Sous observation (Chapitre 8, Mission de protection à Londres)

J’ai reçu l’avis pour cette mission par courriel bien avant que la nouvelle soit diffusée officiellement dans les médias. Je devais assurer la protection de quelques invités qui devaient assister au mariage du Prince William et de Catherine (Kathy) Middleton. Mariage qui serait célébré à la fin du printemps à Londres. Mariage fastueux s’il en est un !!

La canonisation du frère André avait été un événement très spécial pour moi, mais assurer la protection de gens à un mariage me dépassait complètement. Mike avait été nommé grâce à sa nouvelle fonction responsable de la sécurité des membres de la famille Middleton. Le groupe lui suggérait fortement d’être accompagné. Il avait donc songé à moi. J’allais avoir un défi de taille à relever. Le groupe me donnait la chance de faire mes preuves et cela sous la supervision de Mike. Ma première mission de protection.

J’avais lu quelque part, que les Anglais sont très pointilleux sur le protocole et le décorum lors d’un mariage. En plus, qu’il soit royal ne simplifierait sûrement pas les choses. J’ignorais complètement tout de l’étiquette royale ainsi de ce que je devrais porter pour ma mission pour ce mariage. Mike attendait ma réponse pour la fin de l’année. Après avoir pris les arrangements nécessaire auprès de mon entourage et que ma décision fut prise, je lui est envoyée ma réponse. Par la suite, il m’a donc faite parvenir le programme des préparatifs qui allait précéder le mariage ainsi que le plan pour le grand jour. Il y aurait beaucoup d’effervescence au Buckingham Palace ainsi qu’aux alentours de l’Abbaye de Westminster puisque c’est là que serait célébré le mariage. J’en avais déjà le tournis, j’imagine facilement ce que William et Kathy pouvaient ressentir.

Retrouvailles avec Londres

J’arrivais sur un vol privé en partance de l’aéroport de Montréal, le lundi de la semaine précédente le mariage, un peu juste à mon avis mais c’était sans penser à l’efficacité d’organisation du groupe et en particulier du beau Mike.

Je l’ai trouvé très drôle lorsque à l’aéroport je l’ai aperçu tenant une jolie pancarte avec mon nom écrit dessus. Il voulait m’empêcher de tourner en rond comme lors de ma première visite à Londres. En route, il m’a résumé les grandes lignes de ce qu’on attendait de moi pour les prochains jours. A bord de sa nouvelle BMW, il m’a amené à ce qui semblait être un Bed & Breakfast mais en réalité c’était plus une pension de famille qui abritait à l’occasion les membres du groupe.

Ce que j’ai réussi à retenir de son résumé est que le mot d’ordre demeurerait toujours d’avoir l’œil ouvert.

Ce qui m’a surpris le plus est qu’on m’avait assigné la place près du chauffeur soit à l’avant du véhicule qui amènerait Kate et son père à l’église le jour de la noce. Lorsque j’ai regardé par la suite certaines reprises à la télévision, on peut m’entrevoir rapidement lors de l’arrivée devant l’église. Mon visage est d’ailleurs voilé par le grand chapeau noir avec le ruban blanc que je portais à ce moment-là.

Deuxième point qui m’a surpris je ne serai pas seulement de service pour la noce mais pour au moins trois autres événements précédant le mariage.

Je suis encore sous le choc des responsabilités que je vais devoir remplir dans les prochains jours.

Je souhaite maintenant aller me coucher, mais le beau Mike ne voit pas encore les choses de cette façon.

C’est maintenant l’heure des retrouvailles, fini le travail. Mike de me dire: tu m’as manqué my dear lady. À moi aussi tu m’as manqué mais cependant laisse-moi juste quelques minutes pour pendre une douche et je dois lui avoué que j’ai un peu faim. La douche m’a fait tant de bien que lorsque je me suis allongée en attendant que revienne Mike avec quelques choses à grignoter, je me suis endormie.

Ma sieste m’a fait le plus grand bien et avec un tel ange gardien à mes côtés, je comprends pourquoi j’ai fait de si beaux rêves. Je dois te quitter my lady, je reviens déjeuner avec toi demain et je t’amène une surprise.

Surprise matinale

J’ai réussi à bien dormir malgré le décalage horaire. Si bien que c’est vers les dix heures que je suis descendue pour le petit déjeuner. Mike était déjà attablé devant une moitié de pamplemousse et en compagnie de ladite surprise, une très jolie jeune femme, je devrais plutôt dire une vraie lady. Je te présente Margaret, une styliste renommée de Londres, et ma sœur.

J’ai toujours cru et eu une confiance aveugle en Mike mais ce matin-là mon niveau de scepticisme à monter de plusieurs crans et celui de la confiance a descendu de plusieurs crans. Dans le métier que Mike exerce, créer des preuves pour convaincre quelqu’un se fait aussi facilement que pour nous se brosser les dents. J’étais donc sur mes gardes.

Mon expression faciale n’a pas dû laisser de doute sur ma surprise et mon scepticisme. Si bien que sur un léger signe de tête de Mike, sa sœur m’a mis sous le nez une photo de famille. Cette photo était juste assez récente pour que je puisse les reconnaître, que mon niveau de scepticisme redescendre à un niveau raisonnable et que celui de la confiance remonte.

Une fois remise de mon choc, la question que j’ai posée. Qu’est-ce que je vais avec cette jolie styliste?

Réponse de Mike, l’une de votre spécialité mesdames, du shopping bien sûr! Car tu vas avoir besoin de tenues particulières pour les différents événements à laquelle nous devons assisté. Margaret est là pour t’aider à faire des choix éclairés pour toutes ces tenues ainsi que pour les accessoires nécessaires pour cette mission des plus spéciale. Par la même occasion, elle va te faire rencontrer quelques designers anglais ainsi que de te faire découvrir leurs boutiques. Quelques-unes de celles-ci sont des plus réputées dans tout le Royaume Unis.

Je songeais dans mon for intérieur que j’avais tout un défi devant moi. Avec mes cinq pieds quatre pouce et quelques kilos de trop, ce ne sera pas chose facile. Donc après ce résumé de la journée et après le déjeuner, le premier arrêt prévu aura lieu chez la couturière pour la prise de mes mesures. À ma grande surprise, Mike va nous accompagner dans notre virée des magasins. Il veut s’assurer que nous ferons de bons choix. Puisque tu seras accroché à mon bras autant que ce soit à mon goût. Modeste le bel anglais! Cependant il nous avoue qu’en réalité c’est qu’il veut voir mes achats afin qu’il puisse harmoniser ses vêtements aux miens.

Shopping

Pour cette première journée de retour à Londres, je vais passer ma journée à tourner en rond mais cette fois chez la couturière. Après un passage rapide chez la couturière nous voilà chez le premier designer où j’ai l’impression de faire pâle figure devant tous ses magnifiques mannequins qui défilent devant nous pour nous présenter quelques nouveautés de leur boutique respective. Je me demande comment peut faire Mike pour demeurer si impassible devant tant de beautés. Pour ma part, j’essaie de me concentrer sur les différents modèles, sur les couleurs et les types de tissus. Beaucoup de choses à penser pour une débutante comme moi, par chance que Margaret est là pour me conseiller et prendre des notes.

Après trois boutiques et deux designers, je demande une pause et nous restaurer. Lorsque nous sommes tous attablés en attendant notre commande, je pose quelques  questions concernent le type de cérémonies à lesquelles nous allons assisté ainsi que le genre et le nombre de tenues nécessaires.

Sur la liste que Margaret m’a préparé, il est inscrit que j’aurai besoin d’une tenue sportive, d’un ensemble veston et jupe, une robe pour un Garden party, une robe longue pour la soirée du souper officiel, une robe longue pour la noce et bien sûr tous les accessoires pour compléter ses tenues soit des colliers, des chapeaux et des souliers. Mike souligne qu’il y a certains items  qui ne sont pas notés sur la liste. Sa sœur lui jette  un regard étonné et lui demande ce qu’il peut manquer à sa liste. La lingerie, c’est très important, car c’est moi qui aura peut-être l’occasion  d’en profiter. Margaret est maintenant rouge comme une pivoine.

La chance que nous sommes à ce siècle et que Margaret est une femme, car je crois bien que si l’arrivée du repas n’avait pas détourné leur attention à ce moment-là, Margaret aurait fini par provoquer en duel Mike pour le non respect des convenances, ou encore lui planter sa fourchette avec laquelle elle jouait nerveusement depuis un certain temps.

Mais quel idée j’ai eu d’accepter de t’aider, rappelle-le-moi la prochaine fois mon cher quand tu auras besoin de mes services. Margaret avoue cependant qu’il n’a quand même pas tout à fait tort sur ce point, même si les raisons citées ne sont peut-être pas les meilleures pour justifier ces achats dans son rapport.Tous les détails sont importants pourquoi ne pas porter un soin particulier sur les dessous aussi. De toute façon, c’est le groupe qui assure tout le frais, les dessous compris. C’est un peu pourquoi mes dames que je me dois de rester avec vous afin de m’assurer que rien ne sera oublié et que le budget sera respecté. C’est à mon tour de chercher un couteau ou une fourchette à lui planter dans le cœur. Malheureusement, le serveur à tout enlever, il ne reste que la petite cuillère à café. Chanceux le beau Mike! Encore une fois tu as été sauvé et cette fois par une petite cuillère à café et l’arrivée du dessert…

Cette fin de journée restera pour moi inoubliable, puisque par un heureux hasard, nous avons croisé Sir Elton John à la sortie d’une des boutiques où Margaret nous avait amené. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai eu mon coup de cœur pour la robe que je porterai pour la noce. Une longue robe noire des plus classiques avec une encolure bordée d’une fine ligne blanche sur le buste et sur le haut des épaules. L’encolure permet de recouvrir légèrement les épaules et de rendre invisible le tatou que j’ai sur l’une de celles-ci. En apercevant l’expression de Mike à ma sortie de la salle d’essayage, je sais que j’avais trouvé « la robe ».

Depuis le dîner Mike s’est tenu relativement tranquille. Je me doute que cela ne durera pas car je vois poindre son petit sourire narquois sur ses lèvres qui je sais n’augure rien de bon. Il mentionne alors que si les bordures blanches auraient été dans mon dos on pourrait me confondre avec une jolie mouffette. Une chance pour lui que c’est à ce moment-là que sa sœur a choisi pour l’envoyer nous chercher une petite collation.

Comment pouvez-vous fréquenter avec un type pareil? m’a-t-elle demandé avant de retourner son attention sur le choix d’un chapeau. Je dois avouer que je n’aurai vraiment pas su quoi lui répondre. Nous avions finalement trouvé ce qu’il fallait comme vêtements pour la noce, un record selon Margaret. Les accessoires tels les magnifiques escarpins noirs avec des talons qui me permettrait de piquer un sprint en cas de besoin ainsi que le chapeau noir à large bord avec sa bordure blanche complétait bien l’ensemble. Cette robe était faite pour moi, elle me faisait comme un gant. A propos de gants, une longue paire de gants noirs assortis à ma robe qui montait jusqu’aux coudes sont venus compléter nos achats.

Le temps passait rapidement et ils nous restait encore beaucoup de choses à acheter. J’avais été chanceuse d’avoir trouver rapidement ma robe pour les noces mais moins  chanceuse concernant l’achat des autres tenues.

Nous allions donc avoir recours aux services de la couturière pour la confection des autres robes soit celle du Garden party et celle du repas de présentation.

J’en avais presque oublié Mike, mais où est-il donc passé? Margaret, de son côté, n’avait pas l’air inquiète mais plutôt soulager qu’il ne soit plus dans nos pattes.

À la fin de cette première journée de magasinage, j’étais vidée. Énergie zéro. J’ai laissé un message sur la boîte vocale de Mike l’informant que s’il me cherchait je mangerais à la résidence et que je me coucherais tôt car cette journée de magasinage m’avait lessivé.

Shopping jour 2

Le lendemain matin vers les onze heures, ce fut Margaret qui m’attendait seule et cette fois nous étions en limousine. Comme j’étais un peu gênée et hésitante, elle m’a vite rassuré, je suis une styliste réputée alors pourquoi ne pas s’offrir une petite gâterie de temps en temps. Alors en voiture!

