Noce Péruvienne!

 

IMG_0543

Samedi (Le grand Jour)   

 

À notre réveil c’est le branle bas de combat. Jo et Kate sont déjà partis. Pour ma part, il a fallu que je me tape une séance de serpillière car ma toilette a débordé cette nuit entre 2 et 4 heures du matin. J’ai donc ramassé beaucoup d’eau dans mon petit seau. Certain dise que l’eau est le symbole des émotions,  justement ça tombe bien car aujourd’hui il va y en avoir de l’émotion dans l’air. Je me rendors juste assez pour avoir connaissance du départ des filles vers les huit heures. À mon réveil, j’en profite pour traverser au dépanneur pour chercher des chocolatines et des brioches. C’est moi qui régale. Nous devons être prêts vers les deux heures trente car c’est un taxi qui va nous être envoyé pour venir nous chercher. Et ton docteur as-tu des nouvelles?? Mon Dieu! Effectivement que se passe-t-il avec mon cher docteur? Et je n’ai plus de cellulaire sous la main pour l’appeler! Je lui envoie donc un email pour lui dire que nous ne pouvons pas l’attendre. Nous devons quittés la Casa vers les deux heures trente en taxi. Qu’il apporte son faire part car l’adresse est mentionnée dessus et qu’à son arrivée qu’il nous rejoigne là-bas en taxi… Fin des communications.

 

Après que Gene est accepté de me maquiller et que nous ayons revêtu nos beaux atours, il est déjà deux heures! Mon Dieu! Où est passé le temps?? Nous avons nos caméras, nous sommes prêts! John sonne la charge, le taxi sera là dans quelques minutes. Nous tentons de ne pas trop froisser nos tenues de noce et montons à bord du taxi qui nous amènera mais où? John est devant et surveille de près notre itinéraire. Moi et Gene évitons de nous regarder de peur soit d’éclater de rire ou d’éclater en sanglots tant nous avons tous un peu les nerfs à fleurs de peau. Le fameux mariage pour lequel nous avons tant de plaisir à préparer va avoir enfin lieu. Nous y sommes!  Devant l’entrée de la salle municipale de Chorillos. Euh! Est-ce que c’est là la noce?? Où sont les ballons?? Non, nous sommes à quelques coins de rue de la maison de la famille, nous allons seulement rejoindre le reste de la famille. OK!!

 

Je n’avais pas compris cela! Désolé… Moi et Gene avec nos talons hauts et nos tenues de noce crions un peu dans le paysage. Près de nous de gros camions à vidanges remontent les déchets de la plage.

 

Arrivés devant la porte nous sonnons en attendant que quelqu’un daigne venir nous ouvrir. C’est Mimi qui nous ouvre et qui voltige dans sa robe de mariée. Elle est merveilleuse! Jo veille à ce que sa superbe robe rouge   tienne le coup jusqu’à la noce. Où est la cravate du marié?

 

Oh! Oui il ne portera pas cette cravate. OK!! La maman de celui-ci apparaît dans une élégante longue robe bleue ciel. Les mariés, Jo et Kate partent devant dans l’auto. Nous les rejoindrons avec deux taxis hélés sur le chemin, à peu près au même endroit où nous sommes débarqués tout à l’heure devant l’entrée de la cour municipale. Retour en équilibre instable sur nos talons hauts vers les taxis et les camions à ordures qui nous frôlent. Enfin, nous voilà enfin entassé dans l’un des taxis?

 

Mais où allez-vous donc? À des noces, pauvre crétin, ça ne se voit donc pas? Sûrement pas ramassés des ordures tout de même??

 

Nous empruntons un chemin bizarre pour nous rendre à la noce.

 

Avez-vous les ballons, oui oui,  dans le fonds des champs, là-bas, parfait taxi c’est par là!!

 

C’est alors que j’ai une aimable pensée pour mon ami docteur.

