirigée vers le café internet de l’hôtel afin de voir si j’avais reçu des messages. L’endroit était un lieu très populaire et si achalandé que j’ai décidé de revenir plus tard. Les cellulaires n’étaient pas encore à la portée de tous au moment où cette aventure se déroule. J’avais prévu de rencontrer dans la journée le représentant pour le choix de mes excursions. Je me suis laissée tenter par deux des excursions présentées soit celle qui consiste à une journée pour la visite de Puerto Plata ainsi que celle qui consiste à une randonnée en camion tout terrain (Outback Safari) le tout accompagné d’un guide francophone. Je ne devais pas oublier de réserver mes restaurants à la carte de l’hôtel. Il y en avait cinq sur le site, j’avais droit à trois d’entre eux. J’optais donc pour les restaurants à spécialités mexicaines, caribéennes et celui du Grill avec poissons et crustacés. Je profitais du reste de la journée pour lire sous les palmiers l’un de mes livres, soit l’un des derniers de Bernard Weber.

Je m’étais établie une petite routine, le matin je prenais une petite marche pour aller voir la mer ainsi que chaque soir avant d’aller souper. J’ai pris beaucoup de soleil avec le vent et l’air salin j’ai obtenu rapidement un beau bronzage. La semaine se déroulait bien tranquillement et j’ai rencontré des gens charmants. Mes excursions et mes deux premiers soupers se sont bien déroulés. J’avais finalement renoncé à aller jeter un coup d’œil à mes courriels. Le mercredi, j’étais à la plage à lire un second bouquin soit le pendule de Foucault, d’Umberto Eco. J’étais si absorbée dans la quête du Kraal que je ne réalisais pas ce qui se passait autour de moi. J’ignore encore ce qui m’a incité à lever les yeux de mon livre. C’est à ce moment là que je l’ai aperçu!

Il était là à quelques mètres seulement de moi, il déambulait tranquillement sur la plage. Par la suite, il s’est rapproché et s’est mis à louvoyer entre les chaises et les gens. Avec son petit sourire narquois aux lèvres, il jetait des regards par ci par là sur les vacanciers. Il portait un short d’un gris qui recouvrait des jambes musclées, un t-shirt blanc complétait sa tenue et mettait en évidence sa musculature. Toute une apparition !

Il s’est alors dirigé dans ma direction, j’étais certaine qu’il m’avait reconnu, mais non, puisqu’il est passé qu’à quelques pas de moi. Je lui ai peut-être compliqué ses recherches puisque je me suis cachée derrière mon livre. De plus, avec ma casquette et mes lunettes fumées, j’étais peut-être plus difficile à reconnaître. Après quelques minutes, il s’est pris une chaise et s’y est allongé tel un dieu grec. C’est alors qu’un des membres de l’équipe d’animation s’est approché pour lui faire un petit brin de causette. L’animateur avait l’air très intéressé par le petit sac qu’il portait avec lui. Petit sac orné du drapeau de l’Angleterre qui indiquait bien la provenance de ce bel inconnu. Après quelques échanges et du signe affirmatif de l’animateur, j’avais comme l’impression que ce visiteur anglais avait demandé des informations.

Il va sans dire que j’avais perdu les péripéties de mes chevaliers de la Rose-Croix et de leur quête. Je venais d’ailleurs de relire le même paragraphe pour la troisième fois. Certaines personnes avaient surpris mes œillades de plus en plus fréquentes en direction du bel étranger. Je me demandais combien de temps il faudrait à l’animateur pour revenir avec les informations demandées.

Je commençais à craindre pour cette belle épiderme blanche non protégée et exposée au fort soleil de l’après-midi. Je décidais donc de quitter Umberto et ses chevaliers pour aller rejoindre ce charmant visiteur. J’ai dû susciter beaucoup de curiosité et de jalousie cet après-midi-là. Je me suis donc assise dans le sable, juste à côté de la chaise de celui-ci.

– Holà! Sexy Londinium Boy!

C’est alors que mon bel Anglais s’est mis à rigoler et qu’il a relevé ses lunettes fumées pour me jeter un œil.

– Finally, I found you, sexy girl!

Nous aurions pu échangé ses petits mots doux encore longtemps si nous n’avions pas été interrompu par l’animateur qui revenait au grand galop avec les informations demandées. Il a eu l’air déçu de constater que la sexy girl recherchée, était retrouvée et  que cette dame était celle assise dans le sable. Mike n’a pas laissé le temps à l’animateur de  reprendre son souffle qu’il en a profité pour lui poser quelques questions d’ordre pratico pratique et faire le point nous concernant. Nous étions des bons amis et nous nous n’étions pas vus depuis longtemps. Malheureusement, nous n’avions pas pu réserver au même endroit. Avait-il des possibilités d’arranger nos retrouvailles? Mike habile avec la langue anglaise s’est occupé des différentes formalités à savoir si nous pourrions nous promener d’une place à l’autre sans trop de problèmes.