Durant le trajet, elle m’a informé que Mike avait été retenu par une affaire urgente. Il viendrait nous rejoindre plus tard. Margaret m’a avoué que lorsqu’elle avait mentionné à son frère que nous passerions une partie de la journée chez la couturière, il n’avait pas hésité une minute pour se trouver une excuse afin de ne pas venir.

Il faudrait que je pense à demander deux choses à Mike, la première pourquoi il détestait tant les couturières et la seconde si sa sœur savait exactement ce qu’il faisait dans la vie.

Ce mercredi, fut le plus long que la terre est faite, prise de mesure, tourne, pique, retourne, repique. Je me serais cru à une séance chez l’acupuncteur.

Grâce aux informations notées par Margaret lors de nos visites chez les designers, le choix des tissus et des modèles a été facilité. J’allais avoir une robe mi- longue à crinoline dans le style des robes des années soixante (genre Mad Men). J’ai hésité au début entre deux motifs soit celui avec les roses et celui avec des fleurs jaunes et vertes. Après réflexion et suite aux judicieux conseils de ma styliste personnelle, j’ai opté finalement pour le tissu à motif floral jaune et vert. Devant le miroir ce tissu mettait en évidence ma courte chevelure auburn. Ma chevelure serait légèrement camouflée par un joli petit bibi confectionné avec ce même tissu et muni d’une jolie voilette blanche. Des petits gants blancs en filet et une petite bourse de couleur jaune citron compléteraient l’ensemble.

Voici une brève explication concernant le port du chapeau en Angleterre. Pour un Garden party, comme le tout se déroule à l’extérieur donc possibilité d’une forte exposition au soleil, on doit donc se munir soit d’un chapeau ou d’une ombrelle ou encore les deux. Pour une noce, comme celle qui nous intéresse, qui se déroulera autant à l’intérieur qu’à l’extérieur le port d’un chapeau est fortement recommandé. Coutume anglaise qui trouve sa source à l’origine de la coquetterie des dames anglaises concernant la couleur de leur peau. Une peau blanche était reconnue comme des plus séduisantes donc les dames devaient se protéger du soleil, soit par le port d’un chapeau ou la tenue d’une ombrelle afin de préserver leur teint le plus pâle possible. Je rajouterai que pour ma part cette coutume a encore plus sa raison d’être et ce surtout à cause des mauvais rayons du soleil. Un autre exemple me concernant, pour le bal de présentation comme tout l’événement se déroulera à l’intérieur je n’aurai donc pas besoin de chapeau. Fin de l’exposé concernant le port des chapeaux.

En ce qui concerne le Garden party, je dois me trouver des sandales et celles-ci doivent avoir des talons hauts, mais nous nous occuperons de trouver ces souliers après le lunch, mon estomac commence à crier famine.

Au restaurant, Margaret et moi, nous préparons à déguster des Fish and chips. Je demande alors à Margaret si je devrais danser. Je ne pense pas puisque selon ce que Mike m’a expliqué vous serez  là pour surveiller, pas pour danser. Qui parle de danser ici? C’est le beau Mike, que Margaret a rejoint sur son téléphone, qui vient enfin se joindre à nous. Des Fish and chips. Souvenirs! Souvenirs! C’est notre premier repas que moi et Mike avons pris ensemble. Je m’en souviens et cela me semble déjà si loin!

Nous nous dépêchons car cette après-midi nous avons rendez-vous pour le choix de la robe pour le souper de présentation. Ce souper consiste à réunir les deux familles ainsi que quelques personnages importants la veille de la noce et il se déroulera un bal dans la soirée et où les invités pourront danser.

Arrivée à la boutique, nous sommes dirigés vers un salon où une multitude de tissus et de modèles nous attendent. J’en profiterai pour faire d’une pierre deux coups en choisissant le tissu pour mon ensemble veston et jupe, d’un bleu marin dans une coupe classique, costume que Mike m’a assuré que je pourrai garder par la suite. D’ailleurs toutes les tenues me resteront puisqu’elles ont été confectionnées pour moi.

Le défi est de taille puisqu’il faut me trouver une robe longue pour le souper qui sera suivi d’un bal. Je dois d’ailleurs comme pour les autres occasions porter un petit pistolet sous ma robe selon les conseils de Mike. Ce que j’espère est de ne pas avoir à l’utiliser. L’installation de la chose est assez simple une bande de velcro et le tour est joué. Il est impossible à moins de posséder une vue extraordinaire de détecter mon pistolet sous mes vêtements. Bien sûr, il est contre indiqué de porter des vêtements transparents.

Finalement, pour le souper de présentation, mon choix s’est arrêté pour une longue robe d’un bleu ciel fendue sur l’un des côtés. Ma robe sera munie de minces bretelles, d’un bustier dont le tissu sera superposé afin de donner l’impression d’avoir un peu plus de buste, par la suite le robe tombera droite jusqu’au sol. Un châle, pour la forme, puisque le bal se passera en grande partie à l’intérieur, sera confectionné à partir du même tissu ainsi qu’un sous bras. Mike a alors spécifié à sa sœur qu’il préférait que je porte le même style de bourse que pour les autres tenues. Je veut qu’elle est une bourse qu’elle puisse s’accrocher à l’épaule, autour du cou ou ailleurs si cela lui chante, je m’en fiche, l’important est qu’elle ai les mains libres en tout temps. J’interromps la tirade de Mike en lui mentionnant que je ne me vois pas saluer la Reine avec une sacoche accrochée autour du cou. Et lui de me répliquer du tac au tac avec son flegme typiquement britannique que la Reine à quand même un peu le sens de l’humour. Une chance que la journée tire à sa fin car je suis fatiguée et l’humour de mon beau britannique ne me fait plus rire.

Margaret, en diplomate, décide de décréter une soirée libre pour tout le monde. Demain, jeudi, sera une autre journée bien remplie. Mike aura pour mission de passer à la boutique pour aller chercher ma robe pour le mariage ainsi que les accessoires, tandis que de mon côté je dois me rendre pour les derniers essayages chez la couturière pour la robe du Garden Party et l’ensemble deux pièces dont j’ai besoin pour ma rencontre de vendredi avec la Reine. J’aurai au moins droit de porter mes souliers noirs à talons plats pour cette rencontre. Il ne faut pas oublier de prendre les sandales assorties avec l’ensemble du Garden Party.

J’ai l’impression qu’il va nous manquer de temps. Les rendez-vous, pour l’esthéticienne, le pédicure, l’épilation, la manucure et la coiffure ont été pris pour six heures samedi matin. On va devoir se lever aux aurores.

Margaret nous laisse en nous souhaitant une bonne soirée. Aller mes tourtereaux, c’est votre soirée, alors profitez-en! Mike est un peu dans le même état que moi, c’est-à-dire un peu étourdi mais aussi abasourdi par cette gentille attention de la part de sa sœur.

Pour ceux qui pensent trouver quelques détails croustillants dans les prochaines lignes, vous allez être déçus, vous pouvez donc passer au prochain chapitre. Pour les plus curieux, je continue mon histoire.

Donc ce soir-là, nous nous sommes bien permis quelques galipettes mais étant donné tout ce qui nous occuperait dans les prochains jours, nous étions plutôt dans nos bulles respectives.

Durant la soirée Mike à tenter de répondre le mieux possible à toutes mes nombreuses questions qui me passaient par la tête ainsi que de revoir les règles de protocole d’usage à la cour. Quoi qu’il arrive tu ne dis rien et tu gardes ton calme. Il va avoir plein de gens autour de toi pour te donner un coup de main si tu as des problèmes. Ils seront plusieurs à vouloir t’aider surtout si tu portes cette magnifique robe bleue. Tu vas en distraire sûrement quelques-uns. Hein! Qu’est-ce qu’elle a ma robe bleue?

Garden Party

Après une nuit des plus agitée non pas à cause du beau Mike mais plutôt par le stress et l’angoisse, nous étions prêts à passer à l’action.

Après avoir échanger un rapide baiser et pris quelques fruits pour manger sur le pouce, nous sommes partis chacun de notre côté.

Comme prévue, Mike devait passer chercher ma robe pour le mariage ainsi que les accessoires en plus de compléter ses propres achats. De mon côté je prenais possession chez la couturière de mon ensemble veston et jupe et de ma robe pour le Garden Party, qui devait avoir lieu cette après-midi là. Un dernier essayage a été nécessaire pour la robe bleue pour le bal de présentation du vendredi.

Après un léger repas je m’empressais de commencer de me préparer. Un coup d’œil au miroir m’a convaincu que malgré ma mauvaise nuit j’étais présentable. Mike devait passer me chercher aux environs de midi.

Margaret avait pris la peine de se déplacer pour venir me donner un coup de main. L’ensemble Garden Party m’allait à ravir, j’avais l’impression d’avoir rajeuni de dix ans. Seul l’ajustement de mon petit bibi à voilette nous a causé quelques problèmes. Avec mes cheveux fins, réussir à faire tenir ce petit chapeau sur ma jolie tête n’a pas été une mince affaire. Grâce aux doigts magiques de Margaret et l’aide de quelques barrettes, le petit bibi tenait en place. Nous terminions l’installation de la voilette lorsque Mike a fait son apparition.

Je dois avouer que mon gentleman anglais ne manquait pas de classe. Avec son ensemble fait d’un débardeur blanc orné d’une bande jaune, d’une chemise blanche à manches courtes et d’un pantalon blanc, il était aussi éblouissant que le soleil. Sa casquette blanche à visière jaune, lui donnait un petit air de jeune collégien.

Lorsque nous sommes arrivés, nous avons immédiatement pris nos positions. Je vérifiais une dernière fois que ma broche qui servait d’émetteur-récepteur était bien en place. Mike allait s’entretenir avec le responsable de la sécurité et l’aviser que nous étions en poste et  prêts.

J’étais à une bonne distance de la table de la famille Middleton afin de pouvoir apercevoir la famille ainsi que le va et vient des gens autour d’eux. Le soleil était resplendissant et aucun nuage n’est venu assombrir la fête. J’ai eu même des félicitations en ce qui concerne mon petit chapeau et sa voilette.

Tout s’est bien déroulé, le seul problème que j’ai eu a été d’un autre genre. Je dois avouer qu’il faisait chaud sous ma crinoline. Comme cette crinoline était confectionnée dans un tissu plutôt rugueux, le tissu avait tendance à coller et frotter ce qui irritait ma peau à certains endroits. À part ce léger inconvénient j’étais satisfaite de ma première journée de mission. Nous sommes d’ailleurs restés en poste jusqu’au départ des traiteurs soit en début de soirée.

J’avais juste hâte de pouvoir enlever mes hautes sandales et de marcher pieds nus dans l’herbe et comme nous avions eu la chance de grignoter ici et là nous n’étions donc pas très affamés. Nous avons donc opté pour une promenade dans un charmant parc situé non loin de notre gîte.

Mike avait changé son pantalon blanc pour un son vieux jeans et moi par une robe soleil d’un tout autre style que celle de l’après-midi. La main dans la main, nous déambulions en échangeant nos impressions sur ce que nous avions pu observer chacun de notre côté durant l’après-midi.

Après avoir passé presque trois jours intensifs dans les boutiques, j’étais en mesure de passer en revue la plupart des tenues des dames aperçus durant l’après-midi. Je dois avouer que certaines auraient eu besoin des judicieux conseils de Margaret dans le choix et l’harmonie des couleurs de certaines tenues.

Mike s’est plus concentré sur le genre des personnalités présentes, de leurs rôles dans l’entourage de la famille Middleton et de la famille royale. Il a bien rigolé lorsque l’un des oncles de Kathy s’est mis à chanter une petite chanson grivoise provenant des ancêtres irlandais de la famille. D’ailleurs certains n’ont pu résister à se joindre au vieil oncle pour certains couplets et cela au grand dam de certaines dames présentes.