 

Si jamais tu réussis à trouver cet endroit, tu vas mériter une médaille. Tout en souhaitant que si tu fasses tout ce chemin que tu puisses au moins nous retrouver. Mon Dieu!  C’est au bout du monde, non Claire au bout du champ, regarde il y a même des taureaux.

 

Maintenant c’est à Jo que je pense avec sa belle robe rouge. Cela commence à être trop drôle!

 

Nous voilà enfin arriver, mes sandales à talon haut s’enfoncent dans le gazon. Ils vont avoir un beau gazon avec tous ses talons hauts qui aèrent le terrain. Mais je dois avouer que le site vaut toute cette route. C’est super beau !

 

Une agréable surprise après ce long voyage en taxi. Un autel est monté à l’extérieur au beau milieu du terrain avec des bouquets de fleurs tout autour. C’est là qu’aura lieu le mariage religieux que Mimi a tant souhaité. Il ne faut pas oublier aussi l’énorme chapiteau qui est là monté au milieu du champ et où se déroulera le reste de la noce, soit le repas et la danse. Je m’étire les yeux à l’occasion afin de vérifier si je ne verrai pas apparaître mon Docteur.

 

Cependant, je suis rapidement distraite par la belle brochette de jeunes hommes péruviens qui arrivent et s’accumulent derrière. Les chaises ayant été réservées pour la famille et pour nous les invités VIP.

 

C’est alors que le beau Didi, le fameux témoin, vient se joindre à nous. Il est alors accompagné par deux de ses copains. Didi me présente  le premier comme étant un jeune homme d’origine haïtienne comme lui. C’est le second qui attire plus mon attention, surtout avec son beau sourire. Celui-ci est le propriétaire des maisons APU, le proprio avec lequel Mimi a fait affaire lors de la recherche de notre logement. Un autre gentil jeune homme, il s’appelle Luis.

 

Après que le curé est pris place et que les tests pour le son ont été faits le futur marié apparaît au bras de sa maman. De derrière les applaudissements nous parviennent, Jo vient de faire son entrée accompagnée de Mimi. Elles sont toutes les deux radieuses. Devant elle avance bien fièrement la porteuse des anneaux. La cérémonie se déroule comme toute bonne cérémonie sauf que nous comprenons que quelques brides de ce qui se dit. Nous avons donné congé de traduction à Kate aujourd’hui. Cependant lors de l’échange des promesses, Mimi fait son témoignage en français, afin que nous puissions témoigner de son engagement envers son futur époux.

8

 

Il fait beau, il fait chaud et un extra pour mettre du piquant à la cérémonie, les moustiques se joignent à la noce. Ici la tradition est qu’au lieu du lancer des confettis et des bulles, nous lançons des grains de riz. Je ne suis pas assez rapide et comme j’ai un problème avec mon appareil photo, c’est Luis qui me vient en aide et me tend son sachet pour que je puisse lancer à mon tour quelques grains de riz aux mariés. La cérémonie achevée, j’accompagne Jo jusqu’à l’entrée du chapiteau où aura lieu le repas.

 

Pendant ce temps, les nouveaux mariés sont partis pour faire prendre leurs photos. Jo me demande si je ne suis pas trop déçu puisqu’il semble que le beau docteur ne viendra pas. Je la rassure en lui disant que je me suis promise que s’il est là tant mieux sinon je veux m’amuser quand même. À l’entrée du chapiteau, on vérifie nos noms et on nous assigne nos places.

 

Vous ne devinerez jamais qui est devant moi et à ma table?? Non! Oubliez le docteur, il ne viendra pas… Vous verrez plus loin pourquoi …

 

C’est le gentil Luis… Monsieur Apu comme je m’amuserai à l’appeler durant la soirée. Nous prenons tous place autour de la table prévue pour dix convives, mais nous ne seront que huit. Je jetterai quelques petits coups d’œil discret en direction de DiDi et de Luis à l’occasion.