Mike avait eu la chance de réserver dans le même complexe hôtelier que le mien, nous pourrions circuler discrètement via la plage. Nous sommes passés le mercredi et vendredi soir à mon hôtel et le jeudi au sien. Mike tenait à ce que le vendredi je puisse dormir à mon hôtel afin de pouvoir préparer tranquillement mes valises. Pour sa part, il était arrivé mercredi pour une semaine. Quand toutes les ententes furent terminées et mon honneur sauvegardé, nous nous sommes enfin retrouvés dans l’intimité de mon studio. Il va sans dire que les paroles n’étaient plus nécessaires et que mon honneur en a pris pour son argent….

Après ses chaleureuses retrouvailles, Mike m’expliqua qu’il avait eu tout juste le temps de m’envoyer un courriel avant de quitter Londres pour m’avertir de son arrivée. Courriel qui devait m’attendre avec tous ceux accumulés ces derniers jours. Je lui avouais que je ne l’attendais plus et que je m’étais résignée à l’idée de passer mes vacances seules. Cependant j’étais contente de l’avoir aperçu sur la plage car je n’ai aucune idée de ma réaction s’il m’avait surprise. L’important c’est que nous avions quelques jours ensemble et que nous en profitions. J’invitai donc Mike à se joindre à moi pour manger dans l’un des restaurants à la carte qui consistait à celui avec les spécialités de fruits de mer. Mike s’informa aussi des activités que j’avais faites depuis mon arrivée et ce qui restait à mon programme.

Le lendemain matin, après un beau dodo, car la veille mon londonien commençait à ressentir encore une fois les effets du décalage horaire, nous entreprîmes de trouver un taxi pour nous rendre au funiculaire. Nous partageâmes le taxi pour s’y rendre avec un autre couple. Rendus au funiculaire, il nous a fallu attendre quelques minutes afin d’avoir assez de monde pour débuter l’ascension. Le paysage avec le soleil qui se levait à l’horizon était des plus beaux, avec cette brume qui s’élevait des champs, on aurait cru  être dans un film de science-fiction. Mike afin de me rassurer ou se rassurer m’a serré dans ses bras tout le long de la montée. J’étais confortable dans ses bras et je me laissais enivrer par l’odeur de son après-rasage.

Nous avons visité le petit jardin botanique qui se situait en haut de ce promontoire. Je m’intéressais autant aux oiseaux qu’aux fleurs. Les fleurs étaient des bougainvillées aux couleurs mauve, rouge, orange. Comme l’heure avançait nous avons décidé de nous restaurer sur la montagne face à la mer avant de redescendre. J’ai eu la nette impression que la descente a été plus rapide que la montée. Une fois arrivée en bas, il nous fallait dénicher un taxi. Après un retour cahoteux dans un taxi aux arômes suspectes, nous sommes finalement parvenus sains et saufs à l’hôtel.

Après une bonne douche et quelques minouches nous nous sommes rendus par la plage à l’hôtel de Mike. La chambre était plus simple que mon studio puisque qu’un seul lit double occupait le centre de la pièce. La salle de bain se situait à droite en rentrant et un petit bureau près de porte patio complétait le tout. La porte patio débouchait sur un balcon d’où l’on apercevait l’océan et était orientée de façon à voir les lever de soleil.

Ma chambre était plus spacieuse mais n’offrait pas cette superbe vue sur l’océan que nous offrait la chambre de Mike. Mike m’a posé alors la question à savoir comment je réussissais à gérer cette aventure que je vivais avec lui. Je lui avouais alors que je l’aimais bien mais que je voulais prendre le temps d’évaluer la situation. De plus l’année en cours était une grosse année pour ma fille qui terminait son secondaire et devait faire des choix pour l’avenir. Je ne voulais donc pas trop perturber mon entourage avec mon histoire. Mike et moi étions d’accord que de se rencontrer tout en voyageant c’était original et cela nous convenait parfaitement pour l’instant. Dans la soirée, nous avons eu droit à un petit cours de danse ce qui nous a fait bien rire. Danser langoureusement, même sous la pluie, cela finit toujours par réveiller les petits démons qui sommeillent en nous et les miens ce soir-là se sont déchaînés.

Nous étions déjà rendus à ma dernière journée de vacances. Mike était d’accord pour que je me réserve cette dernière soirée pour finaliser mes bagages. Durant le déjeuner, je le voyais songeur. Il me fit alors remarquer qu’il manquait une activité à mon agenda et que mes bagages n’étaient pas tout à fait complets. Je me demandais bien où il voulait en venir quand j’ai réalisé ce à quoi il faisait allusion.

Lors de mon passage à Londres, dans les dernières heures avant mon départ, nous avions fait les boutiques à la recherche de petits souvenirs. Il m’avait été d’une grande aide et nous avions bien rigolé. Il s’était aperçu que je n’avais pas encore acheté de souvenirs. Je lui expliquais alors ma résolution de restreinte mes dépenses puisque j’allais avoir dans les mois à venir des frais pour la préparation de la graduation de ma fille. J’avais quand même acheté deux bouteilles de rhum de Brugal suite à la visite de cette industrie à Puerto Plata. Mike tentait de me faire comprendre que j’aurais des regrets de ne pas gâter mon monde.