Le lendemain, j’allais être présenté officiellement à la Reine comme étant l’une des gardes du corps attitré à la famille Middleton. Avec mon petit tailleur bleu gris, je donnais plus l’impression d’être une hôtesse de l’air que d’une garde du corps. Dans la soirée, ce serait le souper suivi du bal de présentation. J’ai donc eu droit ce soir là à un bon massage pour me détendre de la part d’un Mike des plus habiles. J’en ai profité pour lui demander s’il avait encore d’autres talents cachés dont j’ignorais l’existence.

Vendredi ou le bal des présentations

Le vendredi matin était arrivée et j’allais rencontrer en chair et en os la Reine Élisabeth. J’étais très excitée. Nous étions tous alignés dans le grand salon lorsque la porte s’est ouverte pour laisser Élisabeth, la reine d’Angleterre. Une grande Dame même si physiquement elle est plus petite que moi et d’une sérénité digne de son titre.

Des cent-vingt agents présents nous étions une quarantaine de femmes. Lorsqu’elle s’est présentée devant moi, je me suis inclinée en lui mentionnant mon nom et ma provenance.

On ne touche jamais à la Reine. Mike, qui se tenait à ma gauche, pouvait me traduire les propos de la Reine si celle-ci me poserait des questions. Le grand blond, qui se tenait à ma droite, semblait en pays de connaissance puisque la Reine lui a échangé un mot ou deux.

Toute une Dame….

Malgré tous ses préparatifs le tout s’est déroulé au grand maximum une quinzaine de minutes.

Mais je n’oublierai pas ce moment jusqu’à la fin de ma vie.

Après notre sortie de la salle d’audience, nous nous dirigions pour les préparatifs de la grosse soirée qui nous attendait. La coiffeuse et Margaret nous attendaient à la pension.

Comme je n’avais pas vraiment déjeuné et je n’aurais probablement pas la chance de manger au banquet, je me restaurais le mieux que possible selon ce que mon estomac acceptait.

Je passais en premier au maquillage et par la suite entre les mains de la coiffeuse.

Margaret m’a secondé dans mes préparatifs surtout lorsque j’ai revêtu la superbe robe bleu et elle n’a rien dit quand Mike est apparu pour installer mon micro et mon arme.

Mais qu’il était beau! Je crois que s’il m’avait demandé en mariage à ce moment-là, j’aurais accepté sur le champ.

Sa sœur m’a alors fait le commentaire suivant, méfiez-vous des apparences, il semble beau et à l’air d’un ange mais il est loin d’en être un et il peut être dangereux.
Ce qui m’a ramené sur terre, au moment présent et a répondu à de mes nombreuses questions. Sa sœur devait savoir beaucoup plus de choses sur lui que ce que je pouvais  penser.

Après les compliments et les embrassades, nous quittions la résidence à bord de la limousine qui nous avait été envoyé pour venir nous chercher.

Nous sommes arrivés au château où nous avons été dirigés dans un salon qui tenait de quartier général. C’est de cet endroit que serait géré les déplacements des agents. Pour ma part, j’étais placée à l’une des entrées de la grande salle à manger près des places où se tiendrait une partie de la famille Middleton.

Mike était de l’autre côté, un peu plus sur ma droite et situé près de deux diplomates de pays étranger qui était invité. Je l’apercevais à peine mais je l’attendais très bien.

J’avais l’impression d’avoir susciter beaucoup de curiosité de la part de certain de ses collègues. Comme il l’avait prédit j’ai eu droit à de nombreux regards assez éloquents concernant ma robe. Je dois avouer que Margaret et la couturière avaient fait des miracles, j’avais du style et en plus mes souliers ne me faisaient pas trop souffrir. Je portais ma petite bourse accrochée au bras lorsque la Reine m’a salué au passage en se dirigeant vers sa place.

Après les trois premiers services, nous avons eu droit à une pause. D’autres agents sont venus nous remplacer afin que nous puissions aller aux toilettes, fumer ou manger. Nous allions reprendre nos postes pour le service du dessert. Je n’ai pas eu la chance de croiser mon beau Mike à ce moment-là mais j’ai revu le grand blond du matin. Après m’être désaltérer et avoir pris une petite collation avec une retouche rapide au maquillage, j’étais prête à retourner à mon poste.

Une fois le dessert desservi, les convives se sont retirés pour se rendre dans la salle de bal. La salle à manger m’a paru immense mais la salle de bal était encore plus impressionnante. Comment retrouver quelqu’un dans si grand endroit car certains invités étaient conviés seulement pour le bal. Mais quel bal !!

J’étais subjugué par la danse d’un couple lorsque j’ai senti la présence de quelqu’un dans mon dos accompagné d’un merveilleux petit frisson qui a parcouru ma nuque. Je savais qui se tenait dernière moi sans qu’il ai a dire un seul mot.

Mon gentleman anglais me tendait la main, my lady, veux-tu bien m’accorder la prochaine danse?

J’allais répondre que je n’avais pas de remplaçant lorsqu’un agent s’est présenté pour prendre ma relève.

J’ai alors dansé la valse la plus mémorable de ma vie.

Je dois avouer que je ne sais pas vraiment danser mais j’étais dans les bras d’un danseur hors pair. Il possédait donc vraiment tous les talents ce Mike. Après deux autres danses dans les bras de mon anglais, il me tenait sous son pouvoir. Mike m’a ramené lentement mais sûrement sur terre en me rappelant que nous avions une autre grosse journée qui nous attendait le lendemain et que nous devions nous lever tôt. Ma belle Cendrillon, si tu ne veux pas que ton carrosse se transforme en citrouille, la limousine nous attends pour nous ramener à la maison.

Noce Royale

Lorsque je me suis réveillée ce matin-là je n’ai pu m’empêcher de penser à l’effervescence qui devait avoir lieu ce matin-là au palais et dans l’entourage du prince William ainsi que dans la famille de Kate.

J’ignore encore à quel rituel les Londoniens ont eu recours la veille pour obtenir du beau temps mais ce fut efficace puisqu’il a fait un temps splendide toute la journée.

Nous étions à prendre notre petit déjeuner quand la coiffeuse, l’esthéticienne et ma styliste sont débarquées à la résidence. Il était au environ de sept heures lorsque Mike,  est sorti de sa chambre tout frais coiffé et rasé. Avant que je commence à m’habille  et à revêtir la longue robe noire avec sa jolie encolure blanche, Mike m’a remis un cadeau à soit un beau bracelet en argent serti d’onyx. L’effet du bracelet sur les beaux grands gants noirs était fantastique. Ce cadeau pour me remercier pour ma présence et mon travail à mes côtés ainsi que pour ma patience lors des derniers jours surtout pour quelqu’un qui n’est pas familière avec cet environnement.

Effectivement je n’oublierai pas ses quelques jours qui se sont déroulés à un rythme effréné par rapport à mon rythme de vie habituel. Deux univers complètement différents. Après lui avoir déposé un léger baiser sur la joue afin de ne pas lui laisser de trace de rouge à lèvres et défaire mon maquillage, je retournais à Margaret pour terminer mon habillage et enfiler mes escarpins noirs. La vue que j’avais dans le miroir était une femme chic mais de style discret. Margaret semblait satisfaite du coup d’œil général.

C’est alors que Mike est apparu… j’en ai eu le souffle coupé. Je n’oublierai jamais cette vision de mon gentleman anglais.

Avec son habit grise à queue de pie assorti d’un veston noir, d’une chemise blanche avec sa cravate grise, de son pantalon qui s’harmonisait avec le tout et pour couronner le tout son chapeau, un haut de forme qu’il portait pour l’instant dans ses mains accompagner de gants gris, il faisait très distingué.

Mike nous a ramené moi et Margaret sur terre, en attirant notre attention sur le fait que le temps passait vite et qu’il voulait remettre à Margaret l’écouteur et mon petit pistolet afin que celle-ci puisse procéder à l’installation ainsi qu’à l’ajustement de ce matériel.

Une fois mon écouteur bien installé dans ma boucle d’oreille et mon petit pistolet installé sous ma robe au niveau de la fausse poche que j’avais sous ma robe. Le pistolet étant fixé de la même façon que la dernière fois soit avec une bandelette de velcro. Il ne me restait maintenant qu’à ajuster mon chapeau noir avec son large bande blanche et j’étais prête.
Pour sa part, Mike portait son récepteur dans son épingle à cravate et son arme sous l’aisselle gauche de son manteau à queue de pie.

Nous allions rejoindre la famille Middleton à leur hôtel par la suite le cortège se mettrait en branle en direction de l’Abbaye de Westminster.

Une Surveillance Royale

Après avoir pris ma place à l’avant du véhicule, nous nous dirigions vers l’hôtel où séjournait la famille Middleton. Notre limousine était destinée pour les membres de la famille soit la mère, l’une des tantes de Kate et quelques une des bouquetières.

Le parcours s’est déroulé dans un silence solennel si bien que j’avais l’impression que j’étais encore seule avec le chauffeur.

Arrivée devant l’entrée de l’Abbaye, des agents sont venus ouvrir les portières de chacun des côtés de la voiture. C’est à ce moment qu’on peut m’apercevoir sur les images de certains reportages. M’apercevoir est un grand mot puisque mon grand chapeau me voile la majeure partie du visage ainsi que le haut de ma robe.

Après avoir déposé notre précieux chargement nous poursuivons notre chemin derrière jusqu’à une porte donnant sur la sacristie. Cela va me permettre d’aller prendre ma position discrètement près de la rangée de sièges où sont déjà pris place certains membres de la famille Middleton.

Je reconnais quelques personnes de la famille que j’ai vue lors du Garden Party. Mike, pour sa part, est complètement de l’autre côté de la nef, dans un secteur où il m’est impossible de l’apercevoir. Je l’entends cependant lui et les autres se parler continuellement grâce à l’écouteur que je porte dans ma boucle d’oreille.

L’arrivée des gens s’est faite graduellement et il y avait des responsables pour diriger les gens vers leur place respective. La vigilance était donc de rigueur lors de la fin de la cérémonie et pour le mouvement des gens lors de la sortie de l’Abbaye. Comme les agents me l’ont mentionné, le moment le plus délicat est lors de la sortie des mariés et de la formation du cortège.

De mon côté, la famille et leurs amis de ma section ne m’ont pas causé de problème majeur. Cependant il a fallu quelques interceptions discrètes mais ferme concernant quelques curieux qui ont tentés de s’immiscer afin d’assister à la cérémonie de plus près.
Rien de visible au niveau des médias, mais je peux dire que j’ai entendu beaucoup de choses ce jour-là dans mes écouteurs et ce n’était pas seulement que des beaux mots mais des commentaires de tout acabit.

Une fois la cérémonie achevée, j’avais comme responsabilité de m’assurer que tous avaient bien quitté leur place et que dans la place il ne restait rien ni personne.
Après avoir déclaré à ma broche que tout était « clean » je devais retourner à la porte de service par laquelle j’avais entré quelques heures plus tôt et là une limousine m’attendait.

J’embarquais à bord et nous étions quelques agents qui avaient pour mandat de nous rendre le plus rapidement possible afin d’assurer une entrée sécuritaire des invités au palais. Fin des transmissions….

A Suivre… Fin de la première partie

Ce que je fais est un peu semblable à ce qu’on appelle ici des clients mystères. Une firme est responsable d’évaluation de différents genres de commerces comme des magasins, restaurants, etc. La différence pour moi est que ce sont des lieux que je dois évaluer pour la sécurité. Le mode de paiement est semblable c’est à dire que l’argent est déposée normalement par dépôt direct dans un compte.

Dire que tout cela à débuter à cause d’une cheville foulée….

 

Sous observation (Chapitre 6, Révélations en Italie)

L’été est passé et je n’ai pas eu d’autres nouvelles en provenance de l’Angleterre depuis l’histoire du fameux pourriel. Je me suis décidée pour aller à Rome en Italie.

Après un transfert à Paris, je suis arrivée à Rome en train à la gare du Termini de Rome. Celle-ci se trouvait à seulement dix minutes de mon hôtel. Pour ma semaine de vacances j’avais opter pour visiter les attraits les plus populaires de Rome soit le Colisée (Non Russell Crowe alias le gladiateur, n’y était pas!) le Place Saint-Pierre et le Vatican (Non, Tom Hanks alias Robert Langdon n’y était pas non plus!), la Fontaine de Trevi, la Place d’Espagne , etc… etc..