 

Après les coupes de champagne et les petites bouchées nous sommes prêts pour le souper. Luis a l’air intéressé et pause quelques questions en espagnol me concernant  à Didi. Donc Monsieur Apu aurait des visés sur moi. Tiens donc! Quel drôle de hasard… Une fois que nous sommes servis, les discussions se calment  et tout en mangeant et en souriant, je ressers du vin à Monsieur Apu. Notre repas est composé de riz (bien sûr), d’haricots verts et de porc nappé d’une succulente petite sauce. Nous rions car c’est notre premier souper de la semaine que nous prenons aussi tôt.

 

Les mariés se pointent enfin pour manger, mais en tant que québécois la tradition veut que les mariés n’aient pas le temps de manger mais de s’embrasser. Avec mes joyeux lurons, nous démarrons donc le cognée des verres pour les baisers des mariés et ce à la stupéfaction de la plupart des péruviens présents. Ils sont fous ces québécois!!!

Par la suite, les mariés vont nous adressés quelques mots et ce sera l’ouverture de la danse. Piste de danse que nous les cinq représentants du Québec ne lâcheront qu’à de rares occasions. Après la deuxième danse, nous revenons à nos assiettes pour terminer notre repas mais surprise, les couverts ont déjà été retirés et il nous restait pour la plupart le tiers de nos assiettes.

 

Enfin, nous nous défoulerons plus sur le dessert. D’ailleurs, une gentille tante nous amènera une assiette pleine de ses petites douceurs sucrées que nous partagerons entre nous en plus des petits gâteaux de la pyramide du gâteau de mariage. Nous étions  là tous ensemble pour nous amusez et je crois que nous avons bien réussi. J’amènerai d’ailleurs Luis plusieurs fois se dandiner sur la piste de danse malgré ses réticences. Nous sommes tous bien amusés et Luis a été un très gentil compagnon autant pour parler même si c’était surtout en anglais mais aussi comme danseur ce que j’ai bien apprécié.

 

Après une pause pour le lancer du bouquet de la mariée que notre belle Gene a d’ailleurs eu le plaisir d’attraper. Cela va être un voyage mémorable pour cette jeune femme. Ce fut la remise de la jarretière au prochain qui se marierait dans l’année, un cousin dont j’ignore le nom d’ailleurs.

1

 

Cette fois, pour cette partie de la soirée c’était un disque jockey qui a pris la relève de l’orchestre avec de la musique plus disco. Vers minuit, il nous a semblé sentir une petite baisse d’énergie du côté de nos amis péruviens. Fausse impression puisqu’une mascotte représentant un cochon d’inde (Quig) et trois personnages costumés sont venus repartir le party de plus belle en déclanchant un grand carnaval avec des confettis, ballons, sifflets, colliers, nez de clown et chapeau et nous ont amené dans une parade des plus folles et cela jusqu’au environ d’une heure du matin. Vers deux heures les propriétaires des lieux ont décidé que cela faisait assez longtemps que nous festoyions. Ils ont donc décidé de fermer les lumières et à commencer à démonter le chapiteau.

 

Comme notre groupe est lié à la vie à la mort, nous nous sommes donc encore entassés dans les véhicules de la famille en direction de la maison de la mère du marié à Chorillos.

 

Je me suis souvent posée cette question durant la noce et lors des jours qui ont suivis c’est-à-dire ce que j’aurais fait alors avec mon docteur et comment tout cela serait déroulé s’il était venu?

 

Mais peu importe, j’ai profité du moment présent et je me suis très bien amusé. De plus, il m’a semblé que nous avions été bien adoptés par Luis et Didi. Nous nous sommes retrouvés encore une fois dans la voiture du marié dans la même position qu’au départ soit moi, Jo, Kate assises derrière avec Gene allongée avec les bouquets sur nous trois tandis que Mimi et son mari sont assis à l’avant. Les garçons, soit John, Didi et Luis sont dans le véhicule de Romain. Je soupçonne Nadia de conduire parce que Romain paraît-il commençait à parler russe, ce qui est un signe chez lui d’un début d’ébriété. Il y a déjà foule devant la maison surtout les amis de Mimi et du nouveau marié. Mimi et sa mère Jo en profite de leur côté pour aller se changer tandis que Kate a décidé de nous quitter pour le pays des rêves sur le divan du salon au premier.