Nous sommes donc dirigés vers les boutiques du complexe hôtelier ma  petite liste d’achat en main. Nous avons opté pour une petite boutique qui offrait le plus de choix à prix modiques. J’ai surpris à quelques reprises Mike en train de poser des questions concernant les bijoux en ambre et larimar, deux pierres typiques de la région. Le prix de ses pierres est exorbitant, j’en avais pris connaissance lors de la visite du musée de l’Ambre de Puerto Plata. Pour les petits souvenirs à rapporter, j’optais pour l’achat de quelques porte-clés pour les garçons et des magnétiques multicolores pour les filles. J’ai si bien encouragé la boutique que j’eu droit à un chapeau gratuit, un chapeau tressé avec des feuilles de palmier. Mike s’est amusé à le mettre, cela ferait son affaire afin de se protéger du soleil.

J’étais prête à revenir à l’hôtel afin de me faire bercer par les vagues une dernière fois. Mike m’a alors regardé de son air mystérieux et m’a suggéré de le suivre. Il avait semble-t-il quelque chose à me montrer. La vendeuse, encore sous son charme, lui avait préparé un présentoir de bague de toutes sortes. Mike souhaitait m’offrir un petit souvenir de voyage. Je constatai avec stupeur le prix exorbitant des bagues que j’avais sous le nez. Elles étaient faites d’ambre, du larimar ou encore des deux à la fois. Il était hors de question que moi ou quelqu’un d’autre achète l’une de ses bagues. Mike me répéta alors l’histoire que la vendeuse lui avait conté. Il y a une bague spéciale que les Dominicains appelait Happy Hour. Cette bague se présente avec les deux pierres. Mike voulait m’en offrir une. Après d’âpres discussions, j’ignore encore comment Mike a réussi à me persuader, j’étais en train d’essayer l’une de ses fameuses bagues. J’ai cependant suggéré un compromis à mon ami Anglais. Comme les bagues en or étaient plus chères que celles en argent, j’accepterais le cadeau à condition que ce soit une bague en argent. Le marché fut conclu et lorsque Mike m’a passé la bague au doigt, j’étais toute émue. J’avais maintenant une bague Happy Hour en argent avec d’un côté de l’ambre et de l’autre du larimar. Depuis qu’il me connaissait Mike flirtait de plus en plus avec le crédit et était devenu un pro dans l’utilisation de sa carte.

Pour mon dernier soir, il y avait un banquet sur la plage organisé par l’hôtel. Le buffet était savoureux, les chefs avaient fait preuve de beaucoup de créativité et d’originalité dans la présentation de leurs différents plats.  Cette nuit-là, je demandais à Mike ce qu’il avait l’intention de faire lorsque je serais parti. Il m’avait alors répondu qu’il avait l’intention de faire la fiesta et de faire la rencontre de belles et jolies jeunes filles. Ah! Ah!Sérieusement, il ignorait ce qu’il ferait. Il avait songé aller visiter Puerto Plata, faire de la planche à Canberra et un peu de magasinage à Sosua. Il se sentait cependant très épuisé.

Je lui demandais, alors une autre question, qu’est-ce qui l’attirait tant chez moi?

– « Dear Lady, listen well, écoute bien ce que je vais te dire, beaucoup de gens se contente de l’enveloppe extérieur et beaucoup trop de gens ne vont pas au-delà, ce qui est bien dommage, car tu découvres parfois des trésors ». Tu as toujours un beau sourire, tu es d’une nature enjouée, tu as l’air si naturel. Ton imagination, ta joie de vivre, ta curiosité pour les choses qui t’entourent et la vie à l’air de toujours t’émerveiller. Tu possèdes une aura qui dégage une vibration, une énergie spéciale. Pour moi, tu es une personne à découvrir. »

Pour ma part, je lui confiais qu’il devait avoir beaucoup d’expérience avec les gens pour savoir si bien nous définir et réussir à entrer dans leur bulle. Tu lis en moi comme dans un livre. C’est quoi ton secret? Il m’a révélé qu’effectivement il avait un secret mais qu’il devait faire attention pour ne pas me le dévoiler.

Je devais quitter l’hôtel pour deux heures de l’après-midi, mon séjour en République m’avait permise d’avoir quelques réponses aux nombreuses questions que je me posais concernant Mike, mais il m’en restait encore beaucoup. Je laissais donc l’énigmatique et mystérieux Mike. Il m’avait dit qu’il retournerait tranquillement à son hôtel et réserverait ses excursions à son tour. Il me donnerait des nouvelles de la fin de son séjour. Je lui souhaitais bon repos. En souriant qu’il m’a alors confié qu’il pourrait enfin se reposer puisqu’il pourrait enfin dormir ses nuits complètes. Le petit coquin…

Nous avions convenu de laisser passer l’été avec toutes nos activités respectives et de tenter de se revoir à l’automne. C’était à suivre…