Je me préparais à traverser la rue pour retourner prendre le métro situé près du Colisée lorsque j’ai été violemment projeté sur le trottoir par quelqu’un. Cette personne venait d’éviter de me faire heurter par une mobylette qui fonçait droit sur moi. Je me relevais  surprise et choquée lorsque je constatais que mon sauveur était toujours près de moi. J’allais remercier celui-ci lorsque je l’ai reconnu.

Amaigri mais arborant toujours son sourire resplendissant, Mike se tenait devant moi. J’étais heureuse de la revoir malgré la façon que nos retrouvailles s’était déroulée. Je l’invitait à me suivre jusqu’à mon hôtel. Malgré tout le brouhaha qui avait suivi la bousculade et à ma grande surprise Mike avait réussi à prendre le numéro d’immatriculation du chauffard. De retour à l’hôtel Mike en a profité pour prendre des informations concernant le conducteur du scooter. Je me préparais à inviter Mike à se joindre à moi pour prendre un café quand celui-ci m’a arrêté.  Il faut qu’on je te parle c’est urgent m’a-t-il dit. Je pensais que cela concernait les informations concernant le chauffard à la mobylette. J’étais alors loin d’imaginer ce qui allait me révéler.

Lorsque j’ai été malade, j’ai beaucoup pensé à nous deux. Je ne peux continuer seul et je te dois des explications. Ma chère, je fais parti d’un groupe qu’on nomme les Observateurs. Notre rôle est un peu comme celui d’un ange gardien mais en version plus terre à terre puisque notre rôle est de veiller à la protection et la sécurité de certaines personnes et depuis un certain temps c’est mon rôle te concernant. Depuis plusieurs années, les membres de ta famille du côté maternelle sont sous observations. Cette surveillance t’est attribuée parce que tu possèdes une vibration différente de la normale des gens.

J’étais bouche bée.

Mike m’a alors parlé de l’effet papillon ou encore de la théorie de l’effet domino. Ma chère, tu es une scientifique de formation, tu as sûrement étudié ou lu des articles sur le mouvement des particules, des électrons, des protons, etc… Tu sais que lorsqu’un élément se met en mouvement, il provoque alors l’agitation des autres autour de lui. Tu es l’une de ses particules qui mises en mouvement peut provoquer des perturbations de toutes sortes. Lorsqu’on avait présenté à Mike ce qu’il devait faire chez les Observateurs, cela lui avait paru à lui aussi invraisemblable que pour moi à cet instant.

J’ai appris avec le temps que tout est lié et suit une logique, c’est un peu comme les pièces qui se mettent en place.

Je trouvais cette histoire tirée par les cheveux mais Mike a commencé son exposé concernant le dossier de ma famille dont celui de ma grand-mère maternelle. C’est elle qui serait à la base de l’histoire et moi j’en suis qu’un des chaînons.

Le groupe pour lequel Mike travaille recherchait depuis des décennies une jeune fille qui avait été séparé de sa famille. Les recherches se sont déroulées durant une longue période parce que ma grand-mère faisait partie d’une lignée spéciale. Elle était la dernière de cette famille spéciale qui comptait alors quatorze enfants.

Avec les épidémies qui sévissaient à l’époque, les cinq premiers enfants de la famille sont décédés très jeunes. Le père de la famille fut, pour sa part, porté disparu un soir au retour de son travail. La mère par mesure de sécurité décida alors d’aller se réfugier avec le reste de sa famille dans les bois car celle-ci aurait été soupçonné à cette époque de pratiquer de la magie. Comme l’inquisition, cette chasse aux sorcières, battait son plein durant cette période, elle était donc surveillée. Un soir d’automne, un violent incendie s’est déclaré et a dévasté la maison. L’origine de l’incendie ne fut jamais déterminée. Toute la famille a péri sauf quatre enfants, quatre petites filles qui furent séparées et placées dans différentes familles. Elle ne se revirent jamais.

L’organisation qui était à ses débuts s’était intéressée beaucoup au sort réservé aux fillettes. Au moment de la première guerre mondiale beaucoup d’informations furent perdues dont certains documents qui auraient permis de retracer les quatre fillettes en question. Malgré de nombreuses obstacles, le groupe a réussi à retrouver la trace de deux d’entre elles. L’une d’elles était ma grand-mère.

Mike s’est alors interrompu pour reprendre son souffle et m’a invité à remonter dans mes souvenirs et de lui raconter mes souvenirs concernant ma grand-mère.

Ma grand-mère maternelle avait été adopté. Selon la légende, des gitans de passage l’auraient vendu à une famille de la région. Grand-maman a pour sa part eu douze enfants dont la petite dernière est ma mère. Ma mère me racontait que mon grand-père  quittait à l’occasion la maison pour se rendre en ville brasser des affaires. Ma mère a toujours ignoré en quoi consistait exactement les activités de son père lors de ses visites en ville. Un jour, au retour de l’un de ses voyages, son père l’a fait venir dans son bureau. Je vais avoir quelques choses à te confier, on s’en reparlera, malheureusement quelques jours plus tard il est monté faire une sieste et ne s’est jamais réveillé. Ma mère a été la dernière à lui avoir parlé.

Pendant que je racontais mes souvenirs, le temps avait passé. J’éprouvais le besoin de prendre une pause et d’aller nous dégourdir. Nous sommes sortis prendre de l’air et faire une promenade jusqu’à la fontaine de Trevi où Mike en a profité pour continuer son histoire.

Ton enfance s’est bien déroulée, les observateurs de ce temps-là sont disparus maintenant, ils ont été remplacés par des nouveaux. Durant ton adolescence et tes études, celui qui a veillé sur toi, était un observateur local. Il t’a surveillé durant la majeure partie de tes études à Québec. Ce fut l’un des meilleurs agents durant cette période.

De retour à l’hôtel, j’encourageais Mike à poursuivre.

Le choix de quitter la région de Québec pour la grande ville et ton installation dans la métropole s’est quand même bien déroulé. Rien ne semblait te menacer de prêt ou de loin, les gardiens de cette période ont fait de l’excellent travail. N’empêche que c’est lors d’une sortie qu’une distraction de la part d’un de tes surveillants a failli causer ta perte. À son insu quelqu’un avait réussi à verser quelque chose dans ton verre. Quelqu’un du groupe avait ce qu’il fallait pour atténuer les effets de ce que tu avais ingéré. Selon nos dossiers, cette tentative d’agression sur ta personne fut le seule durant cette période.

Un autre chapitre de ta vie allait débuter et là encore les choses allaient se compliquer un peu plus pour tes protecteurs. Ce que le groupe craignait était ce qui pourrait arriver à tes enfants. Le sang de ton sang avec tout ce que cela comportait. Une surveillance particulière leur est donc attitrée à eux aussi.

C’est donc moi maintenant qui est responsable de ton dossier et donc de ta protection. Je dois t’avouer que la tâche n’est pas des plus facile surtout depuis que tu as commencé à faire de plus en plus de voyages.

Je me rappelle l’un de tes premiers voyages à Cuba ou le groupe s’est organisé rapidement afin de te trouver un surveillant à destination et c’est Jacob qui a été l’heureux élu. Sa stratégie afin de mieux te surveiller était de flirter avec ta copine qui t’avais accompagné pour ce voyage. Il n’a pas chômé car vous n’étiez pas toujours facile à suivre. Il a été aidé par sa sœur afin de couvrir ses arrières et  lui servir d’excuses  lorsqu’il ne pouvait pas être avec ta copine afin de te suivre. Il pensais que vous seriez toujours ensemble durant tout votre séjour, mais nous connaissions pas encore ton désir de liberté et d’indépendance.

Ne prenez jamais rien pour acquis nous disais nos formateurs et cette remarque  s’applique parfaitement pour toi.

D’ailleurs il y a eu ce fameux soir où ta copine avait besoin de réconfort à la suite de sa dispute avec son petit copain le musicien. Jacob devait te surveiller mais comme ta copine avait besoin d’une épaule consolatrice, il n’a pu s’empêché de la consoler et de se laisser distraire. Il avait pensé que tu resterais bien sagement comme tous les autres soirées dans ta chambre. Lorsqu’il est retourné avec ton amie et qu’il s’est aperçu que tu n’étais plus dans la chambre, il a eu chaud, très chaud. Il t’a cherché partout. C’est lorsqu’il t’a finalement aperçu à la sortie de la discothèque de l’hôtel qu’il a pu recommencé à respirer. Jamais il n’aurait pu imaginé te retrouver là puisque tu n’avais pas semblé t’intéresser par cette endroit, mais ce soir-là tu y es allée et seule. Lorsqu’il a fait son rapport, il en tremblait encore. J’étais en formation à ce moment-là et crois-moi on ne riait pas quand l’une des personnes sous surveillance disparaissait.

Le voyage à Paris avec ta fille s’est bien déroulé et cette fois aucun problème à signaler. Nous il avait quelqu’un qui vous avait à l’oeil toute les deux. Pas facile de vous suivre dans ses autobus de touristes où tu montes et tu descends à ta guise.

Lorsque nous avons appris que tu prévoyais faire un voyage en Terre Sainte soit en Israël et Jordanie,  nous en avons profité profitons pour établir des contacts sur les lieux afin d’assurer ta protection. Cette préparation n’a pas été de tout repos et m’a donné de nombreux maux de tête. Ton surveillant nous a rapporté que tu as semblé le reconnaitre plusieurs fois.

Lors de notre réunion de préparation pour le voyage on nous avait avisé que pour assurer notre sécurité nous serions escortés par des gens par mesure de précaution. J’ai tout simplement pensé qu’il était l’un d’entre eux, avec sa casquette et ses lunettes fumées, je l’ai apercu à Nazareth, à Bethléem et même à Pétra en Jordanie.

Mike pensait avoir vécu le pire lors de mon pèlerinage en Terre Sainte mais je leur réservais encore des émotions fortes et des surprise, surtout lors de ce séjour improvisé à New York qui est resté inoubliable pour moi mais pour Mike aussi. Cette fin de semaine là, je devais resté bien tranquille à la maison lorsque l’envie soudaine de prendre l’avion m’a prise. C’est lorsqu’il a été signalé que je quittais la maison en taxi pour me diriger à l’aéroport Trudeau de Montréal.

À notre grande surprise ta destination était l’une des plus grandes villes de la planète, New York. Cette escapade a provoqué toute une commotion au sein de l’organisation. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le groupe à prendre la décision de procéder à une surveillance plus rapprochée.

C’est là que, moi Mike, je rentre en scène.

Nous avions une heure pour envoyer quelqu’un sur les lieux avant ton arrivée à New York. L’achat de ton billet d’avion nous a appris que tu allais arriver à l’aéroport de la Guardia. Réussir à te suivre toi et ton taxi sur l’île de Manhattan n’a pas été facile. Grâce aux radios des taxis nous espérions avoir la chance de savoir où tu descendrais. Ce ne fut pas facile de te suivre puisque la première adresse que tu as donné au chauffeur n’a pas été celle où tu t’es rendue. Une fois à l’intérieur de cet hôtel, tu es ressortie rapidement pour te diriger vers l’entrée de l’Empire State Buildings. Il nous a semblé que tu n’avais pas fait de réservations. Rendu devant l’entrée de l’Empire, tu t’es alors complètement retourné pour te rediriger vers une autre direction.

Complètement désorienté par tes nombreux changements de direction l’un de tes poursuivants, c’est à dire moi, Mike, j’ai décidé de te suivre à pieds. J’ai alors compris que tu n’avais pas idée d’où tu allais. Il a fallu que tu visites d’ailleurs plusieurs hôtels avant de réussir à réserver une chambre pour ton séjour. Ton hôtel était bien située et proche de la plupart des sites intéressants de la Grosse Pomme dont celui de Time Square.

Après cette filature, j’avais besoin d’un bon café. Ma pause fut de courte durée, car quelques minutes plus tard tu repars de ton hôtel et tu te diriges vers l’Empire State Buildings. Après être monté au sommet, tu redescends et tourne sur la rue pour te rendre en plein cœur de Manhattan à Time Square. Après un va et vient sur les trottoirs, te voilà qui te dirige vers le magasin Macy’s.

Par deux fois, des gens mal intentionnés ont tenté de t’approcher. La première fois fut lorsque tu t’es rendue au port pour prendre le bateau pour faire le tour de l’île de Manhattan. Nous avons réussi à intercepter l’un de tes poursuivants. La seconde fois fut le samedi matin à la suite de ta visite au guichet automatique. Pour réussir à neutraliser le second poursuivant, il nous a fallu recourir à une intervention un peu plus musclée. Tu te souviens sûrement de cris et de l’arrivée d’un camion gris près de l’arrêt d’autobus où tu attendais d’ailleurs pour un tour de ville. Nous avions réussi à mettre la main sur le second.

Quand Mike a fini son histoire j’étais complètement gaga… Une autre pause s’imposait. Car j’étais loin d’être au bout de mes surprises.

(Londres Version Mike)

Pour ton voyage à Londres nous avions décidé de recourir à une garde rapprochée. C’était la première fois que j’occupais ce rôle chez-moi en Angleterre. J’ignorais encore comment j’allais m’y prendre pour établir le contact.

Lors de ton arrivée après d’avoir surveillé, je me suis posé beaucoup de questions à ton sujet et par commencer pourquoi tu tournais en rond  dans le terminal au lieu d’aller prendre le train ou le métro. J’ai compris alors que tu étais comme à New York, en mode improvisation. Tu t’es  dirigé droit sur moi près de l’îlot central pour consulter tes documents. J’étais troublé de te voir tourner en rond mais la suite est encore plus troublante.

Je venais de demander un congé de l’école de musique qui me sert de couverture pour assurer ta surveillance et ta protection le jour où je t’ai rencontré et que j’ai soigné ta cheville. Lorsque je t’ai aperçu assis sur les marche de l’école de musique j’avais peine à y croire. C’était toi qui es venu plus ou moins à ma rencontre, le contact était établi, j’ai donc décidé de modifier mes plans. Comme tu étais de charmante compagnie, je me suis dit pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable. Un de mes mentors dans le groupe m’avait pourtant averti de toujours garder nos distances avec les personnes que nous avons à surveiller et à protéger ce qui évite bien des complications. Je me persuadais que cela ne m’arriverait pas, encore là, l’avenir allait me prouver le contraire. Au fil de nos rencontres, j’ai appris à te connaître et je n’ai pu m’empêcher de découvrir et d’apprécier ta personnalité. Lorsque tu as quitté Londres, je ne pensais jamais te revoir. Je m’informais toujours des différents dossiers de surveillance en cours dont le tien. C’est alors que j’ai appris que tu avais décidé de te rendre durant l’automne à Las Vegas. Au même moment, j’ai appris qu’il se déroulerait un séminaire de musique à Las Vegas durant cette période, après quelques pourparlers serrés avec mes patrons, j’ai réussi à les convaincre qu’il était préférable de te suivre de plus près dans ce lieu de perdition qu’est Las Vegas! C’est là que moi je me suis perdu !!! Ville de toutes les tentations, il a fallu que je me laisse tenter par ce qu’il ne fallait pas c’est-à-dire toi…. On ne dit pas cette petite phrase : ce qui se passe à Las Vegas reste à Las Vegas

Viva Las Vegas!(Version Mike)

Mon plan était mal parti car nous avions eu du retard avec notre vol. J’espérais te rencontrer à ton arrivée mais les évènements en ont décidé autrement. On m’avait averti de tes déplacements des jours précédent et comme tu es une fille plutôt indépendante mais prudente, je ne craignais donc pas trop pour ta sécurité.

Lorsque je t’ai aperçu marchant sur le trottoir devant moi, j’ai eu le souffle coupé, tu étais encore apparu sur mon chemin comme par magie. Je me dépêchais alors de me rendre à l’hôtel afin de te rejoindre. Lorsque je t’ai retenu la porte pour te faire entrer et que tu m’as regardé avec ton si joli sourire, je pense que c’est là que j’ai perdu pieds et les pédales. J’ai alors réalisé que j’étais en train de tomber en amour avec toi.

Avec le décalage horaire, je ne rêvais que d’une chose aller me coucher. Ce fut d’ailleurs le cœur déchiré que j’ai du me priver de toi lors de ma première soirée. Je souhaitais cependant que la nuit me remette les idées en place. Mais la suite des évènements allait carrément m’échapper.

Tu connais maintenant la suite….

Fin des révélations

Malgré l’ambiguïté de notre situation, Mike ne semblait pas s’opposer à continuer à cette aventure.

Tu comprendras que je t’aime mais que je suis encore responsable de ta sécurité. J’ai peut-être fait une grosse erreur en te racontant tout cela. Le groupe devra prendre une décision nous concernant. Le problème est maintenant que tu sais tout que va-t-il advenir de toi, de nous?

Remise de mes émotions je demandais à Mike. On fait quoi maintenant? Tu continues à faire ce que tu avais planifié pour ton séjour en Italie comme prévue. Mike me rassura puisque j’allais avoir un garde du corps privé juste pour moi. Nous nous dirigeâmes vers un arrêt d’autobus qui offrait la chance aux visiteurs de faire des tours de la ville tout en descendant et remontant à leur guise ce qu’on appelle les Hop On Hop Off . J’aimais celui que nous avions choisi puisqu’il offrait à moindre prix de nombreuses stations qui se situait près des sites que je voulais visiter et dont malheureusement les deux lignes de métro de Rome ne desservaient pas vraiment.

Nous avons poursuivi notre visite des sites que j’avais prévu de visiter. Je me demandais maintenant ce qu’il allait se passer maintenant que Mike m’avait fait toutes ses révélations.

 

 

Sous observation (Chapitre 7, D’Observée à Observatrice)

Nous étions en septembre et j’allais célébrer mon cinquantième anniversaire, je m’étais remise des révélations faites par Mike lors de mon voyage à Rome. Mike qui correspondait régulièrement avec moi m’avait avisé que le groupe avait décidé de me tester afin de voir si j’ai vraiment les capacités pour faire partie de ce groupe. Tu vas remplir ta première mission d’observatrice sur le terrain ne t’en fais pas, je serai là pour te seconder dans cette première mission.

Je donnais donc mon consentement pour embarquer dans cette nouvelle aventure. Cette première mission serait donc une mission d’observation. Lors de mon passage sur la place Saint-Pierre au moment de la canonisation du Frère André, je devrais porter une attention particulière sur les endroits qui pourrait me paraître une source de danger. Il m’assurait qu’en me déplaçant avec un groupe il n’y aurait pas de danger pour moi. Il m’a averti que comme c’était une première mission pour moi il garderait un œil sur moi mais de façon discrète.

Lorsque je l’ai aperçu, il était vêtu d’un complet de couleur anthracite, écouteur à l’oreille, mon ami anglais avait très fière allure. Il était là pour assurer la sécurité de quelques représentants de l’église catholique romaine. J’ignore encore son truc pour me retrouver surtout dans une foule comme celle qui avait ce jour-là car la place St Pierre était bondée.

J’étais assise au centre d’une longue rangée quand une dame a attiré mon attention sur cet homme qui voulait me remettre le livret de la célébration. Quand j’ai reconnu celui qui se tenait à l’autre bout, je n’ai pu m’empêcher de sourire. Avec son sourire enjôleur, il me tendait le livret le tout accompagné d’un clin d’œil. Clin d’œil qui n’a pas échappé à ma voisine.

Caché au centre du petit livret se trouvait un petit mot. Mike me donnait rendez-vous pour me rencontrer après la cérémonie. De retour à mon hôtel, je profitais pour m’éclipser.  Lors cette rencontre, Mike m’a expliqué comment procéder pour la rédaction de mon rapport d’observation et comment le faire parvenir au groupe.

À la fin de notre promenade, il m’a raccompagné au bout de la rue où était située mon hôtel, afin d’éviter des questions si nous rencontrions l’un de mes compagnons de voyage. J’ai préféré cela car le baiser que nous avons échangé au moment de se quitter aurait provoqué effectivement beaucoup de questions.

Maintenant qu’il avait laissé l’école de musique, il se consacrait à son nouveau rôle de garde du corps. Une couverture beaucoup plus proche de son travail à l’agence que celui de professeur de musique. Il m’a avoué cependant que la musique serait toujours pour lui sa grande passion.

Ce que nous ignorions alors, c’est que par ce nouveau rôle, nous serions appelés à nous revoir et cela de façon assez spéciale.

Sous observation (Chapitre 5, Intermède)

Une histoire n’est jamais bonne sans une bonne fin ou encore une suite, la mienne, mon histoire, s’est continuée mais d’une étrange manière.

De retour de mon voyage en République, j’avais envoyé un message à mon ami anglais pour savoir comment son voyage de retour s’était déroulé. Je n’avais pas reçu de réponses ce qui ne m’étonnait pas puisqu’il m’avait mentionné qu’il serait bien occupé à son retour.

J’ai poursuivi mes activités dont les pratiques de danse pour le fameux spectacle dans lequel ma fille, mon fils et moi-même allions participer. Je me rappelle d’avoir mentionné que je serais bien occupée durant le printemps avec les préparatifs pour la graduation de ma fille. Les pratiques pour le spectacle se sont bien déroulées si bien que ma fille a été très surprise par ma performance. Je pratiquais régulièrement ma chorégraphie afin que sous l’effet du trac je n’oublie pas l’enchaînement des mouvements. J’ai pris une journée de congé afin d’aller me faire belle pour l’occasion. Après un bon massage et un facial, j’étais prête à affronter le public. Le soir de la représentation j’étais donc fraîche et dispose. Je dois avouer que l’esthéticienne avait réussi un petit miracle avec mon maquillage. J’avais avisé mes invités que je me présenterais seulement à la fin de la représentation. Le samedi soir était la dernière des représentations je n’étais pas trop fatigué mais j’avais peu d’admirateurs pour cette séance. À la fin du spectacle, nous étions tous bien occupés, mon fils ramassait le matériel avec le mari de la directrice tandis que ma fille s’occupait de son groupe de petites danseuses. Lorsque nous nous sommes retrouvés, un jeune homme d’une trentaine d’année avec une coiffure bizarre s’est approché de notre groupe. Il me félicita pour ma prestation et qu’il me trouvait très bonne. Je trouvais sa façon de s’exprimer un peu bizarre mais je pensais que c’était peut-être quelqu’un avec un problème d’élocution.

Quelques jours plus tard, quelqu’un de l’organisation du Cirque du Soleil m’a appelé pour me dire que j’avais un billet réservé à mon intention et qui m’attendait à la billetterie pour le nouveau spectacle.  Je me présentais donc une heure avant le spectacle à la billetterie dans le vieux port de Montréal où il commençait déjà à avoir un petit attroupement de gens. Je remarquais deux jeunes hommes le long de la clôture qui semblait surveiller les gens. Il portait à leur coup des laisser passer au couleur du Cirque. Je croisais le regard de l’un deux qui m’adressa un sourire. Ce visage m’était vaguement familier mais je ne me rappelais pas où j’avais pu le rencontrer. Je revenais à ma ligne d’attente et ce fut à mon tour de me présenter au guichet.

C’est alors que les deux jeunes sont entrés à l’intérieur de la billetterie et se sont entretenus avec la fille qui m’avait répondu. J’avais de la difficulté à les apercevoir à l’intérieur parce que j’avais les reflets du soleil de la fenêtre du guichet dans les yeux. La jeune femme avait débranché le micro dans lequel elle m’avait adressé la parole quelques minutes auparavant. J’avais eu l’impression qu’elle s’adressait aux jeunes hommes en anglais. J’avais réussi à comprendre qu’elle leur demandait si j’étais bien celle à qui elle devait remettre les billets. Je dis les billets puisque dans l’enveloppe j’avais aperçu deux billets. Elle ne m’a remise cependant qu’un seul billet et à conserver le deuxième. La veille au téléphone on m’avait d’ailleurs mentionné qu’un seul billet m’attendait. Mon billet en main, je me retournais pour voir sortir les deux jeunes qui m’ont jeté un dernier regard avant de s’éclipser dans la zone réservée aux personnels du Cirque. J’aurais eu quelques questions à leur poser à ces deux là!

J’ai souper dans un état second, mon esprit élaborait différents scénarios des plus abracadabrants les uns des autres. Le spectacle pour célébrer les 25 ans du Cirque du Soleil s’appelait OVO. Ce fut un autre beau spectacle du Cirque du Soleil.

Quelques semaines plus tard lorsque je consultais mes courriels, je me suis aperçue que dans la section des pourriels, il y a avait un message en provenance d’un nom que je connaissais. Suite à la lecture de celui-ci j’ai obtenu quelques réponses aux nombreuses questions concernant l’histoire du mystérieux billet du spectacle du Cirque du Soleil. Ce message provenait de l’un des confrères de Mike que j’avais rencontré à Las Vegas. Mike avait décidé de venir me faire une surprise et venir me rendre visite à Montréal. Il avait pensé faire coïncider sa visite en même temps que mon spectacle de danse. Il avait réussi à se procurer des billets pour mon spectacle de danse ainsi que pour celui du Cirque du Soleil. Son collègue m’a écrit que des petites vacances pour Mike ne lui auraient pas fait de tort. Comme son collègue m’a expliqué dans son courriel les plans de Mike allaient être modifiés.

Au retour de la République Dominicaine, Mike était revenu avec un vilain rhume. Un matin il s’est effondré, les médecins de l’hôpital craignaient que Mike soit atteint de l’A1H1. Son collègue m’a écrit que Mike serait furieux s’il apprenait qu’il m’avait tout raconté. Mike, de sa chambre d’hôpital, avait réussi à tout orchestrer afin que quelqu’un puisse assister à mon spectacle et s’est organisé pour que je puisse avoir le billet pour le Cirque du Soleil. Les jeunes hommes aperçus au Cirque étaient effectivement de connivence avec Mike. Ils sont venus aussi assister à mon spectacle de danse. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui m’a félicité lors du spectacle, qui a acheté le DVD du spectacle et finalement qui m’a identifié à la billetterie dans le Vieux Port. Je terminais de lire ce message j’en étais encore toute surprise.

La suite cependant allait complètement m’abasourdir….

 

 

Sous observation (Chapitre 4, République Dominicaine)

J’ai forcé le destin en lui envoyant à la dernière minute les informations concernant mon séjour en République Dominicaine. Je savais le peu de temps qu’il aurait pour réserver son séjour s’il décidait à venir me rejoindre.

J’arrivais un samedi après-midi à Puerto Plata pour un séjour d’une semaine. Je profitais dès mon arrivée pour visiter les alentours et me familiariser avec les lieux.

Le lendemain je me suis dirigée vers le café internet de l’hôtel afin de voir si j’avais reçu des messages. L’endroit était un lieu très populaire et si achalandé que j’ai décidé de revenir plus tard. Les cellulaires n’étaient pas encore à la portée de tous au moment où cette aventure se déroule. J’avais prévu de rencontrer dans la journée le représentant pour le choix de mes excursions. Je me suis laissée tenter par deux des excursions présentées soit celle qui consiste à une journée pour la visite de Puerto Plata ainsi que celle qui consiste à une randonnée en camion tout terrain (Outback Safari) le tout accompagné d’un guide francophone. Je ne devais pas oublier de réserver mes restaurants à la carte de l’hôtel. Il y en avait cinq sur le site, j’avais droit à trois d’entre eux. J’optais donc pour les restaurants à spécialités mexicaines, caribéennes et celui du Grill avec poissons et crustacés. Je profitais du reste de la journée pour lire sous les palmiers l’un de mes livres, soit l’un des derniers de Bernard Weber.

Je m’étais établie une petite routine, le matin je prenais une petite marche pour aller voir la mer ainsi que chaque soir avant d’aller souper. J’ai pris beaucoup de soleil avec le vent et l’air salin j’ai obtenu rapidement un beau bronzage. La semaine se déroulait bien tranquillement et j’ai rencontré des gens charmants. Mes excursions et mes deux premiers soupers se sont bien déroulés. J’avais finalement renoncé à aller jeter un coup d’œil à mes courriels. Le mercredi, j’étais à la plage à lire un second bouquin soit le pendule de Foucault, d’Umberto Eco. J’étais si absorbée dans la quête du Kraal que je ne réalisais pas ce qui se passait autour de moi. J’ignore encore ce qui m’a incité à lever les yeux de mon livre. C’est à ce moment là que je l’ai aperçu!

Il était là à quelques mètres seulement de moi, il déambulait tranquillement sur la plage. Par la suite, il s’est rapproché et s’est mis à louvoyer entre les chaises et les gens. Avec son petit sourire narquois aux lèvres, il jetait des regards par ci par là sur les vacanciers. Il portait un short d’un gris qui recouvrait des jambes musclées, un t-shirt blanc complétait sa tenue et mettait en évidence sa musculature. Toute une apparition !

Il s’est alors dirigé dans ma direction, j’étais certaine qu’il m’avait reconnu, mais non, puisqu’il est passé qu’à quelques pas de moi. Je lui ai peut-être compliqué ses recherches puisque je me suis cachée derrière mon livre. De plus, avec ma casquette et mes lunettes fumées, j’étais peut-être plus difficile à reconnaître. Après quelques minutes, il s’est pris une chaise et s’y est allongé tel un dieu grec. C’est alors qu’un des membres de l’équipe d’animation s’est approché pour lui faire un petit brin de causette. L’animateur avait l’air très intéressé par le petit sac qu’il portait avec lui. Petit sac orné du drapeau de l’Angleterre qui indiquait bien la provenance de ce bel inconnu. Après quelques échanges et du signe affirmatif de l’animateur, j’avais comme l’impression que ce visiteur anglais avait demandé des informations.

Il va sans dire que j’avais perdu les péripéties de mes chevaliers de la Rose-Croix et de leur quête. Je venais d’ailleurs de relire le même paragraphe pour la troisième fois. Certaines personnes avaient surpris mes œillades de plus en plus fréquentes en direction du bel étranger. Je me demandais combien de temps il faudrait à l’animateur pour revenir avec les informations demandées.

Je commençais à craindre pour cette belle épiderme blanche non protégée et exposée au fort soleil de l’après-midi. Je décidais donc de quitter Umberto et ses chevaliers pour aller rejoindre ce charmant visiteur. J’ai dû susciter beaucoup de curiosité et de jalousie cet après-midi-là. Je me suis donc assise dans le sable, juste à côté de la chaise de celui-ci.

– Holà! Sexy Londinium Boy!

C’est alors que mon bel Anglais s’est mis à rigoler et qu’il a relevé ses lunettes fumées pour me jeter un œil.

– Finally, I found you, sexy girl!

Nous aurions pu échangé ses petits mots doux encore longtemps si nous n’avions pas été interrompu par l’animateur qui revenait au grand galop avec les informations demandées. Il a eu l’air déçu de constater que la sexy girl recherchée, était retrouvée et  que cette dame était celle assise dans le sable. Mike n’a pas laissé le temps à l’animateur de  reprendre son souffle qu’il en a profité pour lui poser quelques questions d’ordre pratico pratique et faire le point nous concernant. Nous étions des bons amis et nous nous n’étions pas vus depuis longtemps. Malheureusement, nous n’avions pas pu réserver au même endroit. Avait-il des possibilités d’arranger nos retrouvailles? Mike habile avec la langue anglaise s’est occupé des différentes formalités à savoir si nous pourrions nous promener d’une place à l’autre sans trop de problèmes.

Mike avait eu la chance de réserver dans le même complexe hôtelier que le mien, nous pourrions circuler discrètement via la plage. Nous sommes passés le mercredi et vendredi soir à mon hôtel et le jeudi au sien. Mike tenait à ce que le vendredi je puisse dormir à mon hôtel afin de pouvoir préparer tranquillement mes valises. Pour sa part, il était arrivé mercredi pour une semaine. Quand toutes les ententes furent terminées et mon honneur sauvegardé, nous nous sommes enfin retrouvés dans l’intimité de mon studio. Il va sans dire que les paroles n’étaient plus nécessaires et que mon honneur en a pris pour son argent….

Après ses chaleureuses retrouvailles, Mike m’expliqua qu’il avait eu tout juste le temps de m’envoyer un courriel avant de quitter Londres pour m’avertir de son arrivée. Courriel qui devait m’attendre avec tous ceux accumulés ces derniers jours. Je lui avouais que je ne l’attendais plus et que je m’étais résignée à l’idée de passer mes vacances seules. Cependant j’étais contente de l’avoir aperçu sur la plage car je n’ai aucune idée de ma réaction s’il m’avait surprise. L’important c’est que nous avions quelques jours ensemble et que nous en profitions. J’invitai donc Mike à se joindre à moi pour manger dans l’un des restaurants à la carte qui consistait à celui avec les spécialités de fruits de mer. Mike s’informa aussi des activités que j’avais faites depuis mon arrivée et ce qui restait à mon programme.

Le lendemain matin, après un beau dodo, car la veille mon londonien commençait à ressentir encore une fois les effets du décalage horaire, nous entreprîmes de trouver un taxi pour nous rendre au funiculaire. Nous partageâmes le taxi pour s’y rendre avec un autre couple. Rendus au funiculaire, il nous a fallu attendre quelques minutes afin d’avoir assez de monde pour débuter l’ascension. Le paysage avec le soleil qui se levait à l’horizon était des plus beaux, avec cette brume qui s’élevait des champs, on aurait cru  être dans un film de science-fiction. Mike afin de me rassurer ou se rassurer m’a serré dans ses bras tout le long de la montée. J’étais confortable dans ses bras et je me laissais enivrer par l’odeur de son après-rasage.

Nous avons visité le petit jardin botanique qui se situait en haut de ce promontoire. Je m’intéressais autant aux oiseaux qu’aux fleurs. Les fleurs étaient des bougainvillées aux couleurs mauve, rouge, orange. Comme l’heure avançait nous avons décidé de nous restaurer sur la montagne face à la mer avant de redescendre. J’ai eu la nette impression que la descente a été plus rapide que la montée. Une fois arrivée en bas, il nous fallait dénicher un taxi. Après un retour cahoteux dans un taxi aux arômes suspectes, nous sommes finalement parvenus sains et saufs à l’hôtel.

Après une bonne douche et quelques minouches nous nous sommes rendus par la plage à l’hôtel de Mike. La chambre était plus simple que mon studio puisque qu’un seul lit double occupait le centre de la pièce. La salle de bain se situait à droite en rentrant et un petit bureau près de porte patio complétait le tout. La porte patio débouchait sur un balcon d’où l’on apercevait l’océan et était orientée de façon à voir les lever de soleil.

Ma chambre était plus spacieuse mais n’offrait pas cette superbe vue sur l’océan que nous offrait la chambre de Mike. Mike m’a posé alors la question à savoir comment je réussissais à gérer cette aventure que je vivais avec lui. Je lui avouais alors que je l’aimais bien mais que je voulais prendre le temps d’évaluer la situation. De plus l’année en cours était une grosse année pour ma fille qui terminait son secondaire et devait faire des choix pour l’avenir. Je ne voulais donc pas trop perturber mon entourage avec mon histoire. Mike et moi étions d’accord que de se rencontrer tout en voyageant c’était original et cela nous convenait parfaitement pour l’instant. Dans la soirée, nous avons eu droit à un petit cours de danse ce qui nous a fait bien rire. Danser langoureusement, même sous la pluie, cela finit toujours par réveiller les petits démons qui sommeillent en nous et les miens ce soir-là se sont déchaînés.

Nous étions déjà rendus à ma dernière journée de vacances. Mike était d’accord pour que je me réserve cette dernière soirée pour finaliser mes bagages. Durant le déjeuner, je le voyais songeur. Il me fit alors remarquer qu’il manquait une activité à mon agenda et que mes bagages n’étaient pas tout à fait complets. Je me demandais bien où il voulait en venir quand j’ai réalisé ce à quoi il faisait allusion.

Lors de mon passage à Londres, dans les dernières heures avant mon départ, nous avions fait les boutiques à la recherche de petits souvenirs. Il m’avait été d’une grande aide et nous avions bien rigolé. Il s’était aperçu que je n’avais pas encore acheté de souvenirs. Je lui expliquais alors ma résolution de restreinte mes dépenses puisque j’allais avoir dans les mois à venir des frais pour la préparation de la graduation de ma fille. J’avais quand même acheté deux bouteilles de rhum de Brugal suite à la visite de cette industrie à Puerto Plata. Mike tentait de me faire comprendre que j’aurais des regrets de ne pas gâter mon monde.

Nous sommes donc dirigés vers les boutiques du complexe hôtelier ma  petite liste d’achat en main. Nous avons opté pour une petite boutique qui offrait le plus de choix à prix modiques. J’ai surpris à quelques reprises Mike en train de poser des questions concernant les bijoux en ambre et larimar, deux pierres typiques de la région. Le prix de ses pierres est exorbitant, j’en avais pris connaissance lors de la visite du musée de l’Ambre de Puerto Plata. Pour les petits souvenirs à rapporter, j’optais pour l’achat de quelques porte-clés pour les garçons et des magnétiques multicolores pour les filles. J’ai si bien encouragé la boutique que j’eu droit à un chapeau gratuit, un chapeau tressé avec des feuilles de palmier. Mike s’est amusé à le mettre, cela ferait son affaire afin de se protéger du soleil.

J’étais prête à revenir à l’hôtel afin de me faire bercer par les vagues une dernière fois. Mike m’a alors regardé de son air mystérieux et m’a suggéré de le suivre. Il avait semble-t-il quelque chose à me montrer. La vendeuse, encore sous son charme, lui avait préparé un présentoir de bague de toutes sortes. Mike souhaitait m’offrir un petit souvenir de voyage. Je constatai avec stupeur le prix exorbitant des bagues que j’avais sous le nez. Elles étaient faites d’ambre, du larimar ou encore des deux à la fois. Il était hors de question que moi ou quelqu’un d’autre achète l’une de ses bagues. Mike me répéta alors l’histoire que la vendeuse lui avait conté. Il y a une bague spéciale que les Dominicains appelait Happy Hour. Cette bague se présente avec les deux pierres. Mike voulait m’en offrir une. Après d’âpres discussions, j’ignore encore comment Mike a réussi à me persuader, j’étais en train d’essayer l’une de ses fameuses bagues. J’ai cependant suggéré un compromis à mon ami Anglais. Comme les bagues en or étaient plus chères que celles en argent, j’accepterais le cadeau à condition que ce soit une bague en argent. Le marché fut conclu et lorsque Mike m’a passé la bague au doigt, j’étais toute émue. J’avais maintenant une bague Happy Hour en argent avec d’un côté de l’ambre et de l’autre du larimar. Depuis qu’il me connaissait Mike flirtait de plus en plus avec le crédit et était devenu un pro dans l’utilisation de sa carte.

Pour mon dernier soir, il y avait un banquet sur la plage organisé par l’hôtel. Le buffet était savoureux, les chefs avaient fait preuve de beaucoup de créativité et d’originalité dans la présentation de leurs différents plats.  Cette nuit-là, je demandais à Mike ce qu’il avait l’intention de faire lorsque je serais parti. Il m’avait alors répondu qu’il avait l’intention de faire la fiesta et de faire la rencontre de belles et jolies jeunes filles. Ah! Ah!Sérieusement, il ignorait ce qu’il ferait. Il avait songé aller visiter Puerto Plata, faire de la planche à Canberra et un peu de magasinage à Sosua. Il se sentait cependant très épuisé.

Je lui demandais, alors une autre question, qu’est-ce qui l’attirait tant chez moi?

– « Dear Lady, listen well, écoute bien ce que je vais te dire, beaucoup de gens se contente de l’enveloppe extérieur et beaucoup trop de gens ne vont pas au-delà, ce qui est bien dommage, car tu découvres parfois des trésors ». Tu as toujours un beau sourire, tu es d’une nature enjouée, tu as l’air si naturel. Ton imagination, ta joie de vivre, ta curiosité pour les choses qui t’entourent et la vie à l’air de toujours t’émerveiller. Tu possèdes une aura qui dégage une vibration, une énergie spéciale. Pour moi, tu es une personne à découvrir. »

Pour ma part, je lui confiais qu’il devait avoir beaucoup d’expérience avec les gens pour savoir si bien nous définir et réussir à entrer dans leur bulle. Tu lis en moi comme dans un livre. C’est quoi ton secret? Il m’a révélé qu’effectivement il avait un secret mais qu’il devait faire attention pour ne pas me le dévoiler.

Je devais quitter l’hôtel pour deux heures de l’après-midi, mon séjour en République m’avait permise d’avoir quelques réponses aux nombreuses questions que je me posais concernant Mike, mais il m’en restait encore beaucoup. Je laissais donc l’énigmatique et mystérieux Mike. Il m’avait dit qu’il retournerait tranquillement à son hôtel et réserverait ses excursions à son tour. Il me donnerait des nouvelles de la fin de son séjour. Je lui souhaitais bon repos. En souriant qu’il m’a alors confié qu’il pourrait enfin se reposer puisqu’il pourrait enfin dormir ses nuits complètes. Le petit coquin…

Nous avions convenu de laisser passer l’été avec toutes nos activités respectives et de tenter de se revoir à l’automne. C’était à suivre…

 

Sous observation (Chapitre 3, Saint-Valentin)

Aujourd’hui c’est la veille de la St Valentin et je suis seule.

Ma fille est à son cours de danse tandis que mon garçon travaille à la pharmacie. Tout en faisant ma lessive je laisse mon esprit divaguer et me rappelle quelques St Valentin passées.

L’une d’entre elles se déroule lors de ma deuxième année de CEGEP. Je demeurais alors dans un petit trois et demi que je partageais avec deux copines. Durant cette période, celle qui étudiait en radiologie avait un petit copain, tandis que celle qui étudiait en science pures, nous avait confié avoir un petit flirt avec un jeune homme demeurant en face de chez ses parents. Durant la soirée, comme à sa bonne habitude, celle responsable du courrier est descendue le chercher. Ces deux demoiselles avaient espoir d’avoir un petit quelque chose de leurs cupidons respectifs.

Quel ne fut pas la surprise pour nous toutes lorsque la celle-ci est arrivée brandissant qu’une seule jolie enveloppe et en plus celle-ci m’était adressée. Il va sans dire que moi la première j’étais très surprise. Mes deux compagnes se sont moquées gentiment de moi en me traitant de belle cachottière. Ce n’était pas du tout le cas, mon cœur était libre comme l’air. Mais qui avait eu le cœur de m’envoyer ce si mignon St Valentin et cela à mon appartement de Québec? Là résidait tout le mystère… Il y avait cependant un indice,  la signature dans la carte, FRADELO BYE!

Nous avons tenté de décoder cette anagramme. Nous avions des lettres pour former les noms Alfred! Alfredo ! Bordel etc…. Le problème était que je ne connaissais aucun Alfred ni aucun bordel. Après une heure de suppositions de toutes sortes, nous allions cessé nos recherches jusqu’à ce que nous songions à vérifier la provenance de la carte par le cachet postal. Le cachet de la poste indiquait que la carte avait été posté dans un village près du mien. Mon admirateur avait déployé beaucoup de ruses pour ne pas se faire identifier. Mais qui pouvait-il bien être?

De retour chez moi pour la fin de semaine, l’une de mes voisines, l’aînée de la famille, est passée prendre de mes nouvelles. C’est lorsqu’elle a posé cette question anodine que j’ai tendu l’oreille. Comment s’est passée ta St Valentin? Ma voisine qui me demandait si j’avait passé une belle St Valentin. Bizarre! Surtout qu’elle sait parfaitement que je n’ai pas de petit ami. C’est alors qu’elle me déballe le pot aux roses. C’est son père, qui avait pour mission de poster la lettre lors de son passage à l’autre village cela afin de mêler les pistes. Par la suite, le Fra pour France, De pour Denise, Lo pour Louise a pris toute sa signification. Même le fameux Bye, pour les initiales des deux plus jeunes, Bruno et Yvon est une idée de sa mère. Tout à  fait mignon! Pour ce qui est de mon adresse à Québec, celle-ci l’avait noté lorsqu’elle est venue me visiter au début de la session. Un beau Valentin que j’ai gardé précieusement dans mon coffre aux souvenirs.

Le second Valentin dont j’ai gardé un bon souvenir, se déroule lors de ma première année à Montréal. Je jouais tous les mercredis soir aux quilles avec les gens du travail. J’en avais averti plusieurs de ne pas oublier de souligner par une petite pensée la St Valentin à leur douce moitié. On m’avait alors demandé si j’avais un Valentin. Comme je venais juste d’arriver dans la grande ville, mon cœur était encore une fois libre. Je n’oublierais jamais cette belle journée de la St Valentin. À mon arrivée au travail ce matin-là, j’ai trouvé sur mon bureau une belle boîte de chocolats Laura Secord en forme de cœur accompagnée d’une carte mais sans signature. J’ai posé quelques questions à gauche et à droite mais personne n’avait rien vu. J’ai poursuivi ma journée de travail, au retour de ma pause j’ai découvert cette fois sur ma table de travail une jolie chandelle rouge en forme de cœur toujours accompagnée d’une carte sans signature. Là, il y avait quelqu’un qui cherchait à me jouer un tour. J’ai fait ma petite enquête et toujours la même réponse, personne n’a rien vu. C’est rigolo, je suis certaine que quelqu’un va finir par vendre la mèche. Comme l’heure du dîner approche, je charge l’un de mes collègues de surveiller les alentours afin de surprendre d’éventuels suspects.

Au retour, c’est une longue boîte rectangulaire enveloppée de papier blanc et couronnée d’un beau chou rouge qui m’attends. Je déballe le tout, à l’intérieur je découvre une jolie statuette en céramique représentant le baiser de Rodin. Sur le tout était déposé une rose rouge. Deux cartes toujours anonymes accompagnent le tout. Cette fois, je me rends, ventre à terre, voir mon collègue pour lui demander s’il a aperçu puisqu’il a dû se rendre quelques minutes aux toilettes. Pas fort, comme espion….

Je me dirige alors vers mon superviseur pour demander mon travail pour le reste de l’après-midi, c’est alors qu’il me répond à ma grande surprise de tout simplement compléter mes dossiers. Alors là, j’ai carrément l’impression qu’il se trame quelque chose. Je suis assise à ma table de travail lorsqu’un des joueurs de quilles de la veille vient me voir pour me souhaiter une Bonne Saint-Valentin. Il m’explique que puisqu’il  n’est pas célibataire, il n’a pas pu signer la carte, il vient quand même me donner une bise pour la Valentin. À voir mon expression, il comprend qu’il vient de commettre une gaffe,  la gaffe! T’as pas reçu la carte?

Quelques minutes plus tard, le courrier interne arrive avec deux grandes enveloppes jaunes à mon intention.

À l’intérieur de la première enveloppe se trouve une jolie carte signée par tous les célibataires de ma section, dont le nom du  collègue à qui j’avais demandé de jouer l’espion pendant le dîner. Je peux dire qu’il en a rigolé un bon coup à mes dépens.

Dans la seconde, une immense carte contenant les signatures de tous mes collègues de travail ainsi que ceux qui m’ont offert les différents cadeaux. La pause de l’après-midi se déroule dans une ambiance festive où chacun des gentils donateurs viennent me faire la bise et se faire prendre en photo avec moi et leurs cadeaux. Ma collègue m’avait remis la boîte de chocolats, tandis que l’assistante superviseur m’avait offert le cœur en chandelle. Les joueurs de quilles m’ont donné la rose et la statuette. C’est mon équipière des quilles ainsi qu’une des techniciennes du laboratoire qui se sont chargées de faire circuler les deux cartes pour les faire signer par tout le personnel des différents départements. Mon patron m’avoue qu’il a rarement vu une organisation d’une telle envergure, c’est un signe que les gens m’apprécient beaucoup. Je dégage une belle énergie avec des vibrations positives.

La troisième St-Valentin dont je me souviens est un peu plus triste car c’est le jour où mon père est décédé. Il venait d’avoir ses soixante-cinq ans. Je me suis alors promis de profiter de la vie. Papa est décédé suite à son combat contre un cancer le jour de la St Valentin vers les trois heures de l’après-midi, son cœur ne pouvait plus supporter les doses massives de morphine pour combattre le mal. Il a cependant réussi à manger un morceau de gâteau de la St Valentin. Pour un homme de cœur comme mon père, il ne pouvait choisir meilleure journée pour qu’on se souvienne de lui.

Je suis encore dans mes rêveries de St-Valentin quand je réalise que ça sonne à la porte. Un livreur se tient devant moi un bouquet de fleurs à la main. Je dépose le tout sur la table du salon en pensant que les fleurs sont destinées pour ma fille. À son  retour, je lui laisse ouvrir la carte qui accompagne les fleurs et découvrir le nom de son admirateur. Sur la petite carte seulement un beau gros M. Elle ne connais aucun prétendant dont le nom commence avec un M. Ma fille durant la soirée mène sa petit enquête. Finalement, la fin de semaine passe sans apporter de réponse concernant l’expéditeur des fleurs. C’est lorsque que je consulte mes courriels que je découvre un message de Mike qui me demande dans la langue de Shakespeare si j’ai bien reçu les fleurs.

Cela fini par me faire rêver à mes prochaines vacances. La République Dominicaine est une destination qui m’attire surtout avec les forfaits tout compris. J’attends d’avoir pris ma décision lorsque je songe à lancer une invitation dans la mer de l’Internet en direction de l’Angleterre. Le désir me taraude, je suis curieuse de savoir ce que la suite peut me réserver.

 

 

 

 

Sous observation (Chapitre 2, Las Vegas)

Nous étions rendus en octobre et  je songeais à l’endroit où je pourrait prendre quelques jours de vacances avant la frénésie des Fêtes. Sur les entrefaites j’avais reçu un courriel en provenance d’une école de musique mais comme mon garçon fréquentait lui-même depuis huit ans un école de musique, celle des Petits Chanteurs du Mont-Royal et qu’il revenait d’une tournée en Autriche, je pensais que ce message lui était destiné. Mais en y regardant mieux j’ai réalisé qu’il provenait de Monsieur Michael, le professeur de musique qui m’avait aidé lorsque j’avais eu des problèmes avec ma cheville lors de ma visite à Londres.

Dans son courriel il me donnait quelques nouvelles concernant les cours qu’ils donnaient et le déroulement de la session en court. Certains de ses élèves étaient très doués surtout pour le violon, son instrument de prédilection. Il me demandait de mes nouvelles, et si j’avais des projets pour mes vacances et si j’avais un voyage en vue. Je lui ai répondu que j’aimerais prendre quelques jours de vacances avant la fin de l’année mais je n’avais pas encore fait de choix concernant une destination possible. Une réponse m’ai parvenu quelques jours plus tard, il m’informait que lui et deux de ses confrères devaient assister à un séminaire sur la musique à l’hôtel Treasure Island de Las Vegas pour la mi-novembre.  Je trouvais l’idée d’aller à Las Vegas intéressante et d’avoir la chance de le revoir car il m’avait semblé avoir une bonne connexion avec ce bel Anglais. Je réservai donc les billets d’avion et l’hôtel par internet pour quelques jours à Las Vegas durant cette période. Les dés étaient jetés….

Les jeux sont fait rien de va plus….

J’embarquai un matin à la mi-novembre à l’aéroport PET pour un vol direct en direction de Las Vegas, la ville de tous les vices…et de tentations.  À l’arrivée à mon hôtel, le Circus-Circus, j’entrepris de me familiariser avec les lieux, m’orienter à l’intérieur de cet hôtel ne fut pas une mince tâche et sortir et déambuler à l’extérieur sur la Strip fut tout un défi. Ma cheville me tiraillait parfois ce qui me fit sourire. Mon sauveur de cheville devait arriver avec sa délégation anglaise, le lendemain en fin de journée. Ce qui me laissait une bonne journée pour visiter à mon rythme. Ma première visite et première soirée fut pour le Bellagio où j’assistai au spectacle du Cirque du Soleil, le spectacle ‘O’. L’hôtel et le spectacle ont été mes premiers coups de cœur à Las Vegas.

Le lendemain matin j’entrepris mon exploration du côté de la Stratosphère d’où la vue d’en haut est fantastique. Après un arrêt au vieil hôtel le Sahara, cette endroit mythique où Elvis et plusieurs autres vedettes ont offerts des spectacles pendant de nombreuses années. J’ai eu la chance d’embarque dans le monorail pour me rendre jusqu’à l’autre extrémité du Strip soit au Mandela Bay Hotel où j’ai découvert son aquarium et où j’ai pu observer des raies et des requins. J’ai dîner au milieu de la jungle dans l’un des restaurants du complexe du MGM et j’ai poursuivi ma visite avec une visite aux vrais lions de MGM. Je me suis concentré sur la visite du côté sud du Strip où j’ai monté dans la réplique de la Tour Eiffel du complexe Paris-Paris. Le pallazzo et les gondoles du Venitian ont complété mes visites de cette journée.

J’ai gardé l’autre côté de la Strip à visiter pour plus tard avec mes visiteurs d’Angleterre puisque ceux-ci étaient supposés séjourner à l’hôtel du Treasure Islands. Notre rendez-vous était fixé pour le souper vers les sept heures au buffet de cet hôtel. J’avais reçu ses dernières informations juste avant mon départ.

Comme à mon habitude, j’arrivais plus tôt afin de me familiariser avec les lieux. À l’extérieur, j’étais à contempler les deux bateaux qui servaient aux spectacles de fin de soirée des sirènes du TI et me dirigeais vers l’entrée de l’hôtel lorsque j’ai entendu des pas de course derrière mon dos. Je me préparais à entrer quand quelqu’un s’est précipité pour me tenir la porte. C’est alors que j’ai entendu une voix me dire: « Après vous, madame! ». Je ne l’ai pas reconnu immédiatement car sa coiffure était différente puisqu’il avait maintenant le crâne rasé et portait une barbichette. J’avais l’impression d’être en présence d’un diabolique personnage. Un caméléon! Je l’ai reconnu par son regard magnétique avec ses yeux aux couleurs particulières mais surtout par son sourire toujours aussi charmeur. Eh! oui, c’était Mike qui se tenait devant moi. Il me présenta à ses deux confrères qui l’accompagnaient, ceux-ci m’avaient plutôt l’air d’étudiants en cavales plutôt que des professeurs venus suivre un séminaire. Au cours du repas, nous avons échangé sur leurs vols, la température de Las Vegas et plusieurs autres sujets. Le décalage horaire commençait à se faire sentir chez Mike et ses compagnons. Mike s’informa quel était mes projets pour les prochains jours. Je lui ai mentionné que j’avais prévu la visite de quelques boutiques pour l’achat de mes souvenirs (bien sûr) ainsi que la visite du vieux Las Vegas. L’heure avançait et je me préparais à les quitter lorsque Mike a  déclaré que nous étions en retard. Je ne comprenais pas de quoi il s’agissait. Mes joyeux Anglais avaient réussi à obtenir pour le soir même, des billets pour le spectacle Mystère, du Cirque du Soleil. Après un sprint, nous sommes arrivés à temps pour assister à la représentation où nous avons bien ri. À la fin de la soirée je souhaitais rembourser mon billet à Mike mais celui-ci a refusé. Au moment de quitter le spectacle, Mike m’a demandé ce que je souhaiterais faire pour terminer cette belle soirée. J’ai alors dit que j’aimerais assister au spectacle des sirènes du TI. Nous avons assisté à ce spectacle tout en sirotant un Pina Colada servi dans une tête de mort de pirates. Comme il y avait beaucoup de monde, nous étions serrés les uns contre les autres, une belle occasion pour mieux se rapprocher. Mike m’a serré tout contre lui à plusieurs reprises, il avait réussi à s’introduire tout en douceur dans ma bulle. Diabolique Mike!

J’avais rencontré à Londres un ange et maintenant j’avais l’impression d’être en présence d’un diable tentateur. Après cette bonne journée et le décalage horaire pour les voyageurs anglais, c’était maintenant l’heure d’aller se coucher. Je décrétais le dodo pour tout le monde et Bye! Bye les tentations!

Le lendemain j’espérais que mes joyeux professeurs seraient en formation mais cette journée était une journée libre. Je pensais qu’ils dormiraient plus longtemps.  Voyons, nous sommes à Las Vegas, la ville qui ne dort jamais !!

Pour ma part, il me fallait un peu de sommeil, je les ai donc revus plus tard. J’ignore ce qu’ils firent de leur avant-midi. Nous avions convenu de nous revoir qu’en fin de journée. Je leur avais vendu l’idée d’aller visiter le vieux Las Vegas, Fremont et Glitter Glich. Nous avons soupé au Golden Nuggets, un resto type buffet. Il y avait au menu du crabe de l’Atlantique à volonté ainsi que des crevettes. Mike se rappelait notre repas de fruits de mer à Londres et se doutait bien ce qui avait motivé mon choix pour ce restaurant.

Nous avons assisté au spectacle du dôme de Freemont avec le diaporama de Born to Be Wild. Mes compagnons anglais commençaient à montrer quelques signes d’ennuis. Je suggérai donc d’aller tenter notre chance au Casino, le Benny’s, un des premiers casinos de Vegas et selon la légende qui aurait appartenu à un membre de la mafia.

Je débutai prudemment avec un dollar aux machines à sou. Je remportai un premier vingt-cinq dollars, mes compagnons moins chanceux ont fini par venir me rejoindre, ils étaient curieux de savoir comment je m’en tirais. Ambitieuse, je décidai de tenter ma chance avec une machine à vingt-cinq sous.

Surprise, je décrochai le jackpot. La quatrième roulette avec laquelle j’avais joué m’a permis de remporter cinq fois la mise de mon jackpot. Au total, un beau cinq cent trente-trois dollars américains de quoi impressionner mes Anglais.

J’en ai donc profité pour investir mon magot dans un voyage en hélicoptère au-dessus du Grand Canyon. Mike, pour sa part, n’hésita pas une minute à se joindre à moi, invoquant le pouvoir de sa carte de crédit.

Pour la suite de cette soirée,  nous avons décidé d’aller voir ce qui se passait au Studio 45 du MGM. Mike et moi avons dansé une bonne partie de la soirée. C’était notre dernière nuit ensemble, nous allions en profiter au maximum. Les deux copains de Mike s’étaient chargés de louer une limousine et voulaient me raccompagner à mon hôtel. Ils m’assurèrent que tout avait été réglé, que je devais juste relaxer. Nous avons donc remonté le Strip à bord d’une rutilante limousine noire. Ce soir-là, pour la première fois, Mike est monté dans ma chambre où j’ai passé une nuit diaboliquement divine ou divinement diabolique.

Le lendemain matin, après le coup de téléphone de Mike à son hôtel pour s’assurer de l’état de ses copains et de se faire porter absent pour la journée, nous sommes descendus prendre un petit déjeuner. Vers dix heures, une navette est venue nous chercher pour nous transporter à l’aéroport où les hélicoptères de la compagnie Maverick nous attendaient pour nous amener au Grand Canyon avec un survol au-dessus du barrage du Hoover Dam, une envolée qui durerait un bon trois heures. Mike avait l’air aussi émerveillé que moi par l’immensité et la splendeur du paysage. Lorsque j’ai débarqué de l’hélicoptère, j’ai compris que l’aventure de Las Vegas tirait à sa fin pour moi. Ce qui se passe à Las Vegas, reste à Las Vegas !

Après de tendres baisers et des promesses de se donner des nouvelles, je quittais le beau Mike au pied de mon hôtel. En quittant le sol du Nevada, j’ai décidé d’y laisser tous ces sentiments contradictoires qui m’asseyaient. J’avais profité d’une belle aventure que la vie m’avait offerte et c’était donc à suivre.