 

Moi en compagnie de Luis, Gene, Pato, Didi et John nous continuons le party. Là, Romain tout sourire, nous offre quelques breuvages pour nous désaltérer. John, qui après avoir siffler trois grosses bières, réalise que selon la coutume péruvienne, lorsque tu reçois une bière tu te sers un verre et tu fais circuler le reste de la bouteille, petit détail qui lui avait échappé mais que Romain lui a expliqué seulement après la troisième….

 

Il est chaud chaud, et ce dans tous les termes du mot, notre JoJo. Avec la danse lascive qu’il nous livre avec sa belle brunette, personne n’est prêt d’oublier, ça va sûrement passer à l’histoire et Kate qui manque tout cela. En tout cas, Romain, lui n’a rien manqué, puisqu’il s’est amusé à filmer le tout sur vidéo. Il a d’ailleurs filmé une bonne partie de la fête qui s’est déroulée dans le sous-sol de la maison familiale.

 

Paraît-il que nous aurons droit de parole à savoir s’il doit le publier ou pas le tout sur facebook.

 

Moi et Luis nous en sortons quand même assez bien côté danse. Didi, lui se bidonne de la situation et s’amuse follement comme tout ce beau monde.

 

Comme il y a des fumeurs et que la fumée envahit vite la place, à cause de mon asthme et que je n’ai pas mes pompes, je dois quitter mon cavalier pour me diriger vers le garage où il y a un peu plus d’air frais et encore du bien beau monde. Nous tentons d’établir la communication moi et certains cousins du marié, malgré l’heure tardive nous nous en sortons bien. Je leur avoue que si je continue à prendre de la bière, je vais être capable de parler en russe ou dans n’importe quelles autres langues moi aussi ce qui les fait bien rigoler.

 

Luis à envoyer Didi comme éclaireur pour savoir ce qui se passe avec moi. Dans tout ce remue-ménage, je crois que Luis n’a pas bien compris ce que  je lui ai dit. Didi repart tout souriant pour rassurer son copain resté à l’intérieur. Quelques minutes plus tard c’est le beau Luis qui apparaît tout sourire et vient me rejoindre avec une bouteille de bière fraîche à la main.

 

Comme toute bonne chose à une fin et que les réserves de liquide sont épuisées, c’est vers les cinq heures du matin que la levée de l’assemblée a lieu.

 

Cette fois, nous retournons tous par où nous sommes arrivés la première fois et nous reprenons des taxis. Luis en profite pour me remercier pour la belle soirée et qu’il a bien aimé ma compagnie. J’en suis bien flattée. Comme tout bon péruvien il m’explique qu’il aimerait me raccompagner mais étant donné les circonstances, cela semble un peu plus compliqué. Il m’embrasse et je le remercie en espérant qu’il a passé un bon moment. Encore une fois, nous nous retrouvons, moi, Kate qui a été sorti du pays des rêves et Gene derrière tandis que Jo et John sont devant. Direction la casa!!  Le retour se fait dans un silence religieux, avouons-le nous sommes tous claqués. Mais qu’elle belle noce, inoubliable à tous les points de vue et à ma grande surprise, je me sens fatiguée mais je n’ai aucun autre malaise.

 

De plus, je n’ai même pas mal aux pieds, j’avais fait un bon choix lors de l’achat de mes sandales. Une fois rendu, j’enlève mes beaux atours et  je revêt mon pyjama.

 

C’est à ce moment-là que je pense à prendre mes messages. Je suis soulagé lorsque j’apprends  que mon docteur n’a jamais quitté sa montagne puisque une urgence de dernière minute l’a retenue et que  lorsqu’il a pu enfin se libérer et se rendre à l’aéroport pour prendre l’avion, les vols étaient trop tard. J’analyserai tout cela demain…. Je suis morte.